Hans Herrmann (1928-2026) : obsèques d'une légende Porsche et Mercedes

F1

Hans Herrmann s’est éteint le 9 janvier 2026, à l’âge de 97 ans, laissant derrière lui un héritage immense dans l’histoire de la course automobile. Né à Stuttgart le 23 février 1928, ce pilote natif de la ville des Flèches d’Argent a marqué les esprits par sa victoire historique aux 24 Heures du Mans en 1970, offrant à Porsche son premier triomphe absolu. Associé à Richard Attwood sur la Porsche 917K de l’équipe Salzburg, Herrmann a complété une carrière riche en succès avec Porsche et Mercedes.

Formé comme pâtissier après la Seconde Guerre mondiale, il choisit la piste plutôt que l’affaire familiale de café. Sa disparition, confirmée par Porsche Newsroom, plonge le monde du sport auto dans le deuil. Plus de 80 victoires overall et par classe, pour la plupart avec Porsche, témoignent de sa longévité et de son talent.

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Débuts fulgurants et ascension rapide

Herrmann dispute sa première course en 1952 au Nürburgring au volant de sa propre Porsche 356. Il gagne immédiatement et remporte le titre de champion d’Allemagne des sportives l’année suivante. À Le Mans 1953, il termine second de sa classe jusqu’à 1,5 litre sur une 550 Coupé partagée avec Helmut Glockler.

En 1954, il fait ses débuts en Grand Prix du championnat du monde sur Veritas RS, avant d’être recruté par Mercedes. Il court six GP mondiaux comme pilote junior aux côtés de Fangio et Kling. Son podium à Bremgarten, au GP de Suisse, lors de sa quatrième course sur W196, reste un exploit méconnu.

Malgré le retrait de Mercedes après la catastrophe de Le Mans 1955, Herrmann poursuit en monoplace sporadiquement jusqu’en 1966, avec des privées et Porsche. Il accumule 18 départs en championnat du monde.

Sa polyvalence s’exprime aussi en côte et tourisme. Chez Abarth dans les années 1960, il brille en voitures de série.

L’épopée Mercedes et les risques assumés

Recruté par Alfred Neubauer, Herrmann intègre l’équipe d’usine Mercedes en 1954. Il pilote les Flèches d’Argent en GP, mais aussi en endurance. La saison est marquée par des drames, culminant au Mans 1955.

Malgré une fracture à la jambe lors des essais du GP de Monaco 1955, il rebondit. En Mille Miglia 1954, il passe sous un passage à niveau fermé devant un train, offrant la première victoire de classe Porsche.

Ces anecdotes illustrent son audace. “Il fallait avoir de la chance”, commentera-t-il plus tard, comme rapporté dans les souvenirs Porsche.

Après Mercedes, il passe par Maserati, BRM, Borgward, revenant souvent à Porsche. En 1959, il échappe à un grave accident à l’Avus quand les freins lâchent sur sa BRM P25.

Triomphes en sport-prototypes : la triple couronne

Herrmann conquiert l’endurance avec Porsche. En 1960, il gagne Sebring avec Olivier Gendebien sur 718 RS60 Spyder, première victoire overall de Porsche en championnat du monde des sport-prototypes. Avec Jo Bonnier, il triomphe à la Targa Florio la même année.

1968 est une année faste : victoire à Daytona sur 907L (partagé avec d’autres), Sebring avec Siffert, et Paris 1000 km à Montlhéry avec Rolf Stommelen.

Il forme la première “triple couronne” officieuse : Le Mans, Daytona, Sebring (deux fois). Ajoutez la Targa Florio pour un quadruple.

  • Sebring 1960 et 1968
  • Daytona 1968
  • Targa Florio 1960
  • Le Mans 1970

Ces succès font de lui un pilier Porsche.

Le Mans 1969 et 1970 : drame et apothéose

En 1969, sur Porsche 908 Coupé avec Gerard Larrousse, il termine second, battu de 120 mètres par la Ford GT40 de Jacky Ickx et Jackie Oliver. Ickx utilise un stratagème d’aspiration finale.

1970 marque son chant du cygne. Avec Attwood sur 917K Salzburg (4,5 l), ils qualifient 15e. Dans la pluie et l’usure, seulement sept classés. Ils l’emportent avec cinq tours d’avance.

Attwood choisit Herrmann pour sa sagesse : “L’un des plus vieux, donc le plus sensé”. Herrmann insiste : “Il fallait que ça tienne 24 heures”. “Nous devions prendre doucement les deux premiers tiers”, confie-t-il à Autosport.

Peu de communication faute de langues communes. Ils prennent la tête dans la nuit quand les rivaux faiblissent, dont Siffert qui force son 4,9 l.

Promis à sa femme Magdalena, Herrmann raccroche à 42 ans après cette victoire. Sportscar365 rappelle : “C’était Porsche première à Le Mans, et sa dernière course.”

Héritage d’un pilote complet

Thomas Laudenbach, responsable Motorsport Porsche, déclare : “Le décès de Hans Herrmann nous touche profondément. Avec Attwood, ils ont fait l’histoire en 917 à Le Mans 1970.” Herrmann, champion d’Europe F2 1960 sur 718/2, testeur à Weissach, accompagne le musée Porsche jusqu’à tard.

Il laisse épouse, deux fils et un petit-fils. Ses obsèques célèbrent un pilote fiable, passé de pâtissier à légende. Son histoire inspire : prudence, talent, chance.

Porsche et les fans honorent sa mémoire. Comme il le rappelait : “Gagner un an pile après la défaite de 1969 était spécial.” Un chapitre se ferme, mais la légende 917 perdure.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.