Lance Stroll au GT World Challenge Europe de Paul Ricard

Lance Stroll, pilote Aston Martin en Formule 1, profitera de la pause inattendue du calendrier F1 pour disputer l’ouverture de la GT World Challenge Europe Endurance Cup 2026 au circuit Paul Ricard les 11 et 12 avril. Le Canadien pilotera une Aston Martin Vantage GT3 Evo engagée par Comtoyou Racing en classe Pro, aux côtés de Roberto Merhi et Mari Boya. Cette sortie marque sa troisième apparition majeure en sport-prototypes, après deux participations aux 24 Heures de Daytona dans les années 2010.[1][2]

Cette décision intervient dans un contexte difficile pour Aston Martin en F1, où l’équipe peine à performer malgré des investissements massifs. Stroll n’a pas encore signé de résultat classé sur les trois premières manches de la saison, tandis que son coéquipier Fernando Alonso n’a récolté aucun point. Le partenariat avec Honda souffre de problèmes de vibrations sur le moteur, limitant la compétitivité.

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Les difficultés d’Aston Martin en Formule 1

Aston Martin traverse une période compliquée au début de la nouvelle ère réglementaire de la F1 en 2026. Malgré la signature d’Adrian Newey et des infrastructures modernisées, l’équipe n’arrive pas à transformer ses ambitions en résultats concrets. Sur les trois premières courses – probablement Australie, Bahreïn et Japon – Lance Stroll n’a franchi aucune ligne d’arrivée classée, plombé par des problèmes de fiabilité et de performance.[3]

Fernando Alonso, deux fois champion du monde, partage les mêmes déboires, sans marquer le moindre point. Le moteur Honda, censé propulser l’équipe vers le haut du classement, souffre de vibrations excessives qui endommagent les composants. Ces soucis mécaniques ont forcé des abandons précoces et des qualifications médiocres, laissant les AMR25 loin des leaders.

Stroll lui-même a évoqué publiquement ces lacunes. « Cette année, nous n’avons pas une voiture très compétitive », a-t-il déclaré, soulignant le besoin d’un changement d’état d’esprit pendant la pause. Cette trêve, due à l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie Saoudite pour raisons géopolitiques, offre une opportunité rare.[4]

L’équipe a investi lourdement, mais les résultats tardent. Les analystes pointent un déficit de quatre secondes par tour en essais, un gouffre à combler avant la reprise. Alonso a qualifié la situation d’« championnat Aston Martin interne », ironisant sur leur lutte isolée loin des favoris.

Malgré tout, l’arrivée de Newey est vue comme un atout à long terme. Les prochaines courses, après la pause d’avril, seront cruciales pour inverser la tendance. Stroll espère que cette escapade GT l’aidera à recharger les batteries.

L’expérience de Stroll en sport automobiles d’endurance

Lance Stroll n’est pas novice en courses d’endurance, même si le GT3 sera une nouveauté. Sa première grande sortie remonte à 2016 aux 24 Heures de Daytona, où il pilotait une Riley DP à moteur Ford en IMSA. Cette expérience en prototype l’a immergé dans le monde des courses longues, avec ses défis de gestion de pneus et de trafic.

L’année suivante, il a rejoint Jackie Chan DC Racing sur une ORECA 07 LMP2, toujours à Daytona. Ces deux participations ont forgé son appréciation pour ce format. « J’ai vraiment aimé les 24 Heures de Daytona, c’est une course que j’adore », confie-t-il aujourd’hui.

Depuis, Stroll s’est concentré sur la F1, d’abord chez Williams puis chez Aston Martin. Peu d’apparitions en sportscars, mais son talent pour les catégories monomarques comme la F3 et la F2 reste intact. Cette GT3 Evo représente un virage vers les GT de production, plus accessibles et fun.

Le GT World Challenge Europe, géré par SRO, est une référence mondiale avec plus de 1000 GT3 construites. Stroll apprécie l’ouverture compétitive : contrairement à la F1, une victoire est envisageable même pour un rookie si tout s’aligne.

Son choix de Paul Ricard, tracé technique avec ses longues lignes droites et virages lents, teste l’adaptation rapide. L’idée est née lors d’un dîner au GP du Japon avec Merhi, fin mars.

L’équipe Comtoyou Racing et les coéquipiers

Comtoyou Racing aligne pas moins de quatre Aston Martin Vantage GT3 Evo à Paul Ricard, dont le #18 en Pro pour Stroll. L’équipe belge, dirigée par Jean-Michel Baert, a organisé l’engagement en une semaine. « Un grand merci à Jean-Michel », souligne Stroll, reconnaissant cette flexibilité.

Roberto Merhi, ex-pilote Manor en F1, apporte son expertise GT3 récente en Super GT. Pilote polyvalent, il connaît les Vantage et les courses d’endurance. Mari Boya, jeune talent de l’Academy Aston Martin, vient des monoplaces avec une victoire en F3.

La grille compte 59 voitures, dont 18 en Pro. Les Aston Martin sont nombreuses : Walkenhorst en PRO et SILVER, Comtoyou en plusieurs catégories. Voici les principales :

  • #18 Comtoyou Racing (Pro) : Stroll, Merhi, Boya
  • #7 Comtoyou Racing (Pro) : autre lineup
  • #34 Walkenhorst (Pro) : Aston Vantage

La course de 6 heures le samedi suit un prologue les 8-9 avril. Une grille variée avec Porsche, Ferrari, Mercedes assure un spectacle intense.

Comtoyou excelle en GT3, avec des podiums réguliers. Cette alliance avec Stroll booste la visibilité.

Objectifs et motivations pour le week-end

Stroll vise avant tout le plaisir, mais sans ignorer la compétition. « Profiter – et c’est aussi une course », dit-il. En F1, les victoires semblent hors de portée ; en GT, « si tout se met en place – bon réglage, bonne sensation – gagner est possible ».

Physiquement et mentalement prêt, il envisage plus d’épreuves GT3 en 2026. L’idée éclose au Suzuka avec Max Verstappen, fan de GT3 via le NLS et Nordschleife.

Verstappen a conseillé des contacts ; les GT3 sont « fun » pour tous. Stroll suit cette tendance des pilotes F1 vers l’endurance.

Pour Paul Ricard, l’enjeu est l’adaptation rapide au GT3, gérant relais et stratégie. Une bonne qualif’ en Pro ouvre les portes du podium.

Cette sortie change la routine F1, idéale pendant la pause.

L’intérêt croissant des pilotes F1 pour le GT

Les pilotes F1 multiplient les incursions en GT. Verstappen domine avec son team en NLS et vise les 24H du Nürburgring. Stroll s’inspire de cela pour diversifier.

Le GT3 offre équilibre : moins de pression, plus de fun, compétitivité réelle. Avec 59 autos, Paul Ricard promet du spectacle.

Cette mode reflète les frustrations F1 : règles hybrides complexes vs. GT3 pur. Stroll incarne ce shift.

En conclusion, cette aventure GT pourrait revitaliser Stroll avant la reprise F1. Succès à Paul Ricard ? Cela dépendra de la cohésion trio et setup. Pour Aston Martin, c’est un rappel : performer en F1 reste prioritaire. Suivez l’événement sur le site officiel GTWCE.[5] Et pour plus sur les galères F1, consultez cet article Autosport. Qu’attendre de cette pause forcée pour le championnat ? Les enjeux montent.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.