Cadillac s’apprête à devenir l’onzième équipe de Formule 1 en 2026, la première expansion en une décennie. Avec les pilotes expérimentés Valtteri Bottas et Sergio Perez à son bord pour le grand départ en mars à Melbourne, le team co-propriété de General Motors fait face à un défi colossal face à l’establishment. Après un recrutement intense ayant attiré plus de 140 000 candidatures pour 600 postes, Graeme Lowdon, team principal, met l’accent sur la construction d’une équipe cohésive basée sur des valeurs partagées.[1]
Dans un entretien exclusif accordé à Autosport lors de l’Autosport Business Exchange à Londres, Lowdon détaille cette philosophie atypique. Plutôt que de prioriser les compétences techniques pures, Cadillac sélectionne ses talents en fonction de quatre valeurs fondamentales. Cette approche vise à créer une unité solide pour affronter les nouveaux règlements 2026.

La construction express d’une équipe compétitive
Cadillac a respecté tous ses délais serrés depuis l’obtention de sa licence en mars dernier. Des compteurs à rebours trônent dans chaque salle, y compris sur le téléphone de Lowdon, pour les étapes clés comme le fire-up, l’homologation, le shakedown et les essais de Bahreïn. « Nous avons frappé tous les objectifs », se félicite le team principal.
Le shakedown à Silverstone a marqué un moment émouvant. La première Cadillac F1, construite à la main, a tourné ses roues avec Sergio Perez au volant, sous les yeux des employés du site britannique. Les bases aux États-Unis, à Indianapolis et Charlotte, complètent l’infrastructure. Pour en savoir plus sur cet essai roulant réussi, lisez notre article dédié.
Lowdon invoque souvent Mario Andretti : « Si tout semble sous contrôle, vous n’allez pas assez vite ». Le champion nourrit l’énergie du projet avec son esprit compétitif. Malgré le rythme effréné, l’équipe reste sur les rails.
Cette discipline collective est cruciale dans un contexte de nouveaux moteurs et règlements. Lowdon insiste sur l’honnêteté interne pour analyser chaque erreur. « C’est un sport d’équipe où l’on s’entraide », explique-t-il.
L’effectif approche les 600 personnes, réparties entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Le recrutement se recentre désormais sur Indianapolis, siège principal.
Recruter sur les valeurs pour une cohésion durable
La clé du succès réside dans le recrutement. Face à 140 000 candidatures, Cadillac privilégie les valeurs sur les aptitudes techniques. « On peut enseigner les compétences, mais pas changer l’approche d’une personne », argue Lowdon.
Quatre valeurs centrales guident les embauches : simplicité, honnêteté, esprit d’équipe et ambition à long terme. Cela permet de forger rapidement une culture unie, essentielle pour une équipe naissante.
Cette méthode s’inspire des startups : agiles et réactives. Lowdon vise à faire de Cadillac l’équipe que tous rêvent de rejoindre, où l’on reste par fierté.
Les défis logistiques sont immenses, mais cette philosophie simplifie l’intégration. À un mois de Melbourne, l’harmonie se profile.
Pour contextualiser, Cadillac cible la fiabilité en 2026 plutôt que la performance pure, aligné sur cette culture patiente.[2]
Rivalité GM-Ford et ADN américain
La rivalité entre General Motors et Ford anime déjà le paddock. GM détient une part dans Cadillac, contrairement à l’approche de Ford. Des piques entre dirigeants, comme celles de Dan Towriss et Bill Ford, ajoutent du piquant.
Lowdon y voit un atout pour le sport. « Les fans aiment la rivalité, tant qu’elle reste saine », note-t-il. Hollywood en a même fait un film.
L’ADN GM imprègne l’équipe, boostant la motivation. Cela renforce l’intérêt pour la F1 aux États-Unis.
Cadillac mise gros sur le marché américain avec une pub au Super Bowl pour révéler sa livrée. Bottas et Perez squattent YouTube pour attirer de nouveaux fans.
« Le Super Bowl est un événement culturel majeur, parfait pour élargir la base », enthusiasme Lowdon. Une première pour la F1.
Émotions et objectifs pour la saison 2026
À l’approche de Melbourne, les sentiments se mêlent : excitation, appréhension, nervosité. « Sans un peu de stress, on ne se soucie pas assez », confie Lowdon.
Le GP de Chine suit de près, puis un calendrier chargé. 2026 reste une inconnue avec les nouveaux règlements, mais Cadillac analysera tout scrupuleusement.
L’objectif : progresser collectivement. Lowdon prédit un bilan à Abou Dhabi. Pour les cibles précises de leur première course, consultez notre analyse.
Le leadership inclut CEO Dan Towriss et consultant Pat Symonds. L’équipe est prête à contribuer avec deux autos de plus sur la grille.
Cette entrée marque le début d’un voyage compétitif. Cadillac veut non seulement survivre, mais briller à terme grâce à sa fondation solide.
En misant sur les valeurs, Graeme Lowdon positionne Cadillac comme une force durable en F1. Alors que la saison 2026 approche, cette stratégie pourrait bien payer, transformant un outsider en contender sérieux. Les fans guetteront les premiers tours à Melbourne pour juger de cette ambition américaine.[1]
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.