WRC Arabie Saoudite 2025 : Fourmaux en tête, Evans perd du terrain face à Ogier dans la bataille pour le titre

WRC

WRC Arabie Saoudite 2025 : Fourmaux en tête, Evans perd du terrain face à Ogier dans la bataille pour le titre

La première journée du rallye d’Arabie saoudite a livré son lot de rebondissements et de sensations fortes, avec Adrien Fourmaux qui s’installe confortablement en tête du classement, tandis que le championnat du monde se joue dans les coulisses entre Sébastien Ogier et Elfyn Evans. Le Français de Toyota a en effet réussi à creuser un écart significatif sur son rival britannique, relégué en neuvième position après de nombreux tracas.

Cette manche finale de la saison 2025 s’annonce décisive pour l’attribution du titre mondial. Si Fourmaux et ses dauphins s’affrontent pour la victoire d’étape, les regards restent rivés sur la lutte intestine chez Toyota entre Ogier et Evans. Au terme de cette première journée, le double champion du monde tricolore repartirait avec quatre points supplémentaires si la course s’arrêtait là, ce qui lui permettrait de décrocher un neuvième couronne.

wrc-saudi-arabia-rally_3.jpg

Fourmaux maître de son rallye malgré les pièges saoudiens

Adrien Fourmaux a bouclé la journée de jeudi en tête du rallye d’Arabie saoudite, affichant une régularité impressionnante malgré des conditions particulièrement difficiles. Le pilote Hyundai a su éviter les nombreux pièges qui jonchaient les spéciales, notamment les crevaisons qui ont contraint plusieurs de ses rivaux à la faute.

« Il va falloir passer à travers tous les problèmes. Je pense que tout le monde aura son lot de galères », avait prévenu le Français avant le début de l’épreuve. Ses pronostics se sont avérés justes. La première journée a été marquée par de nombreux incidents, notamment pour Kalle Rovanperä qui a crevé à deux reprises et pointe désormais en huitième position, quasiment éliminé de la course au titre.

Six secondes seulement séparent Fourmaux de son jeune dauphin finlandais Sami Pajari. Le pilote Toyota, auteur d’une excellente performance, a néanmoins subi une délamination de pneu qui lui a coûté la tête du rallye. Le Letton Martins Sesks, qui a largement dominé la matinée, complète le podium à moins de sept secondes du leader après avoir lui aussi été victime d’une crevaison dans la sixième spéciale.

Le duel fratricide chez Toyota fait rage

L’enjeu majeur de ce rallye final réside dans la bataille pour le titre mondial. Avant le début de l’épreuve, Elfyn Evans ne comptait que trois points d’avance sur Sébastien Ogier au classement général. Une avance désormais anéantie par les événements de la piste.

La position sur la route a pesé lourd dans la balance. Evans, contraint d’ouvrir la route dans des spéciales très sablonneuses, a perdu un temps précieux tandis qu’Ogier, deuxième sur la route, en a profité pour creuser l’écart. Le Français a remporté la super spéciale de Djeddah qui concluait la journée, devançant Evans de 1”1 et portant son avance totale à 41”1 au général.

« C’est la spéciale la plus tranquille du rallye », a plaisanté Ogier à l’arrivée de la super spéciale, soulagé de quitter les parties sablonneuses et pierreuses qui ont marqué la journée. Le Gallois, lui, n’a pas caché sa frustration face à des conditions qu’il jugeait très défavorables à son rythme.

Le barème des points avantage Ogier

Dans l’état actuel des choses, Ogier reprendrait quatre points à Evans, ce qui lui permettrait de s’emparer de la tête du championnat avec 273 points contre 274 pour le Britannique. Mais le règlement du WRC accorde une place prépondérante au nombre de victoires en cas d’égalité à points, et le Français l’emporterait haut la main sur ce critère.

Le calcul est simple : si Evans ne parvient pas à refaire son retard et à terminer devant son coéquipier, il perdra son avantage au championnat. La pression monte donc d’un cran pour le Britannique qui doit maintenant non seulement remonter au classement du rallye, mais aussi surveiller les performances d’Ogier.

La bataille des outsiders pour la victoire

Si le titre se joue chez Toyota, la victoire du rallye reste largement ouverte. Derrière Fourmaux et Pajari, les pilotes Hyundai Ott Tänak et Thierry Neuville pointent à la quatrième et cinquième places, à moins de quinze secondes du leader. Le Belge pourrait même figurer plus haut s’il n’avait pas connu une crevaison et une délamination dans la journée.

