Les 6 heures de Fuji WEC ont marqué une étape majeure dans le calendrier 2025 de l’endurance avec la toute première victoire de l’Alpine A424 LMDh. La course, qui s’est déroulée sur le circuit japonais emblématique, a été une véritable démonstration de stratégie, de performance et de résilience dans un contexte souvent chaotique. La victoire d’Alpine, portée par Milesi, Chatin et Habsburg, est une véritable renaissance pour l’équipe française, qui revient en force après plusieurs saisons plus discrètes.
Ce rendez-vous s’est révélé crucial dans le contexte du championnat mondial, notamment pour Alpine qui cherche à établir sa légitimité face à des adversaires comme Porsche, Ferrari ou Toyota. Avec une course ponctuée d’incidents, d’interventions de Safety Cars et de phases de trafic intense, chaque détail stratégique a compté. La pression était à son comble, mais l’équipe d’Alpine a su faire preuve d’intelligence tactique pour s’imposer dans cette épreuve longue et exigeante.

Aperçu de l’épreuve : le contexte et l’importance de Fuji pour le championnat WEC
Les 6 heures de Fuji représentent traditionnellement une étape clé de la saison WEC, souvent considéré comme un véritable baromètre pour mesurer la performance des constructeurs en pleine transition vers le nouveau règlement LMH et LMDh. En 2025, cette course prenait encore plus d’importance avec l’introduction de la Alpine A424 LMDh, un modèle qui symbolise la renaissance du constructeur français dans la catégorie reine de l’endurance.
Les conditions météorologiques variées du Fuji, entre soleil ardent et passages nuageux, ont mis à rude épreuve les équipes, mais aussi favorisé la tactique. La longue chicane de la piste de Fuji, célèbre pour ses virages techniques, a souvent été le théâtre de dépassements et d’incidents qui ont bouleversé le classement. La setup de la voiture, ses pneus, et la gestion du carburant ont été des éléments déterminants pour résister à cette course exigeante.
Pour Alpine, cette victoire représente un signal fort dans une saison où chaque point compte pour le championnat, notamment face à des rivaux toujours aussi compétitifs. La performance sur ce circuit, réputé difficile, confirme l’intérêt stratégique de Fuji comme terrain d’expérimentation pour la prochaine étape à Sebring ou Spa.
Les pilotes : Milesi, Chatin, et Habsburg, des acteurs clés de la victoire
Charles Milesi : le maître du final
Charles Milesi a été la pierre angulaire de la performance d’Alpine lors de cette course. En fin d’épreuve, c’est lui qui a porté l’équipe vers la victoire en réalisant un dernier relais exceptionnel. Sa capacité à maximiser la performance de la A424 LMDh, tout en gérant avec précaution ses pneus et son carburant, a permis à Alpine de prendre l’avantage dans la dernière heure.
À plusieurs reprises, Milesi a montré une vitesse impressionnante, notamment lors de sa dernière stint où il a réussi à creuser un écart suffisant pour résister aux attaques des concurrents. Son talent dans les phases cruciales a été salué par le team radio, où il a été félicité pour sa constance et sa gestion du stress.
Paul-Loup Chatin : l’architecte stratégique
Le rôle de Paul-Loup Chatin a été déterminant dans la préparation stratégique de la course. Son arrêt à un moment clé, lorsque la majorité du peloton réduisait sa vitesse à cause des Safety Cars, a été une décision tactique brillante. En choisissant un moment où la voie était presque vide, il a permis à Milesi de repartir en tête, un avantage précieux dans un finish aussi serré.
Chatin a également montré un excellent sens du rythme, en adaptant les relais et en exploitant au maximum le potentiel de l’auto dans des phases de trafic intense. Sa capacité à gérer la pression et à éviter les erreurs a souvent été citée comme un facteur déterminant dans la victoire d’Alpine.
Ferdinand Habsburg : la constance et la gestion des incidents
Ferdinand Habsburg a complété le triomphe avec des performances solides et une capacité à minimiser les erreurs. Malgré une pénalité pour contact avec une Toyota, il a su garder son calme et maintenir un rythme compétitif. Un moment critique de la course a été marqué par une intervention d’urgence pour le ravitaillement, qui aurait pu déstabiliser l’équipage, mais Habsburg a montré une discipline exemplaire.
Sa gestion du trafic, notamment lors de relai difficiles, a été essentielle pour préserver l’écart. Son expérience et sa résilience ont permis à l’équipe d’Alpine de rester dans la course jusqu’au bout.
Chronologie de la course : stratégies, incidents et moments clés
Dès le départ, la course a été dynamique, avec des exchanges de positions entre Alpine, Porsche, Ferrari et Toyota. La première heure a été marquée par une série de dépassements sous régime de Safety Cars, qui ont favorisé une reconfiguration du peloton. Alpine a su jouer la carte de la patience, en évitant les erreurs et en maintenant une constance de rythme.
