La victoire historique de Robert Kubica aux 24 Heures du Mans 2025 avec la Ferrari 499P d’AF Corse continue de résonner dans le monde du sport automobile. Ce triomphe, accompli aux côtés de Yifei Ye et Phil Hanson au volant de la voiture #83, a été sacré « moment de l’année 2025 » par les lecteurs du magazine international Motor Sport, confirmant l’impact émotionnel exceptionnel de cette performance.
Ce mercredi 10 décembre 2025, le magazine spécialisé a dévoilé le choix de ses lecteurs, qui ont placé la victoire du pilote polonais au-dessus des célébrations des 75 ans de Formule 1 et du titre de Marc Marquez en MotoGP. Un hommage appuyé à un parcours de résilience sans équivalent, plus de dix ans après le grave accident de rallye qui a failli lui coûter la vie en 2011.

La victoire historique de Robert Kubica aux 24 Heures du Mans 2025 AF Corse Ferrari 499P
Un triomphe inattendu pour la Ferrari 499P #83
La 93e édition des 24 Heures du Mans, disputée du 10 au 15 juin 2025, a réservé une surprise de taille. Alors que les deux voitures d’usine Ferrari #50 et #51 étaient données favorites, c’est la 499P #83 d’AF Corse, équipe privée basée à Piacenza, qui a décroché la victoire. Cette performance a permis à Ferrari de conserver définitivement le prestigieux trophée de la classique mancelle, rejoignant ainsi le cercle fermé de Porsche, Audi et Toyota.
La victoire s’est décidée dans les dernières heures de course, après une domination apparente des voitures officielles. Pourtant, malgré des relais impressionnants et une stratégie impeccable, la #83 a su éviter les pièges qui ont coûté cher à ses consœurs d’usine. À l’arrivée, la voiture du trio Kubica-Ye-Hanson devançait la Porsche #6 de seulement quatorze secondes, soulignant l’intensité de la lutte jusqu’au dernier tour.
La performance exceptionnelle de Kubica au volant
Robert Kubica a été l’architecte principal de ce succès. L’ancien pilote de Formule 1, dont la carrière avait été brutalement interrompue par son accident en rallye, a livré des relais d’une régularité et d’une vitesse exceptionnelles. Son expérience et son calme ont fait la différence dans les moments cruciaux de la course.
« Gagner Le Mans, c’est spécial, s’est exclamé le Polonais à l’issue de la course. C’est l’une des courses les plus difficiles. J’étais passé près il y a quelques années en LMP2, on avait perdu dans le dernier tour. Cela a été une semaine très exigeante. On a fait tout ce qu’on pouvait. On a attaqué quand il le fallait, on a assuré quand il le fallait. Je suis content pour moi, mes coéquipiers, AF Corse. Et pour Ferrari qui s’impose trois fois de suite. Ça ne pouvait être mieux. »
Une victoire aux multiples significations pour Robert Kubica et Ferrari
Le retour épique d’un pilote à la carrière brisée
Le parcours de Robert Kubica représente l’une des plus belles histoires de résilience du sport automobile moderne. Championnat du monde de Formule 1 en devenir avant son accident de 2011, il avait dû réapprendre à piloter avec un bras droit partiellement handicapé. Sa victoire au Mans constitue l’aboutissement d’un long combat de plus d’une décennie.
Motor Sport a salué « une des victoires les plus marquantes et les plus fortes de l’histoire des courses d’endurance modernes ». Le magazine ne s’est pas trompé : rarement une performance aura autant ému le monde de la compétition, transformant une simple course en métaphore de la persévérance humaine.
Yifei Ye, premier Chinois vainqueur au Mans
À 25 ans, Yifei Ye est entré dans l’histoire en devenant le premier pilote chinois à s’imposer aux 24 Heures du Mans. Son parcours personnel s’est noué à la Sarthe, où il a passé son brevet, son baccalauréat et même son permis de conduire après avoir quitté la Chine à 14 ans pour rejoindre l’académie de la FFSA.
