Les 8 Heures de Bahreïn 2025 ont marqué la fin de la carrière professionnelle de Jenson Button, champion du monde de Formule 1 2009, mais cette dernière course ne s’est pas déroulée comme le Britannique l’aurait souhaité. Engagé avec Cadillac Hertz Team JOTA au volant de la V-Series.R numéro 38, Button a été au centre d’un incident majeur qui a non seulement déclenché une période de safety car, mais lui a également valu une pénalité de 30 secondes infligée à Button lors des 8 Heures du Bahrain WEC, compromettant définitivement les chances de son équipe.
L’incident s’est produit à l’issue du troisième virage après 3 heures et 15 minutes de course, impliquant Button, Sheldon van der Linde au volant de la BMW numéro 20, et Thomas Flohr dans la Ferrari 296 LMGT3 numéro 54 de Vista AF Corse. Alors que les deux pilotes Hypercar tentaient de doubler la voiture LMGT3, un contact entre la Cadillac de Button et la Ferrari a envoyé cette dernière percuter le mur intérieur, provoquant l’abandon immédiat de la voiture italienne et déclenchant la première neutralisation de la course.

La pénalité de 30 secondes infligée à Button lors des 8 Heures du Bahrain WEC : les détails de l’incident
L’analyse vidéo des commissaires de course a rapidement établi la responsabilité de Jenson Button dans cet accrochage. Le pilote britannique et Sheldon van der Linde se livraient une bataille intense pour se positionner derrière Thomas Flohr lorsqu’ils sont arrivés à la sortie du virage 3. Dans leur tentative de dépasser simultanément la Ferrari en passant de part et d’autre du véhicule plus lent, Button n’a pas laissé suffisamment d’espace, provoquant un léger contact qui s’est avéré catastrophique pour Flohr.
Les commissaires sportifs ont réagi rapidement face à cette situation. Après avoir examiné les images embarquées et les données télémétriques, ils ont déterminé que Button était fautif dans cet incident. La décision est tombée sans appel : une pénalité stop-and-go de 30 secondes serait infligée au pilote de la Cadillac numéro 38. Cette sanction, parmi les plus sévères du règlement WEC en dehors des disqualifications, a anéanti les espoirs de l’équipe Hertz Team JOTA de terminer dans une position honorable.
Cette pénalité s’est ajoutée aux difficultés déjà rencontrées par l’équipe durant la course. La Cadillac avait montré un rythme compétitif dans les premières heures, mais l’incident avec Flohr et la sanction qui en a découlé ont complètement bouleversé la stratégie de course. Button a dû effectuer son arrêt obligatoire de 30 secondes, ce qui a fait perdre plusieurs positions à l’équipe et l’a relégué loin dans le classement.
Le timing de cet incident n’aurait pas pu être pire pour Button. Cette course représentait sa dernière apparition en compétition professionnelle, après une carrière remarquable qui l’avait vu remporter le championnat du monde de Formule 1 en 2009 avec Brawn GP, ainsi que de nombreuses victoires en Grand Prix. Son passage en WEC avec Cadillac ces deux dernières saisons lui avait offert une nouvelle plateforme pour démontrer son talent dans l’endurance, aux côtés d’Earl Bamber et Will Stevens.
L’impact de la pénalité sur le déroulement de la course
La pénalité de 30 secondes infligée à Button lors des 8 Heures du Bahrain WEC a eu des répercussions qui ont dépassé le simple cas de la Cadillac numéro 38. L’incident et la période de safety car qui s’en est suivie ont complètement rebattu les cartes dans la hiérarchie de la catégorie Hypercar. Avant la neutralisation, les deux Toyota GR010-Hybrid numéros 7 et 8 contrôlaient solidement la course, ayant pris l’avantage dès le départ depuis leur première ligne verrouillée.
