Valentino Rossi et l’ambition Hypercar WEC 2026 : entre rêve et obstacles

MotoGP

La légende du MotoGP Valentino Rossi continue de nourrir un rêve qui semble de plus en plus difficile à réaliser : piloter une Hypercar en Championnat du monde d’endurance. Après deux saisons en catégorie LMGT3 avec l’équipe BMW WRT, le nonuple champion du monde de moto garde espoir de franchir le cap vers la catégorie reine, même si les obstacles se multiplient sur sa route vers le programme Hypercar en WEC 2026.

valentino-rossi-hypercar-dream_0.jpg

L’ambition contrariée de Valentino Rossi pour le programme Hypercar en WEC 2026

Valentino Rossi a révélé avoir passé l’intégralité de la saison 2025 à tenter de construire un programme Hypercar pour 2026. Ces efforts intenses n’ont malheureusement pas encore porté leurs fruits, laissant le champion transalpin dans l’incertitude quant à son avenir en sport automobile. Lors du dernier week-end de course à Bahreïn, Rossi s’est confié sur ses difficultés à concrétiser ce projet qui lui tient tant à cœur.

“L’Hypercar est plus similaire à une moto qu’une GT3, et j’apprécie vraiment la piloter”, a déclaré Rossi lors de son passage à Bahreïn. “Depuis ce moment-là dans le test de Bahreïn, nous avons essayé de courir en Hypercar cette année, mais ce n’était pas possible.” Ces mots témoignent de la frustration d’un pilote qui se sent à l’aise dans ce type de voiture mais ne parvient pas à décrocher son sésame.

Le pilote italien a poursuivi en expliquant sa démarche tout au long de 2025 : “Pendant toute cette saison, nous avons essayé de courir en Hypercar pour l’année prochaine, mais malheureusement, ce n’était pas possible. Il semble que ce soit difficile de courir en Hypercar. Je ne sais pas si cela arrivera, c’est dommage.” Cette franchise démontre que malgré son statut de légende et son talent reconnu, obtenir un baquet en catégorie reine reste un défi majeur.

BMW dispose d’un vivier important de pilotes, notamment de nombreux jeunes talents qu’elle souhaite promouvoir. Cette situation complique considérablement les ambitions de Rossi, qui se trouve en concurrence avec une nouvelle génération de pilotes. L’équipe WRT, partenaire officiel de BMW en Hypercar et qui gérera également le programme GTP en IMSA à partir de 2026, représente la meilleure porte d’entrée pour l’Italien, mais les places se font rares.

La relation étroite entre Rossi et Vincent Vosse, propriétaire de l’équipe WRT, pourrait néanmoins offrir quelques opportunités alternatives. Rossi a évoqué la possibilité de participer à des courses individuelles plutôt qu’à un championnat complet : “Cela peut être une bonne idée, mais je ne sais pas si c’est possible, car généralement quand on court avec une Hypercar, c’est pour toute la saison.”

L’expansion du programme WRT vers l’IMSA pourrait également ouvrir des perspectives intéressantes. Les courses d’endurance du championnat américain, notamment celles faisant partie de la Michelin Endurance Cup, nécessitent souvent des pilotes additionnels. “Cela peut être une chance, parce que WRT va aussi gérer le programme IMSA l’année prochaine. Donc peut-être que ce sera possible. Je ne sais pas, j’espère”, a confié le pilote italien.

Les performances convaincantes de Rossi en LMGT3 face aux obstacles du programme Hypercar WEC 2026

Depuis son arrivée en WEC en 2024 avec l’introduction de la réglementation LMGT3, Valentino Rossi a démontré qu’il n’était pas simplement une attraction marketing. Au volant de la BMW M4 GT3 EVO numéro 46 qu’il partage avec Kelvin van der Linde et Ahmad Al Harthy, l’Italien a décroché quatre podiums en seize courses sur deux saisons. Sa progression constante a culminé lors des 6 Heures d’Imola 2025, où il est passé tout près de la victoire dans sa catégorie.

Ces résultats prouvent que Rossi possède les compétences nécessaires pour être compétitif en sport automobile, malgré une reconversion relativement tardive après sa retraite du MotoGP en 2021. Son style de pilotage, forgé par plus de deux décennies au plus haut niveau de la moto, s’avère particulièrement adapté aux prototypes, selon ses propres dires. Cette affinité naturelle avec les Hypercars renforce sa frustration de ne pas pouvoir accéder à cette catégorie.