La lutte s’annonce intense pour les dernières places du podium. Martins Sesks, auteur de temps de référence sur plusieurs spéciales, a démontré qu’il pouvait jouer les trouble-fêtes malgré son statut de pilote M-Sport. La fiabilité restera le maître mot pour les trois jours à venir.

Les chiffres clés du jour :

  • 8 spéciales disputées jeudi
  • 41”1 : l’écart entre Ogier et Evans
  • 6” : l’avance de Fourmaux sur Pajari
  • 15” : l’écart entre le leader et le 5e (Neuville)
  • 2 crevaisons pour Rovanperä

Championnat du monde : un titre à trois vitesses

La course au titre mondial s’est réduite à trois prétendants théoriques, mais la réalité de la piste en a éliminé un. Kalle Rovanperä, troisième avant ce rallye avec 248 points, voit ses espoirs s’envoler après ses deux crevaisons. Il accuserait désormais plus de 25 points de retard sur le leader virtuel du championnat.

Le classement des pilotes avant la manche saoudienne :

  1. Elfyn Evans (GBR) : 272 points
  2. Sébastien Ogier (FRA) : 269 points
  3. Kalle Rovanperä (FIN) : 248 points
  4. Ott Tänak (EST) : 213 points
  5. Thierry Neuville (BEL) : 166 points

Le suspense reste total pour les deux leaders Toyota. Avec seulement trois points de différence au départ, l’écart pourrait se creuser ou se réduire selon les performances des deux hommes sur les spéciales de vendredi et samedi. Les six spéciales du jour suivant, dont trois retransmises en direct, promettent des rebondissements.

Ce qui attend les pilotes vendredi

La journée de vendredi s’annonce cruciale avec deux boucles de trois spéciales au programme dès 6h26 du matin. Le kilométrage sera plus élevé que jeudi et les pilotes n’auront pas de super spéciale pour conclure la journée.

Elfyn Evans devra affronter des parcours plus dégradés que ses poursuivants, ce qui risque de compliquer encore sa tâche. Son équipier chez Toyota, Takamoto Katsuta, qui pointe en sixième position, pourrait jouer un rôle crucial en relayant des informations précieuses sur l’état de la route.

Chez Hyundai, la stratégie semble claire : mettre la pression sur Toyota en plaçant ses trois pilotes (Fourmaux, Tänak et Neuville) en bonne position pour capitaliser sur tout faux pas des leaders. La lutte pour le constructeur est d&#039ailleurs déjà pliée depuis longtemps, avec Toyota (692 points) inatteignable devant Hyundai (464 points) et Ford (191 points).

Analyse : Ogier dans la position idéale

L’expérience du champion français lui a permis de gérer parfaitement sa journée. Conscient des avantages de sa position sur la route, il n’a pas forcé inutilement tout en maintenant une pression constante sur Evans. Sa victoire sur la super spéciale à égalité avec Martins Sesks démontre qu’il reste capable de tirer son épingle du jeu quand l’opportunité se présente.

« C’était vraiment incroyable, on n’avait pas de grip », a-t-il expliqué après la super spéciale, soulignant les difficultés rencontrées tout au long de la journée sur les sections sablonneuses. Cette gestion mesurée pourrait lui permettre de conserver ses pneus et son énergie pour les étapes décisives de samedi.

Du côté d’Evans, la frustration est palpable. Le Gallois a dû ouvrir la route dans des conditions extrêmes, sablant tout espoir de rivaliser à armes égales avec ses poursuivants. Chaque seconde perdue jeudi sera difficile à rattraper vendredi, où les parcours seront encore plus dégradés.

Les enjeux à venir pour la couronne mondiale

La donne est simple : si le classement ne change pas et qu’Ogier termine septième devant Evans neuvième, le titre ira au Français. Cette perspective fait de chaque spéciale une épreuve de vérité pour le Gallois qui doit désormais remonter dans le top 5 pour espérer conserver son avantage au championnat.

Les scénarios possibles :

  • Ogier champion s’il termine devant Evans, quel que soit l’écart
  • Evans champion s’il parvient à compenser les points perdus en remontant significativement au classement
  • Improbable : Rovanperä ne peut l’emporter que si ses deux rivaux abandonnent et qu’il remporte le rallye

Le Championnat du monde des rallyes 2025 se joue donc sur des détails. La pression est maximale sur les épaules d’Elfyn Evans, qui découvre ce que signifie vraiment défendre une première place au championnat face à un neuf fois champion du monde affamé.

Le rallye d’Arabie saoudite promet donc une fin de saison mémorable, mêlant sport et drama dans des proportions rarement égales dans l’histoire du WRC.

Questions fréquemment posées

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.