Dans une décision soudaine et spectaculaire, la FIA a disqualifié les deux pilotes McLaren, Lando Norris et Oscar Piastri, du Grand Prix de Las Vegas 2025. Cette sanction, annoncée dans les heures suivant la course, résulte d’une usure excessive de la planche sous leur monoplace, une infraction technique qui relance complètement la course au titre mondial. Alors que le Britannique semblait filer vers sa première couronne, le drame s’est joué dans les garages, loin des regards des millions de téléspectateurs.
Les commissaires sportifs ont découvert lors des contrôles techniques d’après-course que les planches des McLaren MCL39 ne respectaient pas l'épaisseur minimale réglementaire de 9 mm. Des mesures précises ont révélé une usure anormale qui place l'équipe de Woking dans une position délicate, à deux courses seulement de la fin de la saison. Cette décision tombe comme un couperet et transforme la donne en tête du championnat des pilotes.

Usure de la planche F1 Las Vegas Grand Prix McLaren Norris Piastri : le déroulé des événements
La fin de course à Las Vegas avait pourtant semblé parfaite pour McLaren. Norris franchissait la ligne d’arrivée en deuxième position derrière Max Verstappen, consolidant son avance au championnat. Piastri, quant à lui, terminait quatrième, ramassant des points précieux. Les célébrations étaient déjà entamées dans le motorhome papaye lorsque les premières rumeurs ont commencé à circuler dans le paddock.
L'équipe technique de la FIA procède systématiquement à des inspections approfondies après chaque course. C’est durant ces vérifications de routine que les techniciens ont identifié une anomalie sur les deux monoplaces. Les planches, ces protections en résine situées sous le fond plat, présentaient une épaisseur inférieure à la limite autorisée. Les mesures effectuées sur plusieurs points ont confirmé la non-conformité, laissant McLaren sans véritable possibilité de recours.
Dans leur déclaration officielle, les commissaires ont expliqué : « L’usure des patins des voitures n° 81 et 04 a été constatée comme étant excessive. Les mesures ont révélé une épaisseur inférieure à 9 mm sur plusieurs points de contrôle, ce qui constitue une violation claire de l’article 3.5.9.e du règlement technique. » Cette citation, reprise par les médias spécialisés, laisse peu de place à l’interprétation.
Le règlement technique précis sur les planches
L'article 3.5.9.e du règlement technique de la FIA stipule sans ambiguïté que les trois points de mesure de la planche doivent afficher une épaisseur d'au moins 9 mm à l'issue de la course. Cette mesure vise à garantir que les monoplaces n'ont pas roulé à une hauteur trop basse, ce qui confererait un avantage aérodynamique significatif. La planche agit comme une protection mais aussi comme un témoin de l'usure et du comportement de la voiture sur la piste.
Les équipes savent depuis longtemps que cette réglementation est strictement appliquée. En mars dernier, Lewis Hamilton avait déjà été disqualifié du Grand Prix de Chine pour le même motif. Cet épisode aurait dû servir de leçon à l'ensemble du paddock. La Ferrari du septuple champion du monde avait montré des mesures similaires, avec des épaisseurs descendant à 8,4 mm et 8,5 mm selon les points de contrôle.
La technologie des planches a évolué ces dernières années. Composées de résine spécifique, elles doivent résister à des forces énormes tout en conservant leur intégrité structurelale. Sur un circuit comme Las Vegas, avec ses longues lignes droites et ses bosses caractéristiques du tracé urbain, l'usure est naturellement plus importante. Les ingénieurs doivent calculer précisément la dégradation anticipée, mais visiblement, McLaren a mal évalué les paramètres.
Conséquences sur le championnat du monde après l'usure de la planche F1 Las Vegas
La disqualification des deux McLaren modifie radicalement la donne au classement des pilotes. Avant cette décision, Lando Norris comptait 42 points d'avance sur Max Verstappen. Cette sanction ramène l'écart à seulement 24 points, redonnant espoir au champion du monde en titre. Verstappen, qui remportait la course, revient à égalité avec Oscar Piastri au second rang, avec l'avantage du nombre de victoires en sa faveur.
Pour McLaren, le bilan est sévère. L'équipe perd 30 points au championnat constructeurs, ce qui compromet sérieusement ses chances de décrocher le titre. En tant que directeur de l'équipe, Andrea Stella doit maintenant affronter une situation inédite : ses deux pilotes sont toujours en lice pour le titre, mais l'équipe elle-même voit ses objectifs s'éloigner. Cette dissonance créée un contexte stratégique complexe pour les deux dernières courses.
