En pleine lutte pour le titre mondial, McLaren s’est retrouvée au centre d’une controverse technique majeure lors du Grand Prix de Las Vegas 2025. La disqualification des deux monoplaces de l’équipe britannique, quelques heures après l’arrivée, a créé un séisme dans la hiérarchie du championnat. Cette décision, basée sur une infraction au Règlement Technique, soulève des questions sur les contrôles post-course, les tolérances de fabrication et les conséquences d’une saison disputée jusqu’au dernier millimètre.
Les commissaires sportifs ont décelé une irrégularité sur les patins arrière des McLaren MCL39. Cette découverte est intervenue après une course disputée dans des conditions particulières, avec une piste récemment repeinte et des températures extrêmes qui ont affecté le comportement des monoplaces. L’enquête technique qui s’est ensuivie a révélé des écarts infimes mais cruciaux par rapport aux normes réglementaires.

L’irrégularité technique détectée lors de l’inspection post-course
Les contrôleurs techniques de la FIA ont procédé à des mesures standard sur les deux McLaren après la course. L’inspection a porté sur l’épaisseur des patins arrière, éléments essentiels du fond plat qui protègent la planche en bois de la monoplace. Ces mesures ont immédiatement révélé des valeurs non conformes au Règlement Technique 2025.
Les mesures précises qui ont provoqué la disqualification
Les données recueillies par les délégués techniques de la FIA étaient sans appel. Sur la voiture n°4 de Lando Norris, les patins arrière ont été mesurés à 8,88 mm à l’avant droit et 8,93 mm à l’arrière droit. Pour Oscar Piastri, les valeurs étaient encore plus basses avec 8,96 mm et 8,74 mm respectivement. Ces chiffres, confirmés lors d’une seconde mesure en présence des représentants de McLaren, se situaient tous en dessous de la limite minimale de 9 mm imposée par l’article 3.5.9 du Règlement Technique.
L’appareil de mesure utilisé, un micromètre Mitutoyo acheté en mai 2025 et précis à 0,001 mm près, a laissé peu de place au doute. Les commissaires ont noté que lors de la seconde mesure, les valeurs étaient même légèrement inférieures à celles initialement relevées par le délégué technique. Cette constatation a éliminé toute marge d’erreur et a forcé les officials à constater la violation du règlement.
Le contexte de la course : des facteurs aggravants selon McLaren
L’équipe de Woking n’a pas contesté les mesures mais a avancé plusieurs circonstances atténuantes. Le marsouinage supplémentaire et inattendu sur la piste de Las Vegas a été le premier argument avancé par les représentants de l’écurie. Ce phénomène, aggravé par la surface récemment repeinte du circuit urbain, a provoqué une usure anormale des patins.
Les conditions météorologiques ont également limité les possibilités de réglages. La première journée d’essais a été fortement perturbée par le temps, réduisant le temps de piste disponible pour affiner les setups. Les séances d’essais écourtées n’ont pas permis de simuler la dégradation complète de la course sur 50 tours. Ces éléments, pourtant invoqués par McLaren, n’ont pas suffi à convaincre les commissaires de laisser les résultats en l’état.
La position de la FIA et les arguments rejetés
La Fédération Internationale de l’Automobile a maintenu une position ferme malgré les explications fournies par McLaren. Les débats en chambre des commissaires ont duré plusieurs heures, avec la participation du team principal, du directeur sportif et du directeur technique de l’écurie britannique, ainsi que des responsables techniques de la FIA.
L’absence de tolérance dans le règlement technique
Les représentants de la FIA ont clairement indiqué qu’aucune disposition dans le règlement n’autorisait une sanction autre que la disqualification pour ce type d’infraction. Ils ont souligné que l’article 3.5.9 est clair et ne prévoit aucune marge de tolérance. Le degré de violation, même infime, ne permet pas de déroger à la sanction habituelle.
La FIA a néanmoins reconnu que l’infraction n’était pas intentionnelle et qu’il n’y avait pas eu de tentative délibérée de contourner les règlements. Cette déclaration atténue l’aspect moral de la faute mais n’affecte pas la sanction technique. Les commissaires ont également pris en compte les décisions précédentes de la Cour d’appel internationale de la FIA, qui limitent strictement la possibilité d’éviter la disqualification pour des infractions purement techniques.
Les précédents qui ont scellé le sort des McLaren
Les commissaires ont rappelé que des cas similaires en 2025 avaient systématiquement abouti à des disqualifications. La jurisprudence de la FIA en matière de non-conformité technique est rigoureuse. L’argument de McLaren concernant un dommage accidentel ayant pu déplacer le fond plat a été examiné mais jugé insuffisant pour atténuer la sanction. Les commissaires ont considéré que l’équipe restait responsable de l’intégrité technique de ses voitures tout au long de la course.