La safety car a permis au plateau de se regrouper, offrant une opportunité en or aux équipes qui avaient pris du retard ou qui cherchaient à optimiser leur stratégie. C’est notamment l’Aston Martin Heart of Racing numéro 009 d’Alex Riberas qui en a le plus profité. Le pilote espagnol, équipé de pneus neufs lors du restart, a réalisé une remontée fulgurante en seulement 10 minutes, passant de la quatrième à la première position.
Cette neutralisation provoquée indirectement par la pénalité de Button a également affecté les batailles en catégorie LMGT3. La Lexus numéro 87 d’Akkodis ASP Team, qui avait construit un avantage confortable grâce à l’excellent relais de Petru Umbărescu, a vu son écart se réduire à néant. Les voitures en lice pour le championnat, notamment la Porsche Manthey 1st Phorm numéro 92 et l’Aston Martin Heart of Racing numéro 27, ont également bénéficié de ce regroupement pour revenir dans le jeu.
Pour la Cadillac numéro 38, les conséquences ont été désastreuses. Après avoir effectué son arrêt de 30 secondes, l’équipe s’est retrouvée plusieurs tours derrière les leaders. Malgré les efforts combinés de Button, Bamber et Stevens, impossible de combler un tel retard dans une course où la fiabilité et la régularité sont primordiales. Les trois pilotes ont dû se contenter de finir la course dans l’anonymat, deux tours derrière les vainqueurs, en 16e position finale.
Il est intéressant de noter que ce n’est pas le seul incident de pénalité lors de cette course de Bahreïn. Plus tôt dans l’épreuve, Alex Lynn au volant de la Cadillac numéro 12 avait écopé d’une pénalité de cinq secondes après un contact avec la Porsche de Kévin Estre au premier virage. Ces incidents rappellent l’intensité des batailles en WEC et la difficulté de naviguer entre les différentes catégories sur une même piste, comme c’est souvent le cas dans les courses d’endurance où les pénalités peuvent rapidement bouleverser la hiérarchie.
Une fin de carrière décevante pour le champion de F1
Pour Jenson Button, la pénalité de 30 secondes infligée à Button lors des 8 Heures du Bahrain WEC a terni ce qui aurait dû être un adieu en beauté au sport automobile professionnel. Le Britannique de 45 ans avait annoncé quelques jours avant la course que Bahreïn marquerait la fin de sa carrière en compétition, après plus de deux décennies passées au plus haut niveau du sport automobile mondial.
Cette sortie malheureuse n’est pas sans rappeler la fin de sa carrière en Formule 1. Lors de son dernier Grand Prix à Abu Dhabi en 2016 avec McLaren-Honda, Button avait également été impliqué dans un accrochage avec Felipe Nasr, un incident qui avait marqué négativement ses adieux à la discipline reine. Cette répétition d’une fin de carrière entachée par un incident de course a suscité de nombreux commentaires dans le paddock et sur les réseaux sociaux.
Malgré cette déception finale, Button peut se targuer d’une carrière exceptionnelle. En Formule 1, il a accumulé 15 victoires en Grand Prix, 50 podiums et le titre mondial 2009 lors d’une saison mémorable où il a dominé la première moitié du championnat. Ses passages chez Williams, BAR-Honda, Brawn GP et McLaren ont démontré sa capacité d’adaptation et son talent pur au volant. Sa victoire lors du Grand Prix du Canada 2011, où il a remonté de la dernière à la première place dans des conditions délicates, reste gravée dans les mémoires comme l’une des plus belles performances de l’histoire récente de la F1.
En WEC, Button a apporté son expérience et son expertise à Cadillac Hertz Team JOTA pendant deux saisons. Bien que l’équipe n’ait pas remporté de victoires, elle a régulièrement figuré dans les points et contribué au développement du programme Cadillac en Hypercar. Ses coéquipiers Earl Bamber, ancien vainqueur des 24 Heures du Mans, et Will Stevens ont tous deux exprimé leur gratitude d’avoir travaillé avec une légende du sport automobile.