Cependant, les changements attendus dans la composition des équipages LMGT3 de WRT pour 2026 compliquent également son maintien dans le championnat du monde. Anthony McIntosh et Parker Thompson semblent en passe de former l’un des duos Bronze/Silver, tandis que Darren Leung et Sean Gelael sont également pressenti pour revenir chez WRT après une année passée chez United Autosports. Ces mouvements dans le paddock de l’endurance reflètent la compétitivité accrue du championnat.

Vincent Vosse, le patron de WRT, est resté évasif sur l’avenir de Rossi au sein de son équipe. “Je dirais que c’est à lui de décider ce qu’il veut faire”, a déclaré Vosse à Sportscar365. “Nous ne lui imposons rien. Nous vérifions ce qu’il pourrait faire. Nous cherchons également des solutions s’il ne fait pas le WEC.” Ces propos suggèrent que la relation entre Rossi et WRT pourrait se poursuivre sous une autre forme, possiblement en GT World Challenge Europe où l’Italien a concouru par le passé.

La situation contractuelle de Rossi ajoute une couche d’incertitude supplémentaire. Son contrat de trois ans en tant que pilote officiel BMW arrive à échéance fin 2025. Bien qu’un renouvellement soit attendu, les termes de ce nouvel accord et le programme qui l’accompagnera restent flous. “Nous ne savons toujours pas ce que nous ferons, quel championnat”, a admis Rossi. “Le WEC peut certainement être une option. Nous verrons avec BMW dans les prochains mois.”

L’Italien conserve également la possibilité de retourner au GT World Challenge Europe, championnat dans lequel il a couru à temps plein durant ses deux premières saisons en sport automobile. En 2025, il a d’ailleurs effectué quelques apparitions ponctuelles, notamment aux 24 Heures de Spa avec CrowdStrike, à Misano en Sprint Cup, et surtout aux 8 Heures d’Indianapolis présentées par AWS où il a décroché une victoire mémorable. Ces succès démontrent sa polyvalence et sa capacité à briller sur différents circuits et formats de course.

Les défis structurels bloquant l’accès de Valentino Rossi au programme Hypercar en WEC 2026

L’un des obstacles majeurs auxquels Valentino Rossi fait face dans sa quête d’un baquet Hypercar réside dans la structure même des programmes de constructeurs en WEC. BMW, comme la plupart des manufacturiers engagés dans la catégorie reine, privilégie le développement de jeunes pilotes prometteurs plutôt que l’expérience de vétérans en reconversion. Cette philosophie, bien que compréhensible d’un point de vue commercial et sportif à long terme, laisse peu de place à des profils atypiques comme celui de Rossi.

Le nonuple champion du monde de moto se trouve dans une situation paradoxale : son nom et sa notoriété représentent une valeur marketing considérable, mais son âge et son parcours non conventionnel en sport automobile jouent en sa défaveur. “BMW a beaucoup de pilotes, beaucoup de jeunes pilotes. C’est difficile de trouver une place dans l’équipe d’usine”, a reconnu Rossi avec lucidité. Cette concurrence interne au sein de l’écurie allemande constitue un frein difficilement surmontable.

Les exigences financières et logistiques d’un programme Hypercar représentent également un défi de taille. Contrairement aux catégories GT où des arrangements ponctuels sont plus facilement envisageables, les programmes prototypes nécessitent généralement un engagement sur une saison complète. Les constructeurs investissent des budgets colossaux dans le développement et l’exploitation de leurs machines, ce qui les rend réticents à confier un volant à un pilote qui ne s’inscrirait pas dans une vision à long terme.

La complexité croissante du WEC et l’intensification de la concurrence rendent également plus difficile l’intégration de nouveaux pilotes en Hypercar. Les équipes recherchent des profils capables de contribuer au développement technique de la voiture tout au long de la saison, une expertise que Rossi, malgré son talent brut, n’a pas encore eu l’occasion de démontrer pleinement en prototype. Son unique expérience lors du test rookie de Bahreïn, aussi impressionnante soit-elle, reste insuffisante pour convaincre les décideurs.

L’option IMSA que Rossi évoque comme alternative pourrait toutefois offrir une porte d’entrée intéressante. Les courses d’endurance américaines, particulièrement les 24 Heures de Daytona, font traditionnellement appel à des pilotes additionnels pour compléter les équipages. WRT, en charge du programme GTP de BMW en IMSA dès 2026, pourrait théoriquement intégrer l’Italien dans certaines manches. Cependant, Rossi lui-même a tempéré les attentes concernant Daytona 2026 : “Je pense que pour l’année prochaine, ce sera difficile, parce que janvier est déjà là. Mais peut-être dans le futur.”