Cette décision s’inscrit dans une logique de préservation de l’équité sportive. Les écarts de performance en Formule 1 se mesurent en millisecondes, et une infraction technique, même minime, peut offrir un avantage significatif en termes de hauteur de caisse et de flux d’air sous la voiture. Le principe de précaution et d’égalité des chances a donc prévalu sur les circonstances exceptionnelles invoquées.
Impact majeur sur le championnat du monde des pilotes
La double disqualification de McLaren réduit à néant les excellentes performances de ses pilotes sur le tracé de Las Vegas. Lando Norris avait franchi la ligne d’arrivée en deuxième position, assurant à son équipe une avance confortable au championnat constructeurs, tandis qu’Oscar Piastri terminait quatrième dans un rôle de lieutenant parfait.
Le classement révisé et les nouvelles ambitions de Verstappen
Avec les McLaren exclues, Max Verstappen conserve sa victoire mais surtout réalise une incroyable opération au championnat. Le Néerlandais de Red Bull, qui comptait 42 points de retard sur Norris et 12 sur Piastri avant la course, revient à hauteur d’Oscar Piastri à 366 points chacun. Lando Norris conserve la tête avec 390 points, mais son avantage n’est plus que de 24 unités.
Le nouveau classement du Grand Prix de Las Vegas voit George Russell (Mercedes) monter sur la deuxième marche du podium, suivi de son coéquipier Andrea Kimi Antonelli. Charles Leclerc (Ferrari) et Carlos Sainz (Williams) complètent le top 5. Les points ainsi redistribués réduisent considérablement les chances de titre de McLaren et relancent pleinement la compétition.
Les conséquences psychologiques et sportives pour McLaren
Cette disqualification tombe au pire moment pour McLaren. À deux courses de la fin de la saison, l’équipe perd 30 points au championnat constructeurs et voit ses pilotes privés de précieux points individuels. La frustration est d’autant plus grande que les performances sur le terrain étaient prometteuses pour les courses de Qatar et d’Abu Dhabi.
Le moral de l’équipe sera testé dans les prochains jours. Lando Norris, qui avait signé une course tactiquement parfaite, voit sa balle de match pour le titre s’éloigner. Oscar Piastri, auteur d’une saison remarquable pour sa deuxième année en F1, perd l’égalité de points avec Verstappen qu’il avait obtenue avec sa quatrième place.
À l’usine de Woking, les ingénieurs devront analyser précisément les causes de cette usure excessive pour éviter une récidive. Les simulations de la dégradation des patins arrière seront revues en profondeur, et les setups pour le Qatar seront adaptés pour préserver une marge de sécurité sur l’épaisseur réglementaire.
Les perspectives pour les courses de Qatar et d’Abu Dhabi
La fin de saison s’annonce explosive avec ce nouveau rebondissement. Les deux courses restantes, au Qatar puis à Abu Dhabi, deviennent des finales pour chacune des trois équipes en lice. Le championnat pilotes, qui semblait plié en faveur de Norris, repart dans une configuration ouverte à trois prétendants sérieux.
Les changements techniques à prévoir pour McLaren
McLaren devra ajuster ses stratégies de course et ses choix de setup pour éviter tout nouveau problème de conformité. Les patins arrière seront sans doute renforcés ou remplacés plus fréquemment, même au prix d’une légère perte de performance. L’équipe pourrait également revoir sa hauteur de caisse pour réduire l’usure sur les circuits les plus abrasifs.
Les essais libres du Qatar seront cruciaux pour valider ces nouveaux réglages. Les équipes disposeront de données précieuses sur le comportement des pneumatiques et de la dégradation de la monoplace sur ce tracé particulier. McLaren devra trouver le compromis idéal entre performance et conformité règlementaire.
Un championnat qui se jouera sur le fil
Avec seulement 24 points séparant Norris de Verstappen, chaque tour des prochains Grands Prix comptera double. Les stratégies d’équipe, les qualifications et les départs seront décisifs. Red Bull, avec Verstappen en forme, pourra compter sur une expérience du titre et une pression moindre que son adversaire britannique.
Mercedes, avec Russell et Antonelli sur le podium à Las Vegas, se relance dans la course au championnat constructeurs. L’équipe allemande pourrait profiter de la double disqualification pour revenir dans la course à la deuxième place, voire plus si d’autres incidents surviennent. Le championnat promet une finale inédite depuis plusieurs années, avec trois pilotes capables de remporter le titre lors de la dernière course à Abu Dhabi.
Cette disqualification historique à Las Vegas restera comme un tournant de la saison 2025. Elle rappelle que la Formule 1 est un sport où la perfection technique est aussi importante que la vitesse pure sur le circuit.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.