Denny Hamlin, pilote chez Joe Gibbs Racing et copropriétaire de 23XI Racing avec Michael Jordan, sort victorieux d’un long bras de fer judiciaire contre la NASCAR. Le récent règlement du procès antitrust opposant 23XI et Front Row Motorsports à la série a accordé des chartes permanentes à toutes les équipes de Cup Series, stabilisant leur situation financière.[1][2] Hamlin reçoit les remerciements de ses pairs pour avoir défendu les intérêts collectifs des équipes.
Mais au-delà de cette victoire, Hamlin alerte sur les défis structurels de la NASCAR. Il appelle à un investissement massif, de l’ordre de plusieurs milliards de dollars, pour relancer la croissance du sport, à l’image de ce que Liberty Media a réalisé en Formule 1.

Le contexte du règlement antitrust
Le procès antitrust s’est conclu par un règlement favorable aux équipes, accordant des chartes permanentes à toutes les organisations de premier niveau. Cela met fin à des années de tensions et place les équipes sur un pied financier plus solide. Hamlin souligne que 23XI et Front Row n’ont pas agi pour leur seul bénéfice : « Nous avons vraiment mis notre cou à risque pour toutes les équipes de course », a-t-il déclaré.[1]
Les propriétaires d’équipes l’ont contacté pour exprimer leur gratitude. « J’ai eu des nouvelles de la plupart des propriétaires d’équipes d’une manière ou d’une autre », ajoute Hamlin. Cette solidarité renforce la position des équipes lors des futures négociations, évitant le chantage du type « signez ou sinon ».
Le règlement ouvre aussi la porte aux investissements de private equity dans les équipes, grâce aux chartes permanentes. Cela attire des investisseurs externes qui voient un potentiel de croissance à long terme, tant au niveau des équipes qu’au niveau du sport lui-même.
Malgré ces avancées, les revenus annuels des équipes n’ont pas beaucoup changé. Seule la répartition des revenus a été ajustée, offrant une stabilité bienvenue mais pas une révolution immédiate.
Les défis actuels d’audience et de visibilité
La NASCAR a enregistré une baisse de 14 % des audiences télévisées en 2025 par rapport à l’année précédente. Bien que cette chute entre dans les projections, liée au passage de cinq courses en streaming et à une réduction des diffusions en clair, elle souligne un besoin urgent de croissance.[1]
Le sport stagne dans un contexte où la concurrence pour l’attention des fans est féroce. Hamlin insiste : la NASCAR peut « maintenir le cap » mais peine à entrer dans une phase de réelle expansion. Les chiffres d’audience d’autres séries de course montrent un intérêt persistant pour les autos et le racing aux États-Unis.
Les initiatives marketing de 2026, avec un ton plus gritty et la campagne « Hell Yeah », reçoivent les louanges de Hamlin. « Je suis très content de la direction et de la promotion cette saison avec leur contenu social et digital », dit-il. Ces efforts numériques sont un bon début, mais insuffisants seuls.
- Amélioration des réseaux sociaux et du digital.
- Promotion plus agressive et authentique.
- Focus sur les fans pour contrer la baisse d’audience TV.
L’appel à un investissement massif
Hamlin plaide pour une injection de « milliards » en promotion lourde et en upgrades infrastructurels. « Nous avons besoin que quelqu’un vienne investir des milliards en promotion massive, en améliorations totales », explique-t-il. À court terme, cela pourrait générer des pertes, mais les gains à long terme seraient substantiels.
Il cite l’exemple de Liberty Media en Formule 1 : une infusion massive d’argent a propulsé le sport vers de nouveaux sommets. « C’est comme ça que ça marche de nos jours », affirme Hamlin. La NASCAR doit suivre ce modèle pour décoller.
Les investissements récents de la NASCAR dans ses circuits – Daytona, Talladega, Phoenix, Richmond et Homestead-Miami – sont positifs. Mais ils ne suffisent pas face à la nécessité d’une relance globale.
Hamlin prévoit 10 à 15 ans pour retrouver une phase de croissance, comme il en a fallu pour sortir du déclin post-2000. « Ça va prendre beaucoup de travail collectif pour sortir du trou », prévient-il. Les décisions passées, parfois erronées, ont creusé ce fossé au fil des 10-15 dernières années.
Les perspectives financières et stratégiques pour 2026
Les chartes permanentes offrent une base solide financièrement. Elles rassurent les investisseurs en private equity, qui peuvent désormais voir les équipes comme des actifs viables à long terme. Hamlin note un fort potentiel de croissance au niveau sport et équipes.
En 2026, des partenariats comme celui de National Debt Relief avec Hamlin pour 12 courses illustrent un assainissement financier.[3] Cela coïncide avec les défis personnels de Hamlin, comme sa réopération à l’épaule en hiver, qui complique sa préparation.[2]
Pour capter l’enthousiasme des fans potentiels – nombreux à suivre d’autres séries –, la NASCAR doit innover. Hamlin pose la question clé : « Comment les exciter pour la NASCAR ? Ça va prendre du temps et du travail. »
- Investissements en infrastructures (circuits rénovés).
- Ouverture au private equity.
- Marketing digital renforcé pour 2026.
La discipline dispose encore d’un réservoir d’intérêt national pour les courses automobiles. La clé réside dans une stratégie unifiée pour reconquérir ce public.
Denny Hamlin trace une feuille de route claire : victoire judiciaire acquise, il faut maintenant des milliards pour propulser la NASCAR vers l’avenir. Avec des efforts collectifs et des investissements audacieux, le sport peut inverser la tendance en 10-15 ans. L’enjeu pour 2026 et au-delà est de transformer la stabilité en croissance explosive, au bénéfice des équipes, des pilotes et des fans. Pour en savoir plus sur le règlement, consultez cet article détaillé. Et sur les audiences 2025, ce bilan.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.