Verstappen envisage une maison autour d’un simulateur de course plus grand
Max Verstappen ne fait plus qu’un avec son volant. Quadruple champion du monde, le Néerlandais a bâti une partie de sa légende dans les circuits virtuels, au point d’envisager aujourd’hui de faire construire une maison… autour d’un simulateur de course plus grand. Sur le podcast Securing the Win, il a confié réfléchir à un projet immobilier dont l’âme serait un rig XXL, calqué sur la plateforme professionnelle d’Oracle Red Bull Racing à Milton Keynes. Une idée qui fait trembler les murs – et les voisins.

Pourquoi Verstappen envisage une maison autour d’un simulateur de course plus grand
Au siège de Red Bull, le simulateur est un monstre de 6 tonnes, posé sur vérins, capable de reproduire 5 g en freinage et 2 g en latéral. Verstappen y passe « des journées entières » entre deux essais libres, affinant les réglages, testant des scenarii météo ou des mappings moteur. Résultat : il en redemande. « Je ne compte même plus les heures, avoue-t-il. A la maison, je laisse le compteur éteint, ce serait trop effrayant. »
Problème : son appartement actuel n’accueille ni le mouvement, ni le bruit. « Les voisins deviendraient fous », plaisante-t-il. D’où l’idée d’un futur nid pensé comme un labo roulant : pièce dédiée, isolation phonique, faux-plancher technique pour passer câbles et hydraulique, baie vitrée climatisée pour les triples écrans 4K. Bref, une villa dont le salon serait un cockpit.
Le simracing comme extension naturelle de la carrière de Verstappen
Depuis 2015, Verstappen est pilote chez Team Redline, l’écurie esport qu’il a cofondée. Il a remporté en 2024 le “Grand Slam” des 24 heuvres virtuelles : Daytona, Spa, Nürburgring. « Chaque victoire en simu m’a appris à mieux gérer le trafic, la consommation, les dépassements à haute vitesse », assure-t-il. Preuve ultime : en mai, il décroche la victoire à sa première vraie course GT3 sur le Nordschleife, aux côtés de son coéquipier virtuel Chris Lulham. La fédération allemande a même assoupli ses critères d’obtention du permis Nordschleife pour les simracers, citant son exploit.
Au-delà de l’adrénaline, le simulateur est devenu un outil cognitif. Verstappen y reproduit des stints de 90 minutes avec gilet lesté et casque, pour entretenir son rythme cardiaque (165 bpm en moyenne). « C’est mon gym mental », résume-t-il. Une gymnastique qu’il veut pouvoir pratiquer à domicile sans contrainte de calendrier.
Une maison conçue pour un simulateur de course plus grand : entre bunker et cockpit
L’architecte néerlandais Eric van der Linden, déjà sollicité pour des projets de sim-houses, confirme la tendance : « On intègre désormais des salles “g-force ready” avec dalle béton armée 40 cm, système d’air pulsé pour refroidir l’électronique, et racks 19 pouces intégrés. » Le futur cocon de Verstappen pourrait donc comporter :
- Un socle en béton fibré supportant 8 tonnes, pour accueillir une plateforme D-Box 6DOF ou une structure type CXC Motion Pro II
- Un plafond ouvrant style “sunroof” pour grue mobile, facilitant le changement de moniteurs ou de volant
- Des murs sandwich acoustiques (-45 dB) pour rouler à 3 h 00 sans réveiller le quartier
- Un sas d’entrée avec vestiaire “race mode” : combinaison, gants, casque VR calés sur étagères chauffantes
Coût estimé : entre 350 000 € et 500 000 € rien que pour la salle, sans compter l’aménagement global. Une somme que le pilote peut se permettre : son contrat 2025 avec Red Bull dépasse les 55 M€ par an.
Le simulateur de course plus grand de Verstappen : un laboratoire d’innovation pour la F1
Red Bull ne voit pas d’un mauvais œil ce projet. La firme de Milton Keynes travaille déjà sur une version “domestique” de son simulateur, avec un logiciel dérivé de celui de la F1 mais verrouillé à 80 % de fidélité. Objectif : que Verstappen puisse tester des mises à jour aéro ou des profils de pneus la veille d’un Grand Prix, sans avoir à se déplacer. « On pourrait lui envoyer un patch à 22 h 00, qu’il roule toute la nuit et nous renvoie des données avant l’ouverture du parc fermé », imagine un ingénieur.
Autre bénéfice : la collecte de données grand public. En connectant son rig domestique au cloud Red Bull, Verstappen alimenterait un échantillon de millions de tours réalisés par des simracers du monde entier, améliorant l’apprentissage automatique utilisé pour prédégrader les gommes ou simuler des stratégies de safety-car. Le simulateur de course plus grand deviendrait alors un node essentiel du digital-twin de l’équipe.
Quand Verstappen transforme le simulateur de course en école pour les jeunes talents
Le Néerlandais ne s’arrête pas à son propre confort. Il veut que la pièce serve de camp d’entraînement pour les jeunes. « Le karting coûte 300 000 € par an pour viser le top. Un simulateur haut de gamme, c’est 50 000 € et zéro frais de transport », argumente-t-il. Il imagine des stages de trois semaines où les pilotes de 12 à 16 ans dormiraient sur place, bénéficieraient de cours de physio, de nutrition et de 8 heures de simu quotidiennes. Une pépinière 3.0 qu’il financerait via sa fondation, avec des partenaires comme Simucube ou Heusinkveld déjà pressentis.
La FIA suit le dossier de près. Si le projet voit le jour, il pourrait servir de modèle pour une nouvelle filière d’accès à la F4, reposant sur des licences esport délivrées après validation d’un parcours sim-racing. Verstappen, désormais ambassadeur involontaire, résume : « On ne remplace pas le vrai, mais on démocratise l’accès au savoir. »
Conclusion : une maison tournée vers l’avenir du sport automobile
Verstappen envisage une maison autour d’un simulateur de course plus grand, et ce n’est pas qu’un caprice de star. C’est la matérialisation d’une conviction : le virtuel façonne déjà le réel, et demain il sera la passerelle la plus rapide vers le podium. Entre bunker high-tech, laboratoire mobile et école de demain, le futur foyer du champion pourrait bien devenir le Saint-Graal d’une génération qui apprend à frever avant d’apprendre à freiner. Les architectes en herbe sont prévenus : dessinez d’abord le cockpit, puis construisez la maison autour.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.