Mattia Binotto, responsable du projet Formula 1 chez Audi, tempère les attentes pour la saison inaugurale de l’équipe en 2026. Alors que la marque allemande fait ses grands débuts en tant qu’équipe d’usine complète via le rachat de Sauber, et en tant que motoriste pour la première fois, Binotto s’attend à un power unit inférieur à celui des concurrents plus expérimentés. Ces propos ont été tenus lors de l’événement de lancement de la saison à Berlin, où Audi a dévoilé sa livrée pour la R26.
Les changements réglementaires majeurs de 2026, avec un châssis plus léger et compact ainsi qu’une puissance partagée à 50/50 entre le moteur thermique et la partie électrique, rendent les prédictions difficiles. Cependant, les équipes établies comme Mercedes, Ferrari et Honda partent avec un avantage clair en termes d’expérience, notamment après la domination de Mercedes lors du précédent grand changement en 2014.

Les défis du power unit Audi en 2026
Audi entre en F1 avec un handicap évident : l’absence d’expérience en tant que motoriste. Contrairement à Mercedes, Ferrari ou Honda, qui ont des organisations rodées, Audi et Red Bull Powertrains débutent de zéro dans cette ère hybride repensée. Binotto l’admet sans détour : « Ils ont le plus d’expérience, ce sont des organisations installées. Si une équipe ou un constructeur était grand par le passé, il le restera à l’avenir, aucun doute là-dessus. »
Cette lucidité est renforcée par les premiers tests. Lors d’un filming day à Barcelone, la R26 a roulé pour la première fois, mais Binotto a reconnu des problèmes de fiabilité et de performance. « Nous ne sommes pas prêts, nous rencontrons encore des problèmes et notre chaîne de traction n’est pas encore au niveau souhaité. Mais c’est normal pour une nouvelle voiture. » Ces sorties précoces visent à identifier les faiblesses avant les essais officiels à Bahreïn.
Le son des nouveaux moteurs a aussi été noté. Jonathan Wheatley, team principal, s’est montré positif : « Le son du moteur est vraiment bon, plus agressif que prévu. » La suppression du MGU-H pourrait expliquer ce bruit plus rauque, changeant l’échappement et rassurant les fans inquiets d’une perte de caractère sonore.
Malgré ces avancées, Binotto insiste sur la focalisation interne : « Je ne m’attends pas à ce que notre powertrain soit le meilleur dès le départ. Ce serait impossible et irréaliste. Nous devons rester concentrés sur nous-mêmes. » Sauber, avant-dernier en 2025, efface son passé, mais le chemin reste long.
Pour illustrer les écarts potentiels :
- Mercedes : Domination post-2014, clients performants.
- Ferrari : Expérience continue en hybride.
- Honda : Retour gagnant avec Red Bull.
- Audi : Débutant total.
La polémique autour du ratio de compression
Un sujet brûlant agite l’intersaison : le ratio de compression, abaissé à 16:1 et mesuré après le cycle de fonctionnement pour des raisons pratiques. Des rumeurs visent Mercedes et Red Bull Powertrains, accusés d’utiliser des bielles à expansion thermique pour augmenter ce ratio à chaud, contournant potentiellement les règles.
Binotto commente avec prudence : « C’est la lutte en F1, c’est notre job. Je ne sais pas si c’est vrai. Il n’y a que des rumeurs selon lesquelles Mercedes aurait conçu un moteur avec un ratio plus élevé en conditions chaudes. Si c’est réel, c’est un écart significatif en performance et en temps au tour. » Pour en savoir plus sur cette controverse, consultez cet article détaillé.
Audi a rejoint les appels à l’action de la FIA, comme rappporté ici. Si validé, ce “loophole” pourrait creuser l’écart pour les débutants comme Audi.
Cette bataille réglementaire souligne les enjeux : en F1, l’exploitation des zones grises est reine. Binotto relativise : « Il ne serait pas normal que nous ne nous battions pas les uns contre les autres. »
Les ambitions à long terme d’Audi
Malgré ces défis, Binotto reste confiant pour l’avenir. L’objectif est clair : devenir leader d’ici 2030, en cinq ans. « Nous avons tous les moyens pour réussir un jour et devenir la référence en powertrain. Notre tâche : réussir d’ici 2030. Ça peut sembler loin, mais c’est demain en F1. »
Le plan inclut une montée en puissance progressive :
- 2026 : Apprentissage, fiabilité prioritaire.
- 2027-2028 : Progrès en performance.
- 2029-2030 : Lutte pour les titres.
Wheatley renchérit : « Nous partons d’une base modeste. Objectif : outsiders, puis concurrents, puis champions. » L’engagement d’Audi, avec des recrues comme Binotto (ex-Ferrari) et Wheatley (ex-Red Bull), soutient cette vision.
Les premiers tours à Barcelone, malgré les soucis, sont un pas positif. Hülkenberg et Bortoleto ont goûté à la bête, avec des retours encourageants sur le ressenti.
Vers un avenir prometteur malgré les obstacles
Audi aborde 2026 avec réalisme, conscient d’un probable déficit initial mais déterminé à progresser. Les leçons des tests précoces et la résolution des polémiques techniques seront cruciales. Comme le dit Binotto : « Ce qui comptera le plus, c’est la réaction de l’équipe face aux problèmes, en apprenant et en avançant course après course. »
Avec l’appui du groupe Volkswagen et une organisation en construction, Audi vise le sommet. Un début humble ne définit pas les ambitions à 2030. Pour les fans, cela promet une saison intrigante, où les nouveaux venus pourraient surprendre. Qu’attendre de cette R26 ? Les essais hivernaux le diront bientôt.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.