Alpine a officialisé son retrait de la classe Hypercar du Championnat du monde d’endurance (WEC) à l’issue de la saison 2026. La marque française, qui avait fait ses débuts dans cette catégorie en 2021, n’a connu qu’un succès limité avec trois victoires en cinq saisons disputées. Ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large de recentrage imposée par Renault, confronté à des défis économiques.
Malgré des ambitions initiales élevées, le programme n’a pas atteint la rentabilité escomptée. L’année 2026 devait marquer le point d’équilibre financier, mais les contraintes du marché automobile, notamment dans l’électrique, ont précipité cette décision. Alpine privilégie désormais la Formule 1 comme plateforme principale pour développer sa notoriété.

Un parcours en Hypercar marqué par des hauts et des bas
Alpine a rejoint la classe Hypercar dès sa première année d’existence en 2021 avec l’A480, avant d’évoluer vers l’A424. L’équipe a participé à toutes les saisons sauf 2023, mais les résultats sportifs sont restés en deçà des attentes. Seules trois victoires ont été engrangées, dont des performances notables comme les 6 Heures de Spa ou les 8 Heures de Bahreïn.
Ces succès sporadiques n’ont pas suffi à compenser les difficultés techniques et budgétaires. L’A424, engagée en 2024 et 2025, a souffert d’un manque de compétitivité face aux mastodontes comme Toyota ou Porsche. En 2026, l’équipe visait une amélioration avec des mises à jour aérodynamiques, mais le projet s’arrêtera net fin saison.
Le contexte plus large des coupes chez Renault accentue ce retrait. En Formule 1, Alpine est passée cliente Mercedes pour les moteurs à partir de 2026, fermant son département power unit. Dacia, après sa victoire récente au Dakar, a exclu un retour en 2027 malgré le succès.
Ces décisions illustrent une rationalisation drastique des activités sportives. Pour le WEC, Alpine laisse un vide potentiel dans la grille Hypercar, déjà en pleine évolution avec l’arrivée de nouveaux constructeurs.
Malgré tout, l’équipe s’est montrée combative. Des pilotes comme Paul-Loup Chatin, Ferdinand Habsburg et Charles Milesi ont porté les couleurs avec détermination, comme lors des dernières 24 Heures du Mans.
Les explications officielles d’Alpine
Philippe Krief, PDG d’Alpine, a justifié cette mesure par des impératifs stratégiques. « Nous avons dû prendre des décisions difficiles pour protéger les ambitions à long terme d’Alpine », a-t-il déclaré. Il pointe du doigt le ralentissement du marché automobile, particulièrement électrique, et la nécessité d’investir dans les produits et la marque.
Krief insiste sur la focalisation des efforts : « Toute l’équipe Alpine doit concentrer ses énergies sur ces défis. Concernant le sport auto, bien que nous regrettions de ne pas continuer en WEC après cette saison, la Formule 1 nous offre une plateforme unique pour accroître la notoriété de la marque. »
L’esprit de compétition reste intact : « Un esprit gagnant fait partie de l’ADN d’Alpine. Je suis confiant que nous combattrons jusqu’à la dernière seconde de la dernière course en 2026. »
Cette annonce n’est pas une surprise totale. La semaine dernière, un porte-parole avait refusé de confirmer ou d’infirmer un tel scénario, alimentant les spéculations.
Alpine prévoit de disputer la saison 2026 à fond, avec des tests récents à Portimão montrant des signes de progrès. Mais l’avenir post-2026 reste flou pour l’endurance.
L’incertitude plane sur Viry-Châtillon
Le site de Viry-Châtillon, historique pour Renault en sport auto, est directement impacté. Rebaptisé « Hypertech Alpine » après l’arrêt des moteurs F1, il hébergeait 300 à 350 employés pour le Hypercar. Sans ce projet majeur, sa viabilité économique est remise en cause.
Axel Plasse, VP Alpine Tech, tempère : « Nous travaillons dur à définir la nouvelle structure d’Alpine Tech. Nous avons des talents incroyables à Viry-Châtillon, et nous veillons à ce que la nouvelle organisation permette de se concentrer sur l’expertise innovante de nos équipes pour de nouveaux projets. »
Une année chargée s’annonce, avec la saison WEC 2026 en parallèle de cette restructuration. Le maire de Viry-Châtillon a critiqué Renault pour ces revirements, soulignant les promesses non tenues.
D’autres activités comme des services externes pourraient maintenir une partie des emplois, mais à une échelle réduite. Cela s’inscrit dans la vague de suppressions chez Renault, incluant Dakar et F1.
Pour Alpine, cela libère des ressources pour la F1, où il n’y a « plus d’excuses » en 2026 selon certains analystes.
Impacts sur le WEC et perspectives pour Alpine
Le WEC perd un constructeur usine, mais la classe Hypercar reste dynamique avec Toyota, Ferrari, Peugeot et les nouveaux entrants comme Genesis. Les mises à jour 2026, comme celles d’Alpine sur l’aéro, montrent l’évolution de la catégorie.
Voici les principaux retraits récents chez Renault/Alpine :
- Arrêt des moteurs F1 en interne (client Mercedes dès 2026).
- Non-retour de Dacia au Dakar 2027 malgré la victoire 2026.
- Fin du Hypercar WEC post-2026.
- Restructuration de Viry-Châtillon.
Alpine maintient son engagement jusqu’au bout en 2026, avec des pilotes confirmés et un calendrier complet incluant Le Mans. Cela pourrait offrir une saison de revanche.
Alpine tourne une page de son histoire en endurance pour miser sur la F1, plateforme mondiale. La marque française compte transformer ces sacrifices en croissance durable, tout en laissant un héritage technique issu du Hypercar. L’avenir dira si ce pari paie, mais 2026 promet des dernières batailles intenses au Mans et ailleurs.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.