Le calendrier serré des championnats d’endurance constitue un autre facteur limitant. Entre le WEC et l’IMSA, les weekends de course se chevauchent parfois, obligeant les pilotes et les équipes à faire des choix stratégiques. Pour Rossi, qui souhaite maximiser son temps de piste en prototype, cette contrainte complique encore davantage l’équation. Il devra probablement se montrer flexible et patient, acceptant peut-être des opportunités ponctuelles avant de décrocher un programme complet.

Les perspectives d’avenir malgré les obstacles au programme Hypercar en WEC 2026 pour Valentino Rossi

Malgré les nombreux obstacles qui jalonnent son chemin vers un baquet Hypercar, Valentino Rossi refuse de baisser les bras. “Je ne renonce pas à avoir une chance dans le futur”, a-t-il affirmé avec la détermination qui a caractérisé toute sa carrière en MotoGP. Cette attitude combative pourrait finir par payer, surtout si l’Italien continue de démontrer ses capacités en piste, que ce soit en LMGT3 ou lors d’apparitions ponctuelles dans d’autres championnats.

L’évolution du paysage de l’endurance pourrait également jouer en faveur de Rossi. Le WEC connaît actuellement une phase de croissance avec l’arrivée prévue de nouveaux constructeurs et l’expansion des grilles dans toutes les catégories. Cette expansion pourrait créer des opportunités supplémentaires à moyen terme, notamment si de nouvelles équipes clientesdecident de s’engager en Hypercar. Dans un tel scénario, le profil de Rossi, alliant expérience, notoriété et vitesse brute, pourrait devenir un atout précieux.

La relation de longue date entre Rossi et Vincent Vosse pourrait s’avérer déterminante dans les prochains mois. Le patron de WRT a laissé entendre qu’il cherchait des “solutions” pour maintenir sa collaboration avec l’Italien, même si cela ne passe pas par le WEC. Cette fidélité mutuelle, construite depuis 2022, représente un capital confiance important qui pourrait faciliter l’émergence d’un projet inattendu. Vosse a prouvé par le passé sa capacité à monter des programmes ambitieux et à obtenir le soutien de partenaires pour concrétiser des projets audacieux.

L’expérience accumulée par Rossi en sport automobile depuis 2021 devient également un argument de plus en plus solide. Ses quatre années de compétition en GT, complétées par son essai en Hypercar, lui ont permis de développer une compréhension approfondie des voitures modernes d’endurance. Cette courbe d’apprentissage, bien que longue pour un pilote de son calibre habitué à la victoire, constitue un investissement qui pourrait finalement porter ses fruits lorsque la bonne opportunité se présentera.

Une autre avenue possible serait celle des programmes clients en Hypercar. Avec l’arrivée de châssis comme l’Oreca LMDh ou les différentes voitures LMH disponibles pour des équipes privées, de nouvelles structures pourraient émerger et chercher à s’attacher les services d’un pilote au profil marketing aussi fort que celui de Rossi. Ces équipes, moins contraintes par les impératifs de développement de jeunes talents imposés aux constructeurs, pourraient se montrer plus flexibles dans leur recrutement.

Le temps joue cependant contre l’Italien. À 46 ans, chaque saison qui passe sans accès à un programme Hypercar rend son objectif plus difficile à atteindre. La fenêtre d’opportunité pour réaliser ce rêve se referme progressivement, même si son niveau physique et sa motivation restent intacts. Cette urgence pourrait le pousser à accepter des compromis, comme participer à des courses individuelles plutôt qu’à un championnat complet, ou explorer des options en dehors de BMW si son contrat n’est pas renouvelé dans les termes espérés.

Valentino Rossi se trouve donc à un carrefour de sa carrière en sport automobile. Entre l’incertitude concernant son avenir en WEC LMGT3, les portes qui se ferment pour un programme Hypercar complet en 2026, et les possibilités encore floues du côté de l’IMSA, le champion italien devra faire preuve de patience et de pragmatisme dans les mois à venir. Son parcours exceptionnel en MotoGP lui a appris à surmonter les obstacles et à saisir les opportunités quand elles se présentent. Si son rêve de piloter une Hypercar en compétition ne se concrétise pas immédiatement, sa détermination et sa passion pour la course laissent penser que ce n’est peut-être qu’une question de temps avant qu’il ne trouve la bonne formule pour franchir ce dernier cap dans sa reconversion. En attendant, le monde du sport automobile observe avec intérêt l’évolution de cette saga, espérant voir l’une des plus grandes légendes de la moto relever ce nouveau défi dans la catégorie reine de l’endurance.

Questions fréquemment posées

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.