Les calculs sont implacables. Avec 58 points encore à distribuer entre le Qatar et Abu Dhabi, Norris ne peut plus se permettre la moindre erreur. Son avantage, confortable il y a encore quelques heures, est désormais tributaire d'une performance parfaite. Verstappen, habitué des fins de saison tendues depuis son duel avec Hamilton en 2021, se retrouve dans une position qu'il affectionne particulièrement : celui de l'outsider qui peut tout décrocher.
Les paris sportifs ont immédiatement réagi à l'annonce. Les cotes sur un titre de Verstenger se sont effondrées, passant de 7/1 à environ 3/1 en quelques minutes. Les bookmakers redoutent une remontée similaire à celle d’Abu Dhabi 2021, où le Néerlandais avait arraché le titre au dernier tour. L'incertitude plane désormais sur l'issue finale d'un championnat qui semblait plié.
McLaren face à un dilemme stratégique
La situation crée un paradoxe insolite chez McLaren : l'équipe doit gérer deux pilotes en lice pour le titre mondial, tout en sachant que ses erreurs techniques ont compromis son propre championnat constructeurs. Andrea Stella doit trouver un équilibre délicat entre soutenir Norris, leader au classement, et laisser Piastri jouer sa chance. L'Australien, avec sept victoires contre six pour Verstappen, détient la clé en cas d'égalité parfaite.
L'erreur technique révèle des failles dans les processus de l'équipe. Comment une équipe aussi expérimentée a-t-elle pu sous-estimer l'usure sur un circuit aussi spécifique que Las Vegas ? Les simulations des ingénieurs ont visiblement échoué à prendre en compte certains paramètres, peut-être liés au refroidissement anormal des composants par les températures nocturnes élevées du désert névadien.
Lando Norris, habituellement si loquace sur les réseaux sociaux, s'est montré particulièrement silencieux depuis l'annonce. Selon des journalistes présents dans le paddock, le Britannique aurait commenté : « C'est difficile à encaisser, surtout quand on a fait le travail sur la piste. Mais les règles sont les règles, nous devons nous en remettre à l'équipe pour comprendre ce qui s'est passé. » Ces propos, rapportés par RMC Sport, traduisent une déception palpable.
Oscar Piastri, de son côté, semble plus en colère que déçu. L'Australien, qui avait signé une performance solide en course, voit s'envoler une occasion de consolider sa deuxième place. Son entourage évoque une frustration légitime, d'autant que la sanction le place dans une position où il devra attaquer pour préserver ses chances, tout en ne compromettant pas celles de son coéquipier. Le dilemme est total.
Ce que signifie l'usure de la planche pour les courses à venir
Le paddock se déplace maintenant vers le Qatar, théâtre d'une course sprint qui offrira des points supplémentaires. Ce format, où les essais libres sont réduits et où la qualification du vendredi détermine la grille de sprint, complique encore la tâche des ingénieurs. Moins de temps pour peaufiner les réglages signifie marge de manoeuvre réduite pour éviter une usure similaire de la planche.
Abu Dhabi, finale de la saison, accueillera le dénouement. Le tracé de Yas Marina, avec ses longs relais et ses virages rapides, impose des contraintes différentes. Les températures devraient être plus fraîches, ce qui affectera la dégradation des pneumatiques et, par extension, l'usure du fond plat. McLaren devra absolument valider ses simulations avant ces deux rendez-vous décisifs.
La pression sur les épaules de Norris atteint son paroxysme. Le Britannique, qui n’a jamais remporté de titre mondial, affronte maintenant un champion aux dents longues qui a déjà renversé des situations comparables. Son mental sera décisif. Lors du dernier Grand Prix, on l’a vu nerveux au départ, commettant une petite erreur au premier virage. Ces détails, anodins en temps normal, prennent une importance capitale dans ce contexte.
Pour les fans de Formule 1, cette décision est un cadeau inespéré. Une saison qui semblait vouée à couronner enfin un nouveau champion voit son suspense renaitre de ses cendres. Les réseaux sociaux s'enflamment, les experts se divisent. Certains estiment que la sanction est juste et nécessaire pour préserver l'intégrité sportive. D'autres trouvent la peine excessive, soulignant que l'avantage gagné est négligeable sur une performance globale.
L'histoire retiendra que le championnat 2025 a basculé non pas sur la piste, mais dans le laboratoire de contrôle technique de la FIA. Cette disqualification double, une rareté dans l'histoire moderne de la F1, illustre à quel point la marge entre le succès et l'échec est mince au plus haut niveau. Les 0,5 mm manquants sur les planches de Norris et Piastri ont suffi à réécrire l'avenir d'un championnat entier.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.