Les fenêtres de stop ont été scrupuleusement choisies par l’équipe Alpine, notamment lors de la période où la majorité roulait à 80 km/h. La stratégie a payé, surtout lorsque Chatin a décidé de faire son arrêt à un moment où beaucoup s’apprêtaient à réduire leur vitesse, permettant à Milesi d’effectuer un relais long et efficace.
La dernière heure a été décisive, avec Milesi qui a pris le commandement, creusant un petit écart pour finir en tête avec un avantage d’environ 11 secondes. Le final a été intense, avec des pilotes comme Vanthoor et Estre qui ont tenté de ravir la victoire, mais en vain pour la Porsche.
Résultats et analyses : un triomphe stratégique et technique
Le palmarès de la course
| Position | Équipage | Voiture | Temps écoulé | Point clé |
|---|---|---|---|---|
| 1er | Alpine A424 | #36 Milesi/Chatin/Habsburg | — | Victoire stratégique, gestion des Safety Cars |
| 2ème | Porsche #94 | Vanthoor/Estre | +11 sec | Pénalité de 5 sec pour arrêt, course tactique |
| 3ème | Peugeot #93 | Di Resta/Vergne/Jensen | +0.5 sec | Course serrée, finale rageante |
Alpine a su profiter de chaque opportunité pour dominer cette course, en particulier grâce à une stratégie de relais bien calibrée et à une exécution sans faille sous la pression accrue du final. La performance de Milesi dans le dernier relais a été particulièrement remarquable, soulignant son expertise dans la gestion des phases critiques.
Comparatif avec les éditions précédentes et les essais
Pour Alpine, cette victoire représente une avancée significative depuis leur dernière victoire en WEC avec la Judd à Monza en 2022. La A424 LMDh montre une progression claire dans la maîtrise technique et la fiabilité dans le contexte du nouveau règlement LMH/LMDh. Comparée aux essais de pré-saison, cette performance confirme les investissements réalisés par Alpine pour concurrencer durablement en WEC.
Les autres marques ont connu des fortunes diverses : Ferrari, en difficulté avec quelques pénalités, doit encore peaufiner sa stratégie, tandis que Porsche, malgré la pénalité, conserve une position compétitive dans la lutte pour le championnat.
Temps forts et incidents marquants : la course sous tension
Plusieurs incidents ont marqué cette édition des 6 heures de Fuji. Parmi eux, une pénalité pour Ferrari pour dépassements de limites de piste, ce qui a coûté cher dans la hiérarchie finale. La lutte acharnée entre Porsche et Ferrari a aussi engendré des collisions et des fautes, contribuant à rendre la course imprévisible.
Les Safety Cars sont intervenus à trois reprises, souvent lors de moments clés pour Alpine, qui a su réagir vite et intelligemment. La gestion du trafic, notamment pour Habsburg lors de relays difficiles, a été essentielle pour limiter la casse et profiter des moments opportuns pour effectuer ses arrêts.
L’attente du public japonais, connu pour son exigence, a été comblée par un spectacle passionnant, où chaque pilote a donné le meilleur de lui-même, dans un contexte de haute tension et de rebondissements constants.
Galerie, vidéos et ressources : revivez l’action
Pour apprécier pleinement cette course, une galerie de photos offre des vues exceptionnelles des Alpine A424 en action, notamment lors de leur dernier relais. Les plans rapprochés sur Milesi, Chatin et Habsburg montrent leur concentration intense face aux défis du circuit de Fuji.
Les vidéos des moments clés, comme la décision stratégique de Chatin ou le dernier relais de Milesi, illustrent la tension du dernier quart d’heure. Des extraits sont disponibles pour analyser en détail les passages sous Safety Car, les dépassements et les écarts de rythme.
Les ressources complémentaires comprennent des analyses techniques, des interviews post-course et les highlights de la compétition, indispensables pour suivre toute la complexité de cette course mémorable.
Ce que cela signifie pour le championnat WEC 2025
La victoire d’Alpine lors des 6 heures de Fuji confirme leur montée en puissance dans la catégorie LMDh. Avec cette performance, Alpine pose les bases d’un championnat où la constance, la stratégie et la fiabilité seront plus que jamais clés. La performance de Milesi, Chatin et Habsburg montre que la jeune équipe française a désormais la stature pour rivaliser avec les mastodontes du sport.
Le contexte actuel du championnat reste très serré, avec Porsche en embuscade, Ferrari cherchant sa revanche et Toyota évitant le piège. La prochaine étape à Sebring sera déterminante pour confirmer cette dynamique, mais Fuji a montré que Alpine avait les armes pour jouer la tête du peloton toutes les courses.
Ce succès ouvre également la voie à d’éventuelles évolutions techniques, notamment l’optimisation du package A424. Pour suivre toute l’actualité du WEC et le programme d’Alpine, n’hésitez pas à consulter nos autres articles, comme celui sur la BoP Fuji WEC Alpine A424 augmente la puissance.
Voilà pour un résumé détaillé de cette course exceptionnelle. En attendant la prochaine étape, cette victoire d’Alpine annonce un début de saison riche en suspense et en rebondissements, avec tous les ingrédients pour faire vibrer les fans d’endurance.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.