L’annonce de Kyffin Simpson rejoint Tower Motorsports pour le Daytona 24 en LMP2 a fait vibrer la communauté des courses d’endurance. Le jeune pilote barbadien, déjà repéré en IndyCar, s’apprête à découvrir la catégorie LMP2 sur l’un des plus prestigieux circuits américains. Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique de développement pour le pilote de 20 ans, qui cherchait une opportunité de briller dans une discipline où l’endurance et la régularité priment sur la vitesse pure.
Le Rolex 24 at Daytona représente un défi unique dans le monde du sport automobile. Cette épreuve mythique, qui ouvre la saison IMSA WeatherTech SportsCar Championship, attire les meilleurs pilotes internationaux. Pour Simpson, c’est une chance de mesurer son talent contre des références de la discipline tout en découvrant les spécificités d’une course de 24 heures où la gestion des pneus, du carburant et des relais devient un art.

Kyffin Simpson : une trajectoire ascendante vers l’endurance
Le parcours de Kyffin Simpson est marqué par une progression méthodique et des performances remarquées dès ses débuts. Formé dans les monoplaces, il a rapidement attiré l’attention par son sens de la course et sa maturité au-delà de son âge. Sa participation à l’IndyCar Series lui a permis de développer un réflexe et une précision qui devraient servir de solides fondations en LMP2.
Les courses sur ovale et les circuits routiers de l’IndyCar ont forging un pilote complet, capable d’adapter son style de pilotage aux exigences de chaque configuration. Cette polyvalence sera précieuse à Daytona, où les portions banking et les infield twists demandent une approche technique différente de chaque virage. Simpson a déclaré récemment : “Je suis ravi de rejoindre Tower Motorsports pour cette aventure. Le Daytona 24 est une épreuve légendaire et je ne peux pas attendre de découvrir la voiture LMP2.”
Les défis d’une transition IndyCar vers LMP2
Passer d’une monoplace à un prototype d’endurance représente un apprentissage conséquent. La voiture LMP2 diffère radicalement par son poids, son aérodynamique et son système de pilotage. Les pilotes doivent s’habituer à une position de conduite plus enclavée, des freins en carbone-céramique avec un dosage très différent, et surtout à la présence de prototypes plus rapides comme les LMDh en piste.
Le rythme de course en endurance impose également une nouvelle philosophie. Où l’IndyCar récompense l’attaque constante, le Daytona 24 exige une gestion précise des ressources mécaniques. Un pilote trop agressif sur ses relais peut compromettre les chances de victoire de son équipe. Simpson devra donc équilibrer son instinct de compétiteur avec la rigueur d’une course de fond, tout en maintenant une régularité de tours à quelques dixièmes près.
Tower Motorsports : une équipe en quête de consécration
Tower Motorsports s’affirme comme une structure ambitieuse dans l’univers de l’IMSA WeatherTech SportsCar Championship. L’équipe, qui évolue régulièrement en LMP2, a développé une expertise reconnue dans la gestion des courses de 24 heures. Leur expérience de Daytona est un atout majeur pour un pilote faisant ses débuts dans la discipline.
La structure a choisi le châssis Oreca 07, référence incontestée en LMP2, équipé du moteur Gibson GK428 4.2L V8. Cette combinaison a fait ses preuves dans les courses d’endurance mondiales, offrant fiabilité et performances sur la durée. L’équipe technique dirigée par experienced crew chiefs saura accompagner Simpson dans sa découverte du prototype et des stratégies complexes propres à Daytona.
La préparation technique pour le Daytona 24
La préparation d’une LMP2 pour Daytona est un travail de longue haleine. L’équipe doit optimiser le setup pour les trois configurations distinctes du circuit : les banking de NASCAR avec des vitesses pouvant dépasser 300 km/h, les sections techniques de l’infield, et les transitions entre ces zones. Le réglage aérodynamique est un compromis permanent entre vitesse de pointe et appui dans les virages lents.
Les essais officiels, appelés “Roar Before the 24”, permettront à Simpson d’accumuler ses premiers tours de roue et de caler ses repères. Ces trois jours de tests préparatoires sont cruciaux pour affiner le feeling avec la voiture et synchroniser les automatismes avec ses coéquipiers. L’équipe travaillera également sur les simulations de relais, les stratégies de pit-stops et l’adaptation aux conditions thermiques changeantes de janvier en Floride.
Le contexte du Daytona 24 et de la catégorie LMP2
Le Rolex 24 at Daytona ouvre la saison IMSA depuis des décennies et constitue un rendez-vous incontournable du sport automobile mondial. La catégorie LMP2 y affronte une concurrence féroce, avec des équipes professionnelles et des gentlemen drivers mêlés au sein de mêmes crews. Le niveau de pilotage est extrêmement élevé, faisant de cette catégorie un excellent tremplin pour les jeunes talents.
La saison 2025 s’annonce particulièrement compétitive en LMP2, avec plusieurs équipes ayant renforcé leurs line-ups. Les principaux concurrents de Tower Motorsports incluent :
- PR1/Mathiasen Motorsports : équipe de référence avec des pilotes d’expérience
- Meyer Shank Racing : structure multi-championne possédant une expertise Daytona inégalée
- Richard Mille AF Corse : l’équipe italienne apporte son savoir-faire WEC en LMP2
Le règlement impose un minimum de deux pilotes argent ou bronze par voiture, ce qui crée une dynamique d’équipe unique où les pilotes Pro doivent optimiser les performances tout en protégeant la monture.
Les enjeux pour Simpson dans cette aventure
Pour Kyffin Simpson, ce Daytona 24 représente plusieurs enjeux majeurs. D’abord, c’est une opportunité de prouver sa capacité d’adaptation à une discipline exigeante. Un bon résultat ouvrirait des portes vers d’autres programmes d’endurance, peut-être même vers le championnat WEC. Ensuite, c’est une visibilité accrue sur une scène internationale où les directeurs d’équipes et les sponsors scrutent les performances.
L’expérience acquise à Daytona sera également précieuse pour sa carrière IndyCar. La gestion de la pression sur des relais de plusieurs heures, l’affinement du feeling pneumatique et l’apprentissage des stratégies de course complexe sont des compétences transférables. Plusieurs pilotes IndyCar ont alterné avec succès entre les deux disciplines, comme Scott Dixon ou Simon Pagenaud, démontrant les bénéfices d’une approche polyvalente.
Quelle stratégie pour une première participation ?
Une première à Daytona nécessite une approche mesurée. Tower Motorsports devra probablement adopter une stratégie conservatrice en début de course pour permettre à Simpson de trouver ses marques progressivement. Les premiers relais seront déterminants pour caler le rythme et éviter les pièges classiques des débutants : usure excessive des pneus, consommation de carburant trop élevée, ou contacts avec les autres prototypes.
La communication cockpit-stand sera essentielle. Les ingénieurs guideront Simpson sur la gestion de ses relais, l’optimisation des secteurs et la protection de la mécanique. L’expérience de ses coéquipiers plus anciens sera aussi précieuse pour partager les repères et les astuces du circuit. Les sections banking notamment demandent une technique spécifique d’approche et de maintien de trajectoire à haute vitesse.
Les éléments clés d’une performance réussie
Pour espérer une place dans le top 5 en LMP2, plusieurs facteurs devront être réunis :
- Régularité des tours : maintenir un écart inférieur à 0.3 seconde sur des relais de 45 minutes
- Gestion des relais : optimiser les périodes de conduite selon les conditions et le trafic
- Évitement des incidents : Daytona est connu pour ses “big one” et contacts fréquents
- Synchronisation des pit-stops : minimiser le temps perdu lors des arrêts au stand
- Adaptation météo : les conditions changeantes en janvier nécessitent des ajustements constants
La fiabilité mécanique reste le facteur numéro un. Même la plus rapide des LMP2 ne peut rien sans une voiture fiable sur 24 heures. Tower Motorsports a travaillé sur la préparation du moteur Gibson et des systèmes électroniques pour minimiser les risques de défaillance.
L’impact sur la carrière de Simpson et le sport américain
Cette participation au Daytona 24 pourrait marquer un tournant dans la carrière de Kyffin Simpson. Les pilotes capables de briller à la fois en IndyCar et en endurance sont rares et très recherchés par les grandes écuries. Un résultat probant pourrait le placer sur la liste des candidats pour les programmes LMDh, la catégorie reine de l’endurance américaine.
Pour le sport automobile américain, voir un jeune pilote de la IndyCar Series s’essayer avec succès à l’endurance renforce les liens entre les deux disciplines. Cela démontre la complémentarité des compétences et enrichit l’écosystème du sport automobile nord-américain. L’IMSA et l’IndyCar partagent de nombreux fans, et ces crossovers dynamisent l’intérêt pour les deux championnats.
Le regard des observateurs sera également attentif à la manière dont Simpson gère la fatigue physique et mentale sur une course de 24 heures. Cette épreuve est souvent décrite comme un marathon, où la concentration doit rester maximale malgré le manque de sommeil et la pression constante. Les pilotes s’entraînent spécifiquement pour ces conditions, travaillant leur cardio et leurs cycles de sommeil.
La participation de pilotes IndyCar à Daytona n’est pas nouvelle, mais chaque nouveau venu apporte une fraîcheur et une perspective différente. Le défi technique et stratégique de l’endurance offre un terrain d’expression complémentaire aux qualités de pure vitesse développées en monoplaces. Pour Simpson, c’est l’occasion de démontrer une maturité de course qui pourrait accélérer son ascension vers les sommets du sport automobile américain.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.