Iron Dames quitte le WEC à la fin de la saison 2025 : une page se tourne pour l'endurance féminine

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Iron Dames quitte le WEC à la fin de la saison 2025 : une page se tourne pour l’endurance féminine

L’annonce est tombée comme un coup de tonnerre dans le paddock du championnat du monde d’endurance. Les Iron Dames, projet emblématique de promotion des femmes dans le sport automobile, confirment leur départ du WEC à l’issue de la saison 2025. Après cinq années de présence continue et de multiples succès, la structure fondée par Deborah Mayer a décidé de mettre un terme à son aventure dans l’élite de l’endurance, suscitant à la fois émotion et interrogations au sein de la communauté motorsport.

Cette décision, officialisée fin novembre 2025 à quelques jours de la publication de la liste des engagés pour 2026, marque la fin d’une ère. L’équipe au légendaire coloris rose fluo, devenue figure incontournable des circuits du monde entier, ne sera pas présente dans l&#039édition 2026 du championnat. Pourtant, malgré ce retrait, le projet n’est pas voué à disparaître mais plutôt à se métamorphoser pour aborder de nouveaux défis.

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Iron Dames quitte le WEC à la fin de la saison 2025 : les raisons d’un retrait stratégique

Le contexte qui entoure le départ des Iron Dames est complexe et résulte d’une conjonction de facteurs. L’équipe elle-même présente cette décision comme un choix délibéré, orienté vers l’avenir, mais les réalités économiques et sportives de la saison 2025 ont clairement pesé dans la balance.

Les motivations officielles du team

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias spécialisés, les Iron Dames expriment clairement leur philosophie : “Nous savons que cela peut surprendre, et peut susciter de l’émotion pour certains de nos supporters”, reconnaît l’équipe. Mais la direction ajoute immédiatement : “Mais c’est un changement volontaire, qui renforcera notre vision à long terme. C’est la prochaine étape vers un projet tourné vers la performance, qui ne cessera d’évoluer et redéfinira la norme.”

Cette communication soignée met l’accent sur l’aspect stratégique du retrait. Les Iron Dames ne présentent pas leur départ comme un échec, mais comme une évolution nécessaire. Le communiqué insiste sur l’accomplissement de leur mission initiale : “Depuis 2021 en FIA WEC, les Iron Dames trônent au sommet des courses d’endurance mondiales, prouvant que le talent n’a pas de genre, que la détermination déplace des montagnes et que les femmes ont toute leur place sur la plus grande scène du sport automobile.”

Le contexte économique pesant

Les réalités financères du WEC constituent un élément déterminant. Le championnat du monde d’endurance, particulièrement dans la catégorie LMGT3 où évoluaient les Iron Dames, représente un investissement colossal. Les coûts annuels s’élèvent environ à cinq millions d’euros pour un programme complet, somme considérable même pour un projet soutenu par des partenaires solides.

Plusieurs signaux économiques ont alerté les observateurs ces dernières semaines. La vente de la collection privée de voitures anciennes appartenant en partie à Deborah Mayer, ainsi que la cession de plusieurs chevaux du programme équestre associé, ont fait craindre une réduction drastique des activités. Ces décisions, combinées aux difficultés rencontrées dans d’autres programmes comme l’IndyCar avec Prema Racing, où des problèmes de rémunération d’un pilote conseil ont été signalés, pointaient vers un recentrage nécessaire.

Un bilan de cinq saisons marquantes en WEC

L’histoire des Iron Dames en championnat du monde d’endurance restera gravée dans les mémoires. Lancé en 2018 par Deborah Mayer, pilote elle-même à l’époque, le projet a fait ses débuts aux 24 Heures du Mans dès 2019. L’association avec Iron Lynx en 2020 a donné naissance à l’identité définitive de l’équipe, celle d’une structure 100% féminine compétitive au plus haut niveau.

Les moments forts de l’équipe rose

La liste des accomplissements est impressionnante. Les Iron Dames ont participé à sept éditions des 24 Heures du Mans, alignant cinq pilotes différentes. La victoire historique aux 8 Heures de Bahreïn en 2023 avec Sarah Bovy, Michelle Gatting et Rahel Frey reste le point d’orgue de leur parcours. Cette performance leur avait valu la deuxième place du championnat WEC cette année-là, démontrant leur capacité à rivaliser avec les meilleures équipes du plateau.

En parallèle, le projet a triomphé en European Le Mans Series ces deux dernières années, avec des victoires obtenues par des équipages composés de Bovy, Gatting, Frey et plus récemment Célia Martin. Cette domination en ELMS a confirmé la valeur des pilotes et de la structure technique.

