
Bruno Saby, vainqueur du Dakar en 1993, effectue un retour remarqué sur l’épreuve après 19 ans d’absence. À mi-parcours, après six étapes et une journée de repos à Riyad, le pilote français occupe la 113e place au général dans la catégorie Challenger. Au volant de la Taurus Evo Max de l’écurie Rebellion Spierings, il avoue en baver mais savoure chaque instant.
Malgré un retard de 10 heures sur les leaders, Saby affiche une satisfaction évidente. Ce retour s’inscrit dans un contexte où le rallye-raid s’est profondément professionnalisé, mais garde son esprit unique. Son interview accordée à L’Équipe révèle un homme lucide et préparé.

Son état d’esprit à mi-parcours
Bruno Saby ne cache pas son acceptation des années qui passent. « Je n’ai pas de regrets d’être là. J’accepte d’avoir vieilli et je ne suis plus là pour être devant », confie-t-il avec le sourire. À 76 ans, il mesure le chemin parcouru depuis sa victoire mythique avec Mitsubishi en 1993.
Il évoque même avec humour ce qu’aurait pu donner une monture d’usine actuelle. « Ça aurait été intéressant de voir ce que je peux faire avec une voiture de pointe », ajoute-t-il. Physiquement, il se sent bien, malgré un mal des dunes récurrent qu’il gère grâce à une préparation minutieuse et sa pharmacie embarquée.
La cohabitation avec son copilote Benjamin l’aide à surmonter les moments difficiles. Lors d’une spéciale, un « Mercalm » providentiel lui a permis de boucler l’étape. Cette journée de repos à Riyad lui offre un répit bienvenu pour recharger les batteries.
Saby insiste sur l’absence de regrets. Il apprécie pleinement l’expérience, loin des pressions de la victoire. Cette philosophie positive transparaît dans toutes ses déclarations.
Son mental reste affûté, forgé par des décennies de compétition. Il savoure les bivouacs, les échanges avec les autres concurrents, et l’ambiance unique du Dakar.
Son Dakar jusque-là : défis et adaptations
Dès la première étape, des soucis mécaniques ont relégué Saby derrière les camions, un handicap majeur dans les dunes. « On est à la limite de s’ensabler alors qu’on a une voiture super agile », explique-t-il. Partir en dernière position signifie rouler dans la poussière et les traces, avec peu de marge pour s’écarter.
Les spéciales se terminant de nuit ont été particulièrement appréhendées. Pourtant, grâce à une préparation de trois mois incluant des sacrifices physiques, il a tenu bon. « J’ai bien fait de me préparer ! », reconnaît-il.
Dans la catégorie Challenger, la concurrence est féroce avec des pilotes pros en quête de contrats usine. Saby, 113e, accuse 10 heures de retard, mais cela ne l’entame pas. Il compare à ses expériences passées où il remontait le peloton en une journée.
Les étapes marathon, comme celle au bivouac refuge, testent l’endurance. La Taurus Evo Max s’est révélée agile, mais les conditions sablonneuses ont mis l’équipage à rude épreuve.
Malgré tout, des moments de plaisir émergent, comme lors de la première étape où Saby terminait dans le top 20, comme rapporté par Le Dauphiné Libéré. Ce parcours chaotique renforce sa détermination.
L’évolution du rallye-raid sous son regard
Le choc le plus marquant pour Saby est la professionnalisation extrême. « Les voitures sont refaites à neuf tous les soirs », observe-t-il. Même les amateurs roulent comme des pros, avec des teams irréprochables.
Autrefois, usines en tête et amateurs à leur rythme ; aujourd’hui, tous visent la performance grâce aux réparations nocturnes. « Il y a une vraie qualité de travail dans tous les teams », souligne-t-il.
Pourtant, l’esprit du Dakar perdure : une bataille constante. Au bivouac, pros comme amateurs arborent le sourire, dormant dans des conditions spartiates sans se plaindre.
Saby s’émerveille de cette résilience. « Même les pros… ils sont à quatre pattes à manger leur ration devant la tente », rit-il. Personne ne rechigne, preuve d’un engagement total.
Cette évolution rend la course plus compétitive, mais préserve l’essence du rallye-raid. Avant le départ, il anticipait déjà des moments très durs, et la réalité confirme ses craintes tout en lui procurant du plaisir.
Perspectives pour la seconde moitié de course
À mi-parcours, Bruno Saby aborde la suite avec sérénité. Les étapes restantes promettent plus de défis, mais sa préparation et son expérience le portent. Finir le Dakar reste l’objectif prioritaire.
Son retour inspire les jeunes pilotes et ravive les souvenirs des éditions mythiques. Il incarne la passion intemporelle du rallye.
Cette 48e édition du Dakar, en Arabie Saoudite, continue de repousser les limites. Pour Saby, chaque kilomètre est une victoire personnelle.
En conclusion, la 113e place n’entame pas son enthousiasme. « Je n’ai pas de regrets d’être là ! » : cette phrase résume son état d’esprit. Le Dakar 2026 pourrait bien marquer un nouveau chapitre mémorable dans sa carrière légendaire, prouvant que l’âge n’est qu’un détail face à la détermination. Reste à voir comment il bouclera cette aventure.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.