Verstappen partage des idées avec la FIA pour contrer le « yo-yo racing » en F1 2026

La saison 2026 de Formule 1 a démarré sur les chapeaux de roues à Melbourne, avec 120 dépassements enregistrés lors du grand prix d’Australie. Pourtant, les pilotes n’ont pas applaudi cette statistique. Max Verstappen, champion du monde en titre chez Red Bull, a critiqué ce qui ressemble à du « yo-yo racing » : des dépassements artificiels dus à la gestion de l’énergie électrique, où un pilote double grâce à un boost massif avant de se faire repasser faute de batterie.

Ce phénomène, exacerbé par les nouvelles réglementations, inquiète la majorité des pilotes. À Shanghai, avant le week-end de sprint, Verstappen a partagé plusieurs idées avec la FIA pour améliorer le spectacle. Ces propositions visent à long terme, mais soulignent l’urgence d’ajustements pour rendre les courses plus naturelles.

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Le yo-yo racing décrypté après Melbourne

À Albert Park, les 120 overtakes ont été multipliés par trois par rapport à l’édition précédente. Mais comme l’explique Verstappen : « Parfois vous avez des safety cars, des virtual safety cars, donc vous ne pouvez jamais dire : maintenant il y avait 120 dépassements et puis 60. Ça dépend de comment la course se déroule. Ce n’est pas noir ou blanc que plus c’est toujours mieux. »

Les dépassements se produisaient surtout sur les lignes droites, bien avant les freinages, grâce à des déploiements différents d’énergie électrique. Oliver Bearman d’Haas a résumé l’anecdote : « J’ai appuyé sur le bouton boost, et j’ai volé sur les lignes droites. C’était comme si j’étais en F1 et les autres en F2. Mais après, il faut recharger, sinon vous êtes mort sur la suivante. »

Lando Norris de McLaren a qualifié cela de « pire qu’un tour de qualification » et « trop artificiel ». Sergio Perez, coéquipier de Verstappen, parle de racing « très fake », style Mario Kart. Charles Leclerc ajoute une couche stratégique : « Ce n’est plus seulement dépasser, il faut le faire avec le moins d’énergie possible. »

Ce yo-yo – double, se fait doubler – compte officiellement comme deux overtakes, mais les pilotes veulent du combat roue contre roue, comme l’extérieur d’Oscar Piastri sur Lewis Hamilton l’an dernier.

Franco Colapinto d’Alpine tempère : Melbourne exagère le problème avec ses sections rapides et son manque de freinages lourds. À Shanghai, avec plus de zones de récolte d’énergie, ça devrait s’améliorer.

Les critiques unanimes des pilotes

La quasi-totalité des pilotes soutient Verstappen. Isack Hadjar de Red Bull Racing confirme : « C’est plus une chose de Melbourne, oui, mais c’est la tendance. Ça va être comme ça cette année. » L’absence de joie post-course à Albert Park en dit long.

Verstappen espère des changements après l’évaluation FIA post-sprint en Chine : « J’espère que ce ne sera pas comme ça toute l’année. Ça dépend des circuits, mais aussi de l’usage de la batterie. Aucun pilote n’apprécie ça tel quel. » La critique acerbe de Verstappen et Norris sur les règles F1 2026 après Melbourne détaille ces échanges au briefing pilotes.

Les stratégies convergent déjà : après un début chaotique, la seconde moitié de course s’est stabilisée. Leclerc rappelle des astuces passées, comme à Djeddah 2022 avec Verstappen pour le DRS.

Pourtant, l’apprentissage ne suffit pas. Les équipes et pilotes montent au créneau pour des ajustements. Comme le note Verstappen appelle la FIA à agir sur les règles F1 2026, les plaintes collectives poussent la FIA à réagir.

Piastri anticipe du mieux à Shanghai grâce aux freinages et virages lents, malgré la ligne droite de 1,2 km. L’enjeu reste la dépendance au boost et à la recharge.

Les propositions de Verstappen à la FIA

Verstappen a transmis des idées à la FIA, surtout à long terme. « Pour cette saison, ce sera difficile. Espérons pour 2026 des changements plus grands. Pour cette année, viser des vitesses normales, même avec moins de puissance batterie. » Il cible aussi le lifting en qualif : « Ça punit le pilote qui veut aller le plus vite. Les plus rapides passaient plus de temps à fond, maintenant c’est contre-productif. »

Réduire la part électrique en course trim éviterait lift-and-coast et super clipping vu chez McLaren à Bahreïn. Mais ça éloigne du 50/50 et ralentit les tours. Verstappen rétorque : « Ils auraient dû y penser plus tôt. On veut des vitesses normales pour conduire naturellement. »

Ses idées, majoritairement personnelles, visent le bien du sport : « C’est mieux pour tout le monde, ça améliore le racing. » Malgré le risque de froisser Mercedes et Ferrari, forts en gestion énergie, il insiste sur les visages déçus à Melbourne.

Pour le court terme, ajuster déploiement et récolte. La FIA évalue post-Chine. Autosport rapporte en détail ces échanges.

Verstappen assume : « La plupart vient de moi, mais c’est pour le sport. »

Perspectives pour Shanghai et au-delà

Shanghai, avec ses freinages abondants, promet moins de yo-yo. Piastri : « Ici, plus facile de récolter avec les virages lents. » Colapinto espère moins d’exagération qu’à Melbourne.

La FIA pourrait calibrer l’overtake mode, sous-utilisé selon les pilotes. L’énergie domine encore le boost. L’évolution des stratégies, vue en fin de course australienne, devrait s’accélérer.

Verstappen doute d’une amélioration radicale sans changements. Les leaders actuels pourraient résister, mais le consensus pilotes pèse. Comme sur Motorsport.com, la FIA promet des ajustements mesurés.

La saison révélera si Melbourne était un cas isolé ou la norme. Les fans attendent du pur racing.

En conclusion, les idées de Verstappen marquent un tournant. Si la FIA agit vite, la F1 2026 pourrait retrouver son essence. Shanghai sera décisif pour le championnat naissant, avec des implications sur la motivation des pilotes et l’attrait du spectacle. L’avenir dépend de cet équilibre entre innovation et naturel.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.