Le Grand Prix de Belgique 1966 reste l’une des courses les plus légendaires de l’histoire de la Formule 1, un véritable condensé de courage, de chaos et de suspense. Sur le tracé mythique de Spa-Francorchamps, cette édition a été marquée par des conditions météorologiques imprévisibles, des incidents mécaniques spectaculaires et un final complètement fou. Même après plus de 50 ans, cette course évoque encore la difficulté extrême du circuit belge et l’esprit indomptable des pilotes de l’époque.
Les conditions difficiles, la mauvaise stratégie et la forte compétition ont transformé ce Grand Prix en un véritable feuilleton, où chaque tour apportait son lot de surprises. La victoire inattendue de Jim Clark dans ces circonstances chaotiques reste un symbole de la résilience et de l’instinct de course. Si vous souhaitez plonger dans l’ambiance de la course la plus imprévisible de 1966, cet article vous guide à travers le récit complet de cet événement hors normes.

La course : un début de domination
Les premiers tours
Dès le départ, tout le monde pensait voir Dan Gurney, en Brabham-Climax, imposer sa loi. En effet, Gurney a rapidement montré qu’il était en forme, en établissant plusieurs records de tours rapides, culminant avec un chrono de 3m49.2s lors de la 27ème boucle. Il semblait alors que la course allait devenir une démonstration de maîtrise de la part du pilote américain, qui avait su tirer profit de la puissance de sa voiture sur le tracé difficile de Spa.
Cependant, cette domination a rapidement été mise à mal par des erreurs stratégiques. Lorsqu’il a été appelé pour faire le plein deux tours avant la fin, Gurney s’est retrouvé victime d’une erreur qui allait bouleverser la fin de course. La décision de son équipe, basée sur une estimation mal calibrée de la consommation d’essence, allait lui coûter cher.
Les autres pilotes notables tels que Graham Hill, Jim Clark ou encore Bruce McLaren ont eux aussi rencontré des soucis. Certains ont été retardés par des problèmes d’essence, d’autres par des carences mécaniques dues aux conditions extrêmes du circuit. La compétition s’est rapidement transformée en un véritable casse-tête stratégique où personne n’était à l’abri des imprévus.
Les résultats : une victoire surprise
Le classement final
Le final de cette course mythique a été marqué par une succession de mauvaises surprises pour les pilotes en tête. Graham Hill, en BRM, a brièvement pris la tête, avant que son moteur ne s’arrête à moins de cinq kilomètres de l’arrivée, condamnant toute chance de victoire.
Par ailleurs, Jim Clark, qui n’était pas encore au courant de sa victoire, a profité d’un dernier retournement de situation pour dépasser McLaren dans le dernier tour. Clark croyait avoir déjà gagné, mais en réalité, il n’avait pas encore passé la ligne d’arrivée lors du dernier tour. La confusion totale avec la hiérarchie de course en fin de parcours a conduit à une situation où Clark, pensant avoir déjà terminé en tête, a été déclaré vainqueur dans des circonstances vraiment exceptionnelles.
Ce qui rend cette victoire encore plus extraordinaire, c’est qu’elle fut la troisième consécutive de Clark en Belgique, une performance qui reste inégalée dans l’histoire de la F1. La course s’est conclue avec Clark en tête, suivi de McLaren à seulement 3,4 secondes, dans une atmosphère de chaos contrôlé qui laisse encore aujourd’hui les amateurs de F1 admiratifs.
Pour ceux qui veulent revivre cette ambiance unique, l’histoire est aussi racontée dans cet article détaillé sur la course de 1998 à Spa, où la passion et le dramatique se mêlent dans un tableau peu commun.
L’histoire : un circuit mythique sous tension
Le circuit de Spa-Francorchamps
Le circuit de Spa-Francorchamps, long de 14,2 km, est depuis toujours considéré comme l’un des plus difficiles au monde. Les sections rapides comme l’Eau Rouge, combinées à ses nombreux virages techniques, en font un véritable défi pour tous les pilotes. La météo changeante, typique de la région, ajoute une couche supplémentaire d’incertitude, rendant chaque tour incertain et chaque décision stratégique critique.
En 1966, lors de cette course, la météo a été particulièrement capricieuse, avec des averses soudaines qui transformaient la piste en un terrain glissant et dangereux. La fatigue des pilotes, déjà mise à rude épreuve par la longueur et la difficulté du tracé, a contribué à une série d’incidents mécaniques ou de perte de contrôle.
Malgré tout, la course de 1966 a été la plus rapide jamais enregistrée à Spa cette saison, avec une moyenne de 213,709 km/h, une vitesse atteinte grâce à la longueur des lignes droites et à la bravoure des concurrents. Gurney, en particulier, a frôlé les 220 km/h lors de ses meilleurs passages, montrant à quel point la performance était extrême dans ces conditions.
Pour plus d’informations sur les éditions historiques de cette course légendaire, découvrez aussi comment le Grand Prix de Belgique a forgé sa réputation à travers des moments mythiques.
La fin en apothéose : la victoire inattendue de Jim Clark
Ce qui fait toute la particularité de ce Grand Prix, c’est évidemment son dénouement surprenant. Jim Clark, en Lotus-Climax, a été le véritable héros de la journée, même s’il ne savait pas encore qu’il venait de décrocher une victoire dans des circonstances incroyables.
Les nombreux incidents et erreurs stratégiques ont permis à Clark, peu enclin aux faux pas, de se retrouver en pole position à la fin. La confusion dans le classement, alimentée par les pannes et les abandons, a joué en faveur de notre héros écossais qui, dans le dernier tour, a doublé ses rivaux pour s’imposer.
Clark a déclaré plus tard : « Je n’ai jamais pensé que j’avais gagné. Tout semblait si chaotique que j’ai juste continué à pousser jusqu’à la ligne. » Son exploit a été salué comme une démonstration de sang-froid et d’intelligence de course dans une situation totalement imprévue.
La victoire de Clark en 1966 restera l’un des moments emblématiques de l’histoire de la F1, illustrant parfaitement la difficulté de Spa-Francorchamps et la bravoure requise pour triompher dans la tempête. Si vous souhaitez explorer d’autres courses mythiques à Spa, le Grand Prix de Belgique 1998 reste une référence incontournable.
Le Grand Prix de Belgique 1966 incarne tout ce que la Formule 1 peut offrir de spectaculaire : une course de courage face aux éléments, une lutte acharnée pour la victoire, et un final dont personne ne sortit indemne. C’est une leçon de bravoure et de résilience, autant pour les pilotes que pour les fans, qui gardent en mémoire cette journée où tout a basculé dans un chaos maîtrisé pour écrire une nouvelle page de l’histoire de la course automobile.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.