Verstappen critique la démotion de Liam Lawson chez Red Bull en F1 2025 : une décision brutale qui divise
Max Verstappen n’a pas mâché ses mots concernant la gestion de son coéquipier Liam Lawson en début de saison 2025. Le quadruple champion du monde a ouvertement critiqué la décision de la direction de Red Bull de rétrograder le pilote néo-zélandais après seulement deux Grands Prix, dénonçant une attitude précipitée et injuste envers un jeune talent prometteur. Cette prise de position du Néerlandais révèle les tensions croissantes au sein de l’écurie championne du monde et interroge la politique parfois impitoyable de l’équipe à l’égard de ses pilotes.
L’épisode Lawson restera comme l’un des plus courts et des plus controversés de l’histoire récente de Red Bull. Promis à un avenir brillant après avoir impressionné lors de ses remplacements en 2023 et 2024, le jeune protégé du programme Junior devait enfin avoir sa chance au sein de l’équipe principale. Cependant, son rêve s’est rapidement transformé en cauchemar alors que la direction décidait de mettre un terme à son expérience avant même qu’elle ne commence réellement.

Les critiques cinglantes de Verstappen sur la démotion de Liam Lawson en F1 2025
Une déception partagée en interne
Dans une interview accordée à Viaplay, Max Verstappen a révélé qu’il s’était opposé frontalement à Christian Horner sur ce dossier. Ses propos, sans ambiguïté, démontrent son désaccord profond avec la stratégie de l’écurie : “Deux courses pour un coéquipier, je n’étais pas d’accord avec ça à ce moment-là”, a-t-il confié au média néerlandais. Le pilote de Red Bull a même utilisé des termes particulièrement durs pour qualifier la situation : “Je lui ai dit : ‘Tu tués la chance de quelqu’un dans une équipe de pointe’. Ce n’était pas bon.”
Cette prise de position publique est rare pour Verstappen, habituellement discret sur les décisions de management. Elle souligne à quel point la décision a choqué au sein même de l’écurie. Le champion du monde a insisté sur le manque de temps accordé au jeune pilote pour s’adapter : “J’ai aussi dit de le laisser tranquille, parce que deux courses, c’est beaucoup trop tôt pour faire un choix.” Pour le pilote néerlandais, une évaluation aussi rapide ne pouvait être objective ni juste, d’autant plus que Lawson découvrait deux circuits nouveaux pour lui.
Le contexte difficile de la RB21
La saison 2025 a débuté sous de sombres auspices pour Red Bull. La RB21, avec ses nouvelles réglementations aérodynamiques, s’est révélée particulièrement capricieuse et difficile à dompter. Liam Lawson, qui n’avait jamais piloté à Albert Park ni à Shanghai, s’est retrouvé plongé dans une situation quasi-impossible. Sans expérience de ces circuits et face à une voilure qui ne répondait pas comme prévu, ses performances ont naturellement souffert.
Max Verstappen lui-même a éprouvé des difficultés avec cette monoplace, bien que son talent ait permis de camoufler les défauts du châssis. Le Néerlandais a expliqué que la compréhension du véhicule passait par de nombreux détails : “La différence, c’est aussi la façon dont tu construis un week-end, et la manière dont tu travailles avec ton ingénieur. Parce que tout se joue vraiment sur les détails.” Pour Lawson, privé du temps nécessaire pour s’acclimater, la tâche était démesurée.
La gestion implacable du talent chez Red Bull Racing
Un cycle infernal pour les coéquipiers
L’histoire de Red Bull est jalonnée de pilotes prometteurs sacrifiés sur l’autel de la performance immédiate. Liam Lawson rejoint une longue liste de talents qui n’ont pas eu le temps de s’épanouir aux côtés de Max Verstappen. Sergio Pérez, malgré cinq victoires et plusieurs saisons complètes, a lui aussi été écarté après une spirale négative en 2024. Sa succession rapide a démontré que le second baquet de l’équipe de Milton Keynes était devenu un poste à haut risque.
Le cycle s’est accéléré avec Lawson, qui a disputé moins de courses pour Red Bull que certains pilotes n’en font en un week-end. Cette gestion impitoyable pose question sur la capacité de l’écurie à développer ses pilotes. Verstappen a d’ailleurs souligné la résilience de son ancien coéquipier : “Je dois dire que Liam s’est bien remis de ça chez Racing Bulls. Parce qu’il aurait aussi pu se dire : ‘laissez tomber, je n’en ai plus rien à faire’.”
L’impact psychologique sur les jeunes pilotes
La démotion brutale de Lawson n’a pas seulement des conséquences sportives. Psychologiquement, une telle décision peut marquer un pilote à vie. Être promu dans une équipe de pointe, puis rétrogradé presque immédiatement sans véritable chance de se prouver, représente un traumatisme professionnel majeur. Pourtant, Lawson a montré une résilience remarquable lors de son retour chez Racing Bulls, où il a su rebondir et reconstruire sa confiance.
Cette situation illustre la pression énorme qui pèse sur les pilotes du programme Junior Red Bull. Chaque course peut être la dernière, chaque erreur fatale. Max Verstappen semble avoir pris conscience de cette réalité : “Finalement, Yuki est arrivé. Et ça montre bien que c’était compliqué.” Ses propos impliquent que même Tsunoda, plus expérimenté, n’a pas trouvé la tâche facile à la suite de Lawson.
Les conséquences à long terme pour Red Bull et la F1
Une politique de pilotes sous le feu des projecteurs
La gestion expéditive de Lawson a relancé le débat sur la politique de pilotes de Red Bull. L’écurie, connue pour son programme de jeunes talents parmi les plus performants du paddock, est aussi critiquée pour sa rapidité à se séparer de ses protégés. Cette approche, si elle peut sembler efficace à court terme, pourrait à long terme dissuader les jeunes pilotes de rejoindre le programme.
Max Verstappen, en s’exprimant publiquement, a peut-être voulu envoyer un message à sa direction. Son influence au sein de l’écurie est considérable, et son désaccord pourrait inciter Red Bull à revoir sa stratégie. Le pilote néerlandais a même évoqué sa vision idéale d’une équipe : “Si j’étais patron d’écurie, je mettrais clairement en place un numéro 1 et un numéro 2. Mais évidemment un numéro 2 qui peut tout de même marquer suffisamment de points pour jouer le championnat constructeurs.”
L’avenir de Lawson et la leçon du passé
Liam Lawson aura une nouvelle chance de s’illustrer en 2026, cette fois en tant que pilote leader de Racing Bulls aux côtés du rookie Arvid Lindblad. Cette promotion, même si elle reste en dehors de l’équipe principale, constitue une forme de reconnaissance de son talent. Verstappen s’est montré optimiste sur ses perspectives : “Je dois dire que Liam s’est bien repris chez Racing Bulls.”
L’année 2026 marquera un tournant réglementaire majeur, avec de nouvelles voitures et un nouveau règlement moteur. Ce contexte pourrait offrir à Lawson l’opportunité de démontrer pleinement son potentiel sans la pression étouffante d’être le coéquipier de Verstappen. Le Français Isack Hadjar prendra quant à lui la place laissée vacante aux côtés du quadruple champion du monde.
La saga Lawson à Red Bull en 2025 restera comme un exemple frappant de la dureté du sport automobile au plus haut niveau. Alors que les statistiques et les performances à court terme dictent souvent les décisions, Max Verstappen rappelle que le développement d’un pilote nécessite du temps, de la patience et surtout une réelle opportunité de briller. Ses critiques, loin d’être un simple coup de gueule, interrogent les fondements mêmes de la gestion moderne des talents en Formule 1. Pour Red Bull, l’enjeu sera désormais de concilier exigence de performance immédiate et développement durable de ses jeunes pilotes, sous peine de voir son prestigieux programme Junior perdre de son attractivité. La leçon de 2025 pourrait bien redéfinir la politique de l’écurie pour les années à venir. Grâce à son retour chez Racing Bulls, Liam Lawson aura la chance de prouver que la confiance de Verstappen n’était pas usurpée. Les circuits du monde entier attendront de voir si le jeune Néo-Zélandais peut transformer cette déconvenue en tremplin vers un avenir plus radieux.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.