Formula E adopte un système de jokers inspiré du WEC pour la Gen4

La FIA et Formula E révolutionnent leur approche du développement technique avec l’introduction d’un système de jokers pour les voitures Gen4. Inspiré du modèle Hypercar du championnat du monde d’endurance (WEC), ce mécanisme à base de tokens remplace les mises à jour Evo mi-cycle, offrant une flexibilité inédite aux constructeurs sur quatre ans. Annoncé récemment, il vise à corriger les rigidités des réglementations Gen3, où les powertrains étaient figés pendant deux ans.[1]

Cette évolution répond aux demandes des manufacturiers, qui critiquaient l’impossibilité de corriger rapidement les erreurs de conception. Désormais, les upgrades hardware seront limités mais ciblés, tout en respectant un cost cap associé. La Gen4, attendue pour la saison 2026/27, bénéficiera ainsi d’un cadre plus dynamique.[2]

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Le fonctionnement du système de jokers

Le principe s’apparente au WEC, mais avec des tokens assignés à des composants précis, contrairement aux jokers plus larges des Hypercars. Les constructeurs homologuent initialement leur package, puis déploient leurs tokens au gré des saisons. Une homologation intermédiaire annuelle valide les changements, avec un décompte final en fin de cycle.

Vincent Gaillardot, responsable technique FIA pour Formula E, explique : « Précédemment, le cycle d’homologation était de deux ans. Quand les fabricants homologuaient la voiture, ils n’avaient aucune possibilité de la mettre à jour pendant deux ans. Cela signifie que si vous faites une erreur, vous devez y faire face pendant deux ans. » Il ajoute que les tokens concernent spécifiquement le MGU, l’inverter et la gearbox (un joker chacun sur quatre ans), et deux jokers pour chaque périmètre bas : mécanique (carter et suspension), électrique et hydraulique.[1]

Voici les allocations précises :

  • MGU, inverter, gearbox : 1 joker par composant (une mise à jour unique).
  • Périmètres bas : 2 jokers chacun (mécanique, électrique, hydraulique).
  • Flexibilité temporelle : Choix libre du moment, lié au budget via cost cap.

Ce système encourage une gestion stratégique des ressources. Les logiciels restent ouverts entre saisons, comme auparavant. À la fin, la FIA vérifie l’usage total des tokens pour assurer l’équité.

Les équipes planifient ainsi leurs évolutions annuelles, adaptant aux faiblesses observées en piste. Par exemple, une gearbox défaillante pourra être upgradée sans refaire toute la voiture.

Avantages pour les constructeurs et contrôle des coûts

Frédéric Bertrand, team principal Mahindra, salue cette réforme : « Jusqu’à présent, nous devions produire une Gen3 et une Gen3 Evo, ce qui étaient deux développements différents. Maintenant, vous avez une Gen4 sur laquelle vous pouvez travailler pendant toute la période d’homologation avec quelques jokers. » Cela évite le développement d’une voiture quasi-neuve mi-cycle, focalisant les efforts sur les points faibles.[1]

Les budgets sont mieux maîtrisés, passant d’« un et demi » à une voiture unique optimisée. Mahindra, revenu en Gen4, y voit un atout décisif pour son engagement. Les leaders comme Porsche ou Jaguar ne pourront plus creuser l’écart indéfiniment, favorisant les retournements.

AvantageImpact
FlexibilitéCorrections rapides des erreurs
Cost cap liéÉvite les surcoûts Evo
CompétitivitéMeilleur rattrapage pour les retardataires
StratégieChoix temporel des upgrades

Porsche a déjà dévoilé sa Gen4, tandis que Mahindra avance pas à pas.[3] Cette approche démocratise l’accès à la performance.

Les constructeurs en difficulté, comme ceux distancés en Gen3, gagnent une seconde chance. Bertrand note : « Vous ne devez pas penser à deux voitures en quatre ans ; vous pouvez faire une et demie. »

Contexte technique de la Gen4 et évolutions du championnat

La Gen4 débute en 2026/27 avec 600 kW en Attack Mode (815 ch), 450 kW en course, et une transmission intégrale active permanente – une première pour une monoplace.[4] Batterie de 55 kWh (+43 %), freinage régénératif à 700 kW, et aérodynamique adaptable (high/low downforce).

Pour accommoder ces puissances, Formula E étend le circuit de Jeddah, comme détaillé dans notre analyse sur l’extension du tracé pour l’ère Gen4.[3] Les sessions Evo à Jeddah 2026 testeront ces nouveautés.

Comparée à la F1 2026, la Gen4 rivalise en vitesse, avec des comparaisons détaillées ici.[5] ABS et traction control illimités boostent l’adhérence.

La durabilité prime : 100 % recyclable, 20 % recyclé minimum. Pour plus de specs, consultez le fact sheet officiel FIA Formula E.[4]

Implications pour la compétition future

Ce système nivelle les chances, permettant aux outsiders de viser le podium. Porsche domine actuellement, mais Jaguar renaît, comme analysé sur Autosport.[1] Les jokers pourraient inverser les hiérarchies.

En piste, attendez des stratégies upgradées ciblées, rythmant les saisons. Les échecs précoces ne pénaliseront plus autant.

La Gen4 propulse Formula E vers un spectacle plus imprévisible et compétitif.

Ce cadre flexible positionne Formula E comme pionnier de la mobilité électrique durable. Avec la saison 2026/27 en vue, les constructeurs peaufinent leurs jokers, promettant une ère de surprises techniques et sportives. Reste à voir qui maîtrisera au mieux ces tokens pour dominer le championnat.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.