Ford planifie les premiers essais piste de son prototype LMDh pour 2027

Ford Performance avance à grands pas sur son projet Hypercar pour le Championnat du monde d’endurance FIA (WEC). Lors d’un appel avec des médias sélectionnés, Dan Sayers, responsable du programme LMDh, a confirmé que le développement progresse comme prévu. Le prototype, premier sport-prototype de la marque depuis la C100, est basé sur un châssis ORECA LMP2 et propulsé par un V8 atmosphérique de 5,4 litres.

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Le développement du prototype selon le planning

Le travail mobilise des équipes au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France. Le moteur Coyote V8, développé en interne à Dearborn en collaboration avec Red Bull Ford Powertrains, est déjà en phase de banc d’essai. Ford insiste sur son identité sonore unique, un atout pour reconnaître la marque sur la ligne des Hunaudières aux petites heures.

« Nous sommes exactement là où je l’espérais », a déclaré Dan Sayers. « Il y a toujours des problèmes, mais ça se passe plutôt bien jusqu’ici. Nous commençons à construire le moteur de la voiture d’essais sous peu. » Le processus d’homologation est déjà lancé, un jalon clé respecté.

L’équipe mise sur une gestion rigoureuse pour éviter tout dérapage. Une base opérationnelle à Banbury, au Royaume-Uni, gérera le programme en interne, sans recours à un partenaire externe. Cette approche reflète l’ambition d’un projet 100 % Ford.

Le châssis ORECA assure une base éprouvée, adaptée à la réglementation LMDh avec son système hybride standard Bosch/Xtrac/Williams. Ford espère toutefois personnaliser l’apparence pour éviter un look trop générique.

Un programme d’essais intensif et mondial

La première voiture sortira des ateliers dans les prochains mois pour un roulage au sud de la France. Une semaine sera dédiée au déploiement et au débogage, avant les premiers tours de piste en juillet 2026. « Dès que ce sera fait, nous la sortirons au sud de la France », précise Sayers.

Le plan complet est verrouillé : essais initiaux en Europe, incluant un test de 30 heures, puis transfert aux États-Unis. Sebring accueillera une session d’endurance pour valider la fiabilité. Un second test de 30 heures est prévu début 2027.

« Tout le programme d’essais est réservé et confirmé », ajoute Sayers. « Nous poussons comme des fous pour être prêts, car rater un test aurait un effet domino énorme. » Les sessions sont espacées de deux semaines pour analyses et mises à jour logicielles.

Une seconde voiture rejoindra le programme plus tard, suivant l’exemple d’autres constructeurs. L’équilibre entre kilomètres accumulés et temps d’analyse est crucial dans un calendrier contraint.

Ford vise un shakedown efficace avant la course d’ouverture au Qatar en 2027. Ce rythme soutenu témoigne de la détermination à concurrencer Toyota, Porsche et Ferrari dès la première saison.

Les pilotes au cœur du projet Hypercar

Ford a officialisé ses trois premiers pilotes : Logan Sargeant, Mike Rockenfeller et Sebastian Priaulx. Sargeant, ex-pilote Williams en F1, apporte son expérience en haute downforce. « Un niveau de sophistication technique vital pour ce programme », commente Sayers.

Rockenfeller, vainqueur des 24 Heures du Mans 2010 avec Audi et DTM 2013, connaît les prototypes. Priaulx, fils d’Andy (triple DTM et Ford GT), excelle en GT3 avec des victoires IMSA.

En 2026, Rockenfeller et Priaulx disputeront l’European Le Mans Series en LMP2 avec Proton Competition, soutenus par des ingénieurs Ford. Sargeant prépare son retour à Daytona.

D’autres pilotes sont en discussion, pour un équilibre expérience/jeunesse avec bagage LMDh ou GTP.

L’héritage Ford et les ambitions en WEC

Ford revient en top prototype depuis la C100 de 1982, après succès GT40 et GT. Le V8 atmosphérique renoue avec l’ADN routier Mustang, contrairement aux turbos dominants.

Le programme est exclusif WEC, sans IMSA GTP. Des annonces récentes, comme les recrutements d’ingénieurs, renforcent l’élan.

Ce retour marque une ère hybride, où Ford mise sur son V8 iconique pour se démarquer.

Ford entame une nouvelle page glorieuse en endurance. Avec un prototype sur les rails et un calendrier tenu, l’Américain vise podiums et Le Mans dès 2027.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.