La réaction de Button après la course a été empreinte de philosophie et d’acceptation. Bien que déçu par l’incident et ses conséquences, il a reconnu sa responsabilité et félicité Toyota pour sa domination lors de cette finale de saison. Le pilote britannique a également souligné les moments positifs de son aventure en WEC, notamment la camaraderie au sein de l’équipe et le défi représenté par les courses d’endurance de huit heures.
Les leçons à retenir sur les pénalités en endurance
La pénalité de 30 secondes infligée à Button lors des 8 Heures du Bahrain WEC soulève des questions importantes sur l’application des sanctions en sport automobile d’endurance. Dans le WEC, les commissaires disposent d’une gamme de pénalités allant de simples avertissements aux pénalités de temps, en passant par les stop-and-go et les drive-through. Le choix de la sanction dépend de la gravité de l’infraction et de ses conséquences.
Dans le cas de Button, la pénalité stop-and-go de 30 secondes reflète la gravité de l’incident. Non seulement l’accrochage a provoqué l’abandon d’un concurrent, mais il a également nécessité le déploiement de la safety car, perturbant ainsi l’ensemble de la course. Les commissaires ont estimé que Button n’avait pas accordé suffisamment d’espace à Flohr et avait causé une collision évitable lors d’une manœuvre de dépassement sur une voiture plus lente.
Cette décision s’inscrit dans une logique de cohérence avec d’autres incidents similaires survenus au cours de la saison WEC 2025. Les autorités sportives ont cherché à maintenir une ligne claire concernant la responsabilité des pilotes lors des dépassements impliquant différentes catégories. Le principe général veut que les voitures des catégories supérieures doivent effectuer leurs dépassements de manière sûre et prévisible, même si les pilotes des catégories inférieures ont la responsabilité de faciliter ces manœuvres.
Comparativement à d’autres sports mécaniques, le WEC applique généralement des pénalités plus sévères pour les incidents causant des abandons. En Formule 1, par exemple, une pénalité standard pour avoir causé une collision se situe généralement entre 5 et 10 secondes. En endurance, où les courses durent plusieurs heures et où la gestion du trafic est cruciale, les sanctions tendent à être plus lourdes pour décourager les comportements à risque.
L’incident de Button rappelle également l’importance de la patience en endurance. Contrairement aux sprints de Formule 1, où chaque dépassement compte immédiatement, les courses de huit heures offrent de multiples opportunités pour gagner du temps. Forcer un dépassement risqué sur une voiture plus lente peut sembler tentant dans le feu de l’action, mais les conséquences d’un accrochage peuvent anéantir plusieurs heures d’efforts collectifs.
Les 8 Heures de Bahreïn 2025 resteront dans les mémoires pour plusieurs raisons : la domination finale de Toyota avec un doublé qui a clos leur saison de manière éclatante, le sacre constructeur de Ferrari en Hypercar, et malheureusement pour Jenson Button, une fin de carrière marquée par un incident coûteux. La pénalité de 30 secondes a non seulement compromis le résultat de l’équipe Cadillac Hertz Team JOTA, mais elle a également entaché les adieux d’une légende du sport automobile.
Cet épisode illustre parfaitement les défis inhérents aux courses d’endurance multiclasses, où pilotes de différentes catégories doivent cohabiter sur la même piste à des rythmes très différents. Pour Button, malgré cette conclusion décevante, l’héritage qu’il laisse au sport automobile reste intact : celui d’un champion du monde talentueux, d’un gentleman driver respecté, et d’un compétiteur qui a brillé dans plusieurs disciplines du sport automobile. La gestion des incidents et des pénalités reste un aspect crucial des courses WEC, comme l’a démontré cette finale de saison à Bahreïn, où chaque décision des commissaires peut avoir des répercussions majeures sur le classement final. Pour l’avenir du WEC, cet incident servira sans doute de cas d’école pour les discussions sur la sécurité et la responsabilité lors des manœuvres de dépassement entre catégories. Les organisateurs et la FIA continueront d’affiner leurs règlements pour garantir que la compétition reste intense tout en préservant la sécurité de tous les participants, un équilibre délicat mais essentiel pour la pérennité de ce championnat prestigieux.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.