Au total, l’équipe a aligné des talents exceptionnels : la Suisse Rahel Frey, la Danoise Michelle Gatting, les Françaises Célia Martin et Doriane Pin, la Belge Sarah Bovy. Certaines comme Pin ont même profité du tremplin pour briller ailleurs, remportant le championnat F1 Academy peu avant l’annonce du retrait WEC.

Iron Dames quitte le WEC à la fin de la saison 2025 : conséquences pour le plateau

Le départ des Iron Dames laisse un vide considérable dans le paddock du WEC. Le collectif était devenu l’une des formations les plus populaires auprès du public, apportant une couleur et une énergie unique à chaque épreuve. Sa disparition de la liste des engagés 2026 s’inscrit dans un contexte plus large de mutations du plateau.

L’impact sur la catégorie LMGT3

Le retrait des Iron Dames survient peu après l’annonce du départ de Porsche du programme usine Hypercar à l’issue de 2025. En quelques mois, le WEC perd deux symboles majeurs. Le mythique n°46 jaune fluo de Valentino Rossi, également en partance, disparaîtra lui aussi de la liste. Cette double perte fragilise l’attractivité médiatique du championnat.

Dans le détail, les deux Porsche 911 GT3-R couvées par Manthey Racing continueront bien à évoluer en WEC en 2026, mais avec des équipages entièrement masculins. L’arrivée de Timur Boguslavsky chez Manthey, aux côtés de Riccardo Pera finalement resté dans l’équipe, a scellé le sort des Iron Dames. Deux pilotes argent masculins chez Manthey signifiaient de facto la disparition d’un équipage 100% féminin.

L’avenir des pilotes en question

Les conséquences pour les pilotes sont immédiates. Michelle Gatting, sous contrat avec Porsche, devrait retrouver un volant dans d’autres championnats, potentiellement en ELMS si l’équipe maintenait une présence à plus petite échelle. Rahel Frey, Célia Martin et Sarah Bovy, toutes pilotes-clés du programme, sont désormais en quête de nouvelles opportunités.

L’incertitude plane également sur la participation future aux 24 Heures du Mans. L’équipe n’a pas explicitement fermé la porte à une apparition ponctuelle via une invitation GT3, mais rien n’est garanti. La manche de Portimao en ELMS/LMC pourrait avoir marqué la dernière apparition de certaines de ces pilotes sous les couleurs roses.

Les perspectives d’avenir du projet Iron Dames

Malgré ce retrait du WEC, Deborah Mayer et son équipe assurent que le projet n’est pas terminé. Au contraire, ils présentent cette décision comme une opportunité de rebondir différemment, en se concentrant sur des objectifs plus durables et moins onéreux.

Un recentrement vers l’ELMS et la formation

L’European Le Mans Series apparaît comme la voie royale pour maintenir une présence compétitive. Coûtant environ moitié moins cher qu’un programme WEC complet, l’ELMS permettrait aux Iron Dames de poursuivre leur mission tout en préservant leurs ressources. La structure y a déjà remporté des victoires, confirmant sa capacité à performer.

D’autres options sont mentionnées, comme la Michelin Le Mans Cup avec Proton, voire des programmes en monoplace. Le communiqué officiel promet des présences sur “de nombreuses pistes en 2026”, avec les Dames et les jeunes talents qui renforceront le projet.

Le message d’espoir de Deborah Mayer

Fondatrice du projet, Deborah Mayer insiste sur la dimension culturelle et inspirante de l’aventure : *“L’histoire continue !”. Elle rappelle que “L’esprit des Iron Dames n’a jamais été cantonné à une seule grille de départ. Notre voyage nous a appris que l’immobilisme n’est jamais une option.”

Cette philosophie témoigne d’une ambition intacte. Le projet a formé des centaines de jeunes talents, inspiré des milliers de fans et démontré que la performance n’a pas de genre. Pour Mayer, l’essentiel est de continuer à progresser, à inspirer et à rêver en grand, même si la forme change.

Iron Lynx, la structure mère, maintient par ailleurs sa collaboration avec Mercedes en LMGT3, assurant une continuité technique et sportive malgré l’absence de l’équipe féminine. Le soutien du constructeur allemand reste acquis, ce qui pourrait faciliter le retour éventuel des Iron Dames à un niveau plus élevé.

Les cinq années passées en WEC ont été riches d’enseignements. Elles ont prouvé qu’une équipe 100% féminine pouvait non seulement participer mais aussi gagner et influencer la culture du sport automobile. Le départ annoncé à la fin de la saison 2025 n’est donc pas une fin en soi, mais une transformation nécessaire pour assurer la pérennité d’un projet devenu bien plus qu’une simple équipe de course.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.