Jamie Chadwick franchit une étape décisive dans sa carrière. La Britannique de 27 ans vient d’être officiellement nommée pilote de réserve du programme Hypercar Genesis Magma Racing pour la saison 2026 du Championnat du monde d’endurance (WEC). Une nomination qui intervient après une saison 2025 réussie en European Le Mans Series (ELMS) où elle a terminé vice-championne en LMP2 aux côtés de Dani Juncadella et Mathys Jaubert.
Cette promotion au sein de la structure coréenne marque une transition majeure pour la triple lauréate de la W Series. Désormais, elle intègre le cercle très fermé des pilotes ayant accès aux prototypes du plus haut niveau de l’endurance mondiale, devenant ainsi la deuxième femme à piloter une Hypercar après Lilou Wadoux.

Jamie Chadwick pilote de réserve WEC Hypercar 2026 Genesis : ses premiers essais à Magny-Cours
Les premiers tours de roue de Jamie Chadwick au volant de la GMR-001 se sont déroulés sur le circuit de Magny-Cours, lors d’une session d’essais privés de trois jours. Une expérience qu’elle qualifie elle-même d’« incroyable ». Sur une piste d’abord humide puis sèche, la Britannique a pu évaluer les capacités de la machine coréenne, qui fera ses débuts officiels en compétition dès la saison prochaine.
« C’est une voiture vraiment impressionnante et très rapide en ligne droite », a-t-elle confié après ses premiers tours de piste. « En tant que pilote, vous disposez de nombreux systèmes différents, des outils que vous pouvez utiliser pour faire la différence. » Une découverte technique qui s’inscrit dans un programme de développement intensif, où elle côtoie les pilotes titulaires comme André Lotterer et Pipo Derani.
Gabriele Tarquini, directeur sportif de Genesis Magma Racing, a souligné l’apport précieux d’un regard neuf : « Il est toujours très utile d’avoir l’avis d’une nouvelle pilote qui ne connaît pas du tout la voiture. » Un rôle de développement qui ne se limite pas à la piste : Jamie Chadwick sera également impliquée dans les travaux au simulateur, un outil clé pour affiner les réglages avant chaque épreuve.
Le rôle stratégique de Jamie Chadwick dans le programme Genesis 2026
Si le statut de pilote de réserve peut sembler secondaire, il est en réalité central dans la stratégie d’une équipe nouvellement arrivée en Hypercar. Pour Genesis, qui débarque dans le WEC en 2026, disposer d’une pilote aussi expérimentée que Jamie Chadwick représente un atout majeur. Elle pourra notamment être appelée à remplacer l’un des pilotes titulaires en cas d’indisponibilité, tout en continuant à faire progresser la voiture via des essais constants.
Ce rôle s’inscrit dans la continuité du Trajectory Program, initiative de Genesis visant à former et accompagner des talents vers les plus hautes catégories. Chadwick, qui y évolue depuis 2025, en devient désormais l’une des figures centrales. « Devenir pilote de réserve en Hypercar me rapproche un peu plus de mon objectif ultime », a-t-elle reconnu, sans préciser de calendrier précis pour une éventuelle participation en course.
En parallèle, elle devrait continuer à courir en ELMS en 2026, une catégorie où elle a brillé cette année avec trois victoires. Une double casquette qui lui permettra de rester compétitive tout en développant des compétences techniques précieuses pour l’Hypercar.
Ce que signifie la nomination de Jamie Chadwick pour l’avenir du WEC
L’arrivée de Jamie Chadwick dans l’écosystème Hypercar n’est pas qu’un simple changement de statut. Elle représente aussi une avancée symbolique pour la place des femmes dans l’endurance de haut niveau. Après Lilou Wadoux chez Ferrari et Toyota, Chadwick devient la deuxième femme active à avoir accès à ce niveau de compétition, ouvrant la voie à une nouvelle génération de pilotes.
Pour Genesis, cette nomination s’inscrit dans une stratégie globale de visibilité et de développement technologique. En alignant une pilote aussi médiatique que compétente, la marque coréenne renforce son image tout en bénéficiant d’un retour d’expérience précieux. Le constructeur n’a pas caché ses ambitions : viser des performances dès la première saison, avec un objectif de victoires d’ici 2027.
Du côté du championnat, cette nomination tombe à point nommé. Le WEC cherche à diversifier ses profils de pilotes et à attirer un public plus large. Intégrer des profils comme celui de Chadwick, issue des monoplaces et désormais convertie à l’endurance, illustre cette volonté d’ouverture.
Les défis qui attendent Jamie Chadwick en 2026
Malgré l’enthousiasme, le chemin reste long. Le rôle de pilote de réserve implique une disponibilité constante, des journées de simulateur intensives, et une capacité à s’adapter rapidement à des réglages en perpétuelle évolution. Pour Chadwick, cela signifie aussi une gestion fine entre ses engagements en ELMS et ses disponibilités pour Genesis.
Techniquement, la GMR-001 reste un prototype en cours de développement. Les essais réalisés à Magny-Cours n’ont été qu’une première étape. D’autres sessions sont prévues en Espagne et au Moyen-Orient avant la saison. Chaque kilometre parcouru sera crucial pour affiner la fiabilité et les performances de la machine, notamment face à des cadors comme Toyota, Ferrari ou Porsche.
Enfin, il reste à voir comment Genesis gérera son effectif complet. Avec six pilotes titulaires attendus (Lotterer, Derani, Chatin, Jaminet, Jaubert et Juncadella), et Chadwick en réserve, la rotation pourrait s’avérer complexe. Mais pour l’heure, la Britannique ne se projette pas trop loin : « Je vais essayer de profiter pleinement de ce rôle et d’en tirer le meilleur parti. »
Une chose est sûre : 2026 sera une année charnière pour Jamie Chadwick. Entre développement, compétition et rôle d’ambassadrice, elle aura l’opportunité de démontrer qu’elle a sa place au plus haut niveau. Et Genesis, de son côté, mise sur elle pour accélérer sa montée en puissance dans l’Hypercar.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.