Tyler Reddick a écrit une page d’histoire en NASCAR Cup Series cette saison 2026. Le pilote de la Toyota n°45 chez 23XI Racing a remporté les trois premières épreuves : la Daytona 500, l’Ambetter Health 400 à Atlanta et le DuraMAX Texas Grand Prix à COTA le 1er mars.[1][2] Il devient ainsi le premier pilote en 78 ans d’histoire à enchaîner ces trois succès d’ouverture, un triplé historique que nous avons détaillé dans notre article dédié.[3]
Ce parcours exceptionnel place Reddick face à un défi majeur : le quatre de suite, ou “four-peat” en anglais. Depuis le début de l’ère moderne en 1972, seuls huit pilotes y sont parvenus, tous des légendes intronisées au Hall of Fame NASCAR, dont six champions.[3] Avec un plateau ultra-compétitif sous l’ère Next Gen, prolonger cette série à Phoenix ce week-end s’annonce comme une mission ardue.

L’historique des quatre victoires consécutives en ère moderne
L’exploit du quatre de suite reste rare depuis 1972. Cale Yarborough l’a réalisé en 1976 lors de sa saison de domination pour son premier titre. Parti de Richmond, il a repoussé Bobby Allison d’une longueur de voiture, avant d’élargir l’écart à Dover (7 secondes sur Richard Petty), Martinsville (14 secondes sur Darrell Waltrip) et North Wilkesboro (un tour complet sur Benny Parsons). Chaque victoire a vu Yarborough mener plus de 200 tours, signe d’une suprématie totale.[3]
Darrell Waltrip a suivi en 1981 avec la même écurie Junior Johnson n°11. À Martinsville, il l’a emporté de 7,8 secondes sur Harry Gant, puis un tour d’avance sur Bobby Allison à North Wilkesboro et Charlotte. Le clou a été planté à Rockingham, où il a doublé Allison à 11 tours de la fin. Cette série a lancé sa première de trois campagnes victorieuses.
Dale Earnhardt, l’Intimidateur, y est parvenu en 1987 malgré une concurrence accrue. À Darlington, il profite de la panne d’essence de Bill Elliott au dernier tour. North Wilkesboro voit Kyle Petty distancé de quelques secondes, Bristol Richard Petty battu d’une seconde, et Martinsville Rusty Wallace tenu à distance. Titre à la clé cette année-là.
Harry Gant, surnommé “Mr. September”, l’a fait en 1991 à plus de 50 ans. Southern 500 gagné de 10 secondes sur Ernie Irvan, Richmond Davey Allison doublé à 18 tours du but, Dover un tour d’avance sur Geoff Bodine. À Martinsville, après un crash en tête, il remonte pour l’emporter devant Brett Bodine à 46 tours restants. Élu au Hall en 2025.
Les chemins sinueux vers le quatre de suite
Bill Elliott enchaîne en 1992 : Rockingham facile sur Davey Allison, puis photo-finish légendaire à Richmond contre Alan Kulwicki. Atlanta de 18 secondes sur Gant, Darlington en prenant la tête tardivement. Mark Martin suit en 1993, héritant du leadership à Watkins Glen après crash, dominant Michigan, track-position à Bristol contre Rusty Wallace à 12 tours de la fin, et Southern 500 sur Brett Bodine.
Jeff Gordon, en 1998 avec Hendrick, domine l’été : Pocono d’une seconde sur Martin, Brickyard 400, Watkins Glen passé Mike Skinner à quatre tours, Michigan en doublant Martin à 10 tours. Jimmie Johnson clôt la liste en 2007, au cœur de ses cinq titres consécutifs. Martinsville facile, Atlanta remontée folle après pits, Texas à deux tours sur Matt Kenseth, Phoenix sur Martin Truex Jr. à 23 tours.[3]
Ces huit pilotes illustrent l’élite : domination ou battles intenses, souvent suivies de titres. Yarborough, Waltrip, Earnhardt, Gordon et Johnson ont tous été champions la même année. Gant, unique non-champion, reste une icône tardive.
Le parcours héroïque de Tyler Reddick jusqu’ici
À Daytona, Reddick échappe à deux crashes finaux, menant un seul tour pour la plus grande victoire du sport.[4] À Atlanta, wreck tardif, il remonte en double overtime sans pare-chocs, tenant tête en vainqueur. Pour sa victoire historique à COTA, pole position et défense acharnée contre Shane van Gisbergen, superstar du road racing, dans les derniers tours.[2][5]
Ces succès sur deux drafts et un road course soulignent l’adaptabilité de Reddick. Passé sans victoire en 2025, il explose en 2026 avec 23XI et Toyota. “C’est incroyable, mais on vise plus”, a-t-il déclaré post-COTA, recréant la pose iconique de Michael Jordan, son co-propriétaire.[6]
La parité Next Gen rend cela plus dur : champs resserrés, stratégies clés. Reddick mène les standings, mais la pression monte.
Phoenix, terrain favorable mais piégeux pour Reddick
Phoenix Raceway accueille la course ce 8 mars, un ovale plat plus prévisible que les précédents.[7] Bon point pour Reddick, qui adore les 1-mile. Pourtant, son bilan est vierge en 12 départs : deux troisièmes places max, 20e et 26e l’an dernier malgré un record de tours en tête