Le clash de Barcelone : un incident qui a failli coûter le titre à Verstappen
Une décision incompréhensible au 55e tour
Le 1er juin 2025, le Grand Prix d’Espagne ronronnait paisiblement vers un podium probable pour Verstappen, quand l’intervention de la voiture de sécurité a bouleversé la donne. Après la panne moteur du jeune Kimi Antonelli, le pilote Red Bull est rentré au stand mais n’a pu chausser que des pneus durs, tandis que ses rivaux optaient pour des gommes tendres. Au restart, Verstappen a dérapé dans le dernier virage, laissant passer Charles Leclerc, puis a tenté désespérément de contenir George Russell.
Son ingénieur de piste l’a alors alerté : il devait rendre la place au Britannique après une sortie de piste. Verstappen a feint d’obtempérer avant d’aller délibérément au contact avec la Mercedes. Une décision incompréhensible qui lui a valu une pénalité de 10 secondes, le faisant chuter de la 5e à la 10e place, son pire résultat depuis 2017.
Une crise de confiance et un creux abyssal
Plutôt qu’un tournant positif, ce clash a déclenché une véritable traversée du désert. Verstappen lui-même a qualifié sa manœuvre d’“inappropriée”, concédant une erreur de jugement rare chez un quadruple champion. Au sortir de la Catalogne, il accusait 49 points de retard sur le leader Oscar Piastri. L’écart allait même se creuser à plus de 100 points à la fin de l’été, lorsque McLaren enchaînait 12 victoires en 15 Grands Prix, dont sept doublés.
La traversée du désert : quand McLaren a dominé la saison
L’été noir de Red Bull
Entre le printemps et l’été 2025, Verstappen n’a remporté que deux victoires en GP : au Japon en avril et en Émilie-Romagne en mai. Sa monoplace RB21 souffrait de nombreuses incohérences, tandis que les McLaren de Norris et Piastri semblaient intouchables. Le pilote néerlandais admettait lui-même ne “plus vraiment être dans la bataille” pour le titre, avec un retard abyssal de 104 points fin août.
Les points durs engrangés
Pourtant, même dans cette période difficile, Verstappen n’a jamais lâché. Il a su maximiser chaque week-end, engrangeant des points précieux avec des podiums inespérés. Aux Pays-Bas, son GP national, il a profité de l’abandon de Norris pour monter sur la deuxième marche, montrant qu’il restait une force avec laquelle il fallait compter malgré l’adversité.
La remontée fantastique : huit courses pour effacer 104 points
L’Italie : le déclic tant attendu
Fin août, à Monza, Verstappen a enfin renoué avec la victoire en battant à la régulière les deux McLaren. Cette victoire a mis fin à une disette de près de quatre mois et huit courses. Plus important encore, elle a relancé la machine de guerre Red Bull. Le talent brut du champion s’est combiné à des améliorations significatives de la monoplace, redonnant espoir à l’écurie autrichienne.
Le Brésil : la course de la reconquête
La semaine suivante, au Brésil, Verstappen a livré une performance d’anthologie. Parti de la voie des stands, il a réalisé une remontée sensationnelle pour terminer sur le podium, troisième de la course. Son patron Laurent Mekies, arrivé en juillet, saluait une “remontée sensationnelle”, consciente qu’en six courses, le Néerlandais avait divisé par deux son retard au championnat.
Victoire après victoire, le compteur repart
La régularité est ensuite devenue la force de Verstappen. Podiums, victoires, records de tours les plus rapides : le pilote Red Bull a grappillé points sur points, tandis que McLaren commençait à montrer des signes de fatigue. Piastri s’effondrait depuis la fin de l’été, et Norris oscillait entre la perfection et l’erreur.
Le vrai tournant : le coup de théâtre de Las Vegas
Le week-end parfait qui a tout changé
Le Grand Prix de Las Vegas a représenté le véritable tournant du championnat. Verstappen a remporté la course sur le Strip, mais le destin lui a réservé un cadeau inespéré. Lando Norris et Oscar Piastri, respectivement deuxième et quatrième sur la ligne d’arrivée, ont été disqualifiés pour non-conformité technique de leurs monoplaces.
Sans ce coup du sort, Verstappen aurait compté 42 et 12 points de retard sur Norris et Piastri. Au final, il se retrouvait à égalité avec Piastri à 24 points de Norris, relancé dans une course au titre qu’il pensait perdue. Comme il l’a lui-même tempéré : “L’écart s’est un peu réduit, mais il reste encore 24 points”, montrant qu’il ne croyait pas encore au miracle.
Un avantage décisif aux points de victoires
L’enjeu de ce final de saison réside dans un détail capital : en cas d’égalité de points, c’est le nombre de victoires qui départage. Avec 8 succès contre 7 pour Norris, Verstappen détenait déjà un avantage au critère secondaire. Les scénarios se sont donc simplifiés : il devait gagner les deux dernières courses et la course sprint, tout en espérant que Norris marque 33 points ou moins.
Qatar et Abou Dabi : la consécration d’un stratège
La domination sur ses terres
Les deux dernières épreuves en Moyen-Orient ont joué dans les mains de Verstappen. Au Qatar, circuit qu’il maîtrise parfaitement avec deux victoires consécutives, le Néerlandais a fait le job. Son expérience du titre, acquise depuis 2021, a fait la différence contre des rivaux plus jeunes et nerveux.
La pression sur les épaules de Norris
Lando Norris, leader du championnat pendant la majeure partie de la saison, a subi une pression immense. L’erreur est venue de lui, pas de Verstappen. Dans les derniers tours, le Britannique a craqué où le Néerlandais a résisté. La malédiction des McLaren a continué à Abou Dabi, là où Verstappen avait déjà renversé Hamilton en 2021.
Les chiffres d’un titre acquis dans la douleur
La statistique qui tue
L’analyse des points gagnés et perdus révèle la vraie nature de ce titre :
- 104 points : le retard maximal de Verstappen fin août
- 7 courses : le nombre d’épreuves où il a grappillé des points cruciaux
- 8 victoires : contre 7 pour Norris, l’avantage au départage
- 10e place : sa pire performance en Espagne, loin du podium
Ce que le clash espagnol a vraiment coûté
L’incident de Barcelone a fait perdre 6 points à Verstappen (déclassification de la 5e à la 10e place). Sur l’ensemble de la saison, cela représente moins de 2% du total final. Le titre ne s’est donc pas joué là, mais sur des dizaines de décisions stratégiques, de dépassements parfaits et d’une gestation du stress surhumaine.
En conclusion, le cinquième titre de Max Verstappen en 2025 n’a absolument rien à voir avec le clash du GP d’Espagne. Cet incident a été un moment de faiblesse, une erreur de jeunesse d’un champion chevronné qui a failli lui coûter la couronne. La véritable histoire de ce sacre est celle d’une remontée fantastique, d’une équipe qui n’a jamais lâché, et d’un pilote qui a su rester parfait quand ses rivaux commettaient les erreurs. La Formule 1 se souviendra de 2025 comme de la saison où Verstappen a gagné en perdant, où le titre s’est décidé à Las Vegas bien plus qu’à Barcelone.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.