« C’est un final génial de la part de Robert. Trois victoires de rang pour Ferrari, c’est formidable ! » a-t-il commenté, tout en soulignant la difficulté réelle de la course : « Ça ressemblait peut-être à ça de l’extérieur, mais ça ne l’était pas du tout dans la voiture. »
La troisième couronne consécutive pour Ferrari
Cette victoire signe la troisième réussite d’affilée pour Ferrari aux 24 Heures du Mans, après les triomphes de 2023 et 2024. Un retour en apothéose pour la marque au Cheval cabré, qui avait mis fin à une disette de 58 ans en 2023. Le directeur des Voitures d’Endurance, Ferdinando Cannizzo, a expliqué que ce succès s’était construit « tout particulièrement l’hiver dernier, lorsque nous avons travaillé sans relâche pour comprendre comment exploiter pleinement le potentiel de cette voiture. »
La course 2025 pleine de rebondissements
Quand les usines Ferrari trébuchent
La course a semblé mal engagée pour la #83. Samedi soir, les trois Ferrari étaient en tête, mais les voitures d’usine ont commencé à accumuler les erreurs. La #51 a fini dans le bac à gravier en entrant aux stands, tandis que la #50 a commis plusieurs dérapages. Des pénalités pour excès de vitesse en pit lane et des accrochages ont fragilisé les chances officielles.
Une voiture de sécurité dans la nuit, peu avant la mi-course, a paradoxalement relancé les voitures de l’usine. Mais la régularité de la #83 a fini par payer, tandis que la Porsche #6 menée par Kevin Estre et Mathieu Jaminet n’a jamais réussi à refaire son retard.
La domination implacable de la Ferrari 499P
La 499P #83 d’AF Corse a affiché un comportement exemplaire tout au long des 24 heures. « La 499P était fantastique. Dès le départ, nous étions en position de nous battre pour la victoire. Nous avons aussi effacé la malchance de l’an dernier, où nous avions mené la course pendant 83 tours, comme le numéro de la voiture, avant d’être contraints à l’abandon à la suite d’un problème technique, » a rappelé Yifei Ye.
Cette fiabilité contraste avec les critiques de la concurrence. Kevin Estre, pilote Porsche, a déclaré avec frustration : « Ils font trop d’erreurs pour pouvoir gagner une course au Mans. Mais voilà, ils ont plus de perfo que tout le monde… » Une frustration compréhensible face à la supériorité apparente des Ferrari, qui n’ont pas été pénalisées par la Balance of Performance malgré trois victoires consécutives en WEC.
Le sacre mondial de Ferrari en parallèle
Cette victoire au Mans couronne une saison 2025 exceptionnelle pour Ferrari. La marque a remporté le Championnat du monde d’endurance FIA WEC avec trois victoires consécutives dès les premières courses : les 1812 Km du Qatar, les 6 Heures d’Imola et les TotalEnergies 6 Heures de Spa. Les titres Constructeur et Pilotes ont été décrochés par la #51 d’Antonio Giovinazzi, Alessandro Pier Guidi et James Calado.
Pour Antonello Coletta, directeur de Ferrari Endurance, cette réussite était l’objectif initial : « Nous avons procédé à plusieurs changements organisationnels […] nous avons franchi une étape cruciale, notamment en ce qui concerne notre connaissance technique de la voiture. »
Regard vers l’avenir
Ferrari prépare déjà la saison 2026 avec des ambitions élevées : défendre son titre mondial et viser une quatrième victoire consécutive au Mans. Un exploit qui rappellerait la série de six triomphes entre 1960 et 1965. La compétition s’annonce féroce avec Alpine, Aston Martin, BMW, Cadillac, Genesis, Peugeot et Toyota.
Pour le trio gagnant, seul Yifei Ye a été confirmé officiellement pour 2026 dans la #83. Robert Kubica, lui, est également en lice pour le titre « Moment de l’année » du magazine Autosport, confirmant le retour en grâce d’un pilote qui a su transformer l’adversité en légende.
La 94e édition des 24 Heures du Mans se déroulera du 10 au 14 juin 2026. Elle promet d’être une nouvelle étape d’une rivalité toujours plus intense, où Ferrari tentera d’inscrire un peu plus son nom dans la légende de l’endurance.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.