Verstappen changement de dynamique dans la bataille McLaren et le déclin de Piastri en F1 : analyse d’un retournement de situation
La saison 2025 de Formule 1 a pris une tournure inattendue ces dernières semaines. Alors que McLaren semblait dominer la scène avec deux pilotes capables de s’affronter pour le titre, Max Verstappen a progressivement repris le dessus, profitant des difficultés internes de l’écurie orange. La bataille qui s’annonçait comme un duel exclusivement McLaren s’est transformée en un trio où le champion néerlandais apparaît de plus en plus menaçant. Au cœur de ce revirement, l’Australien Oscar Piastri traverse une période compliquée, marquée par une baisse de performance qui inquiète autant ses fans que ses ingénieurs.
Cette dynamique nouvelle redéfinit totalement les enjeux des dernières courses. Alors que Lando Norris semble maintenir un rythme régulier au sommet, son coéquipier peine à retrouver la superbe qui lui avait permis de compter 14 podiums en 16 courses. Le championnat pilotes, loin d’être plié, s’ouvre à de nouvelles possibilités qui enthousiasment les observateurs et inquiètent les stratèges de Woking.

Le retour en force de Verstappen qui bouleverse les équations
Le champion du monde en titre n’a pas mis longtemps à retrouver ses marques. Après une période de disette qui l’avait vu perdre son avance initiale, Verstappen a enchaîné trois victoires sur quatre courses, transformant une situation compromise en opportunité royale. À Austin puis à Mexico, il a démontré une capacité d’adaptation remarquable, profitant à la fois des erreurs de ses rivaux et des perfectionnements apportés à sa Red Bull.
Ce retour en forme s’accompagne d’une déconnexion notable des McLaren. L’écart de 52 points qui séparait Verstappen de Norris il y a encore quelques semaines a fondu comme neige au soleil. Le pilote néerlandais, loin de se satisfaire de cette remontée, affirme désormais ouvertement sa croyance en une victoire finale possible. “Oui, remporter ce championnat est possible”, a-t-il déclaré à sa descente de voiture après sa victoire à Austin, un message clair adressé à ses rivaux.
Ce changement de dynamique s’explique en partie par les performances des Ferrari de Charles Leclerc, qui sont parvenues à intercaler entre les McLaren lors de certaines courses. Cette capacité des Rossa à voler des points précieux aux pilotes orange a indirectement favorisé les intérêts de Verstappen. Le big boss de la Scuderia, John Elkann, semble avoir enfin trouvé la recette pour tirer le meilleur de son package, rendant la tâche des pilotes McLaren encore plus complexe.
Piastri en déclin : les chiffres qui inquiètent
La statistique est implacable. Après un début de saison étincelant ponctué de 14 podiums en 16 courses, Oscar Piastri a enchaîné quatre épreuves sans monter sur la boîte. Ce décrochage coïncide précisément avec la remontée de Verstappen, créant une situation quasi-parfaite pour le champion du monde. L’Australien, qui semblait confortablement installé en tête du championnat, voit désormais son avance fondre comme neige au soleil.
Le problème ne se limite pas à la simple malchance. À Bakou, un abandon a certes couté cher, mais ce sont surtout les performances à Austin et Mexico qui inquiètent. Sur ces deux circuits, Piastri n’a pas été en mesure de suivre le rythme de son coéquipier, que ce soit en qualifications ou en course. L’écart, souvent de trois à quatre dixièmes par tour, permet à Norris de s’affirmer comme leader naturel de l’équipe au moment le plus crucial de la saison.
Cette perte de vitesse s’accompagne d’une prise de conscience douloureuse. Piastri lui-même a admis avoir dû “changer des choses assez majeures” dans sa manière de piloter. Une déclaration rare chez un pilote de son niveau, qui révèle l’ampleur des difficultés rencontrées. Le jeune homme de 24 ans, habitué à briller dans des conditions stables et prévisibles, doit désormais apprendre à composer avec des phénomènes qui le déstabilisent.
Les raisons techniques d’un déséquilibre
L’explication de ce déclin réside dans des détails techniques complexes. Sur les pistes récentes d’Austin et Mexico, l’adhérence a été particulièrement capricieuse. Ces circuits présentent une surface glissante, des températures de piste élevées mais une adhérence globale faible. Dans ces conditions, le style de pilotage de chaque pilote est mis à rude épreuve.
Lando Norris excelle précisément dans ces registres difficiles. Ses inputs au volant doux et progressifs lui permettent de travailler avec le manque de grip plutôt que de le combattre. Il fait coïncider parfaitement angle de volant, filet de gaz et pression de frein pour obtenir une mise en rotation précoce mais contrôlée. Cette approche lui donne un avantage décisif sur pistes glissantes.
Oscar Piastri, en revanche, brille lorsque l’adhérence est consistante et prévisible. Son point fort réside dans des freinages tardifs suivis d’angles de braquage francs. Une technique redoutable quand le pneu répond exactement comme attendu, mais plus délicate à gérer quand l’adhérence varie. Sur les circuits américains, cette approche a généré des hésitations au moment du déclenchement de la rotation, perdant des centièmes vitaux à chaque virage.
Le phénomène se mesure précisément dans les données télémétriques. Piastri perd “un peu partout” – pas une faiblesse unique, mais un cumul de petits retards. L’ingénieur de performance doit convertir ces sensations en cibles concrètes : différentiel plus ouvert à l’entrée des virages, cartographie moteur qui lisse la remise des gaz, travail sur le brake migration pour stabiliser le transfert de charge. Chaque paramètre compte pour regagner ces précieux dixièmes.
La stratégie McLaren entre deux feux
La situation crée un dilemme stratégique majeur pour McLaren. L’écurie britannique doit gérer à la fois la lutte interne entre ses deux pilotes et la menace externe de Verstappen. La meilleure preuve de la complexité des enjeux est comptable : pour battre une Red Bull menée par Verstappen, il vaut mieux deux McLaren au contact qu’une seule. Un Piastri à trois ou quatre dixièmes du rythme aide moins l’équipe dans sa stratégie globale.
Max Verstappen lui-même a pris position sur cette question, défendant ouvertement Oscar Piastri face à une potentielle mise en quarantaine. “Pour moi, il n’est absolument pas un pilote numéro deux et si j’étais lui, je ne l’accepterais jamais”, a-t-il affirmé avec sa franchise habituelle. Le triple champion du monde estime que Piastri est “trop bon pour juste épauler Norris”.
Cette prise de position révèle la perception qu’a Verstappen de la menace répresentée par un Piastri au meilleur de sa forme. Il sait que chaque point perdu par l’Australien est un point gagné pour lui, mais il préfère gagner sur la piste plutôt que par la stratégie d’équipe adverse. Cette attitude confirme le respect qu’il porte à son jeune rival, malgré la différence d’expérience.
Pour McLaren, la gestion de cette situation relève de l’équilibre subtil. L’écurie doit encourager Piastri à retrouver son niveau tout en supportant Norris dans sa lutte pour le titre. Les réglages expérimentaux, les évolutions de pièces, les priorités de piste – chaque décision est scrutée à la loupe. La moindre indication de favoritisme serait immédiatement interprétée comme une trahison de l’esprit sportif.
Les leviers de redressement pour Piastri
La bonne nouvelle pour Oscar Piastri est que cette situation est parfaitement reversible. L’Australien a déjà commencé le travail d’adaptation nécessaire. Au Mexique, malgré une course perturbée par le trafic, il a appliqué des changements et estimé avoir “probablement fait des pas en avant”. Ces progrès, même masqués par les circonstances, sont essentiels pour la suite.
Interlagos représente une opportunité idéale pour rebondir. Le circuit brésilien offre une adhérence plus consistante et un tracé qui devrait mieux correspondre aux forces naturelles de Piastri. Les virages rapides en appui du premier secteur, combinés à une gestion d’énergie cruciale, créent un environnement où son style de freinage tardif et ses angles francs pourraient à nouveau devenir des armes redoutables.
Les axes de travail sont clairs :
- Revenir à ses fondamentaux quand les conditions le permettent : freinages tardifs propres, pointes de rotation claires
- Valider en simulateur un set-up qui ouvre la fenêtre de confiance dès l’entrée de virage
- Peaufiner le warm-up pneus pour éviter la sensation de “tapis volant” en début de relais
- Optimiser la répartition de frein virage par virage, en s’appuyant sur la télémétre de référence
- Se concentrer sur les détails gratuits : qualification propre, gestion des ERS, propreté à Juncao
Le mental joue un rôle équivalent au technique. Les champions ne gagnent pas en évitant toute baisse de forme, ils gagnent en la circonscrivant rapidement. Cette parenthèse américaine aura eu une vertu : rappeler que même un pilote en pleine ascension doit savoir naviguer dans l’imperfection. C’est souvent là que l’on découvre la texture réelle d’un futur champion.
Verstappen, Norris et Piastri : un trio inédit pour un final explosif
Le championnat entre désormais dans sa phase la plus intense. Avec six Grands Prix et trois sprints restants, chaque point acquiert une valeur disproportionnée. La dynamique actuelle voit Verstappen comme le prédateur qui sent la proie affaiblie, Norris comme le leader mal à l’aise dans son rôle de favori, et Piastri comme l’outsider qui doit prouver qu’il peut rebondir.
Les circuits à venir joueront un rôle décisif. Si Interlagos devrait favoriser le retour de Piastri, les courses suivantes présenteront des défis variés. Las Vegas avec ses températures froides, Qatar avec son asphalte abrasif, Abu Dhabi avec ses exigences aérodynamiques extrêmes – chaque rendez-vous testera des aspects différents du package McLaren et des capacités d’adaptation des pilotes.
Pour Verstappen, l’objectif est simple : maintenir la pression maximale sur chaque course. Sa déclaration après Austin – “Il faut qu’on maintienne la dynamique” – résume parfaitement la stratégie. Il sait que chaque erreur de McLaren est une opportunité à saisir, chaque point perdu par Piastri est un point gagné dans la course au championnat.
Le scénario d’une arrivée à égalité ou quasi-égalité avant Abu Dhabi n’est plus utopique. Certains observateurs imaginent même un trio à égalité de points avant la finale, une situation qui créerait une tension inédite dans l’histoire de la F1 moderne. Cette possibilité, aussi lointaine soit-elle, influence déjà les décisions stratégiques de chaque écurie.
La bataille ne se résume donc pas à la simple question de « qui McLaren préfère », mais à qui exploitera le mieux, semaine après semaine, l’adhérence réellement disponible. Et là, malgré son déclin récent, Oscar Piastri garde toutes les cartes en main pour reprendre sa marche en avant. Le vrai champion n’est pas celui qui ne tombe jamais, c’est celui qui se relève plus fort à chaque fois – et repart à l’attaque, tour après tour, jusqu’au drapeau à damier.
Le dénouement s’annonce digne des plus grandes saisons de F1, où la technicité, le mental et la stratégie se mêlent pour créer des épisodes mémorables. Que chaque virage soit une chance d’apprendre, chaque tour un pas vers l’excellence, et chaque course l’occasion de prouver que la ténacité finit toujours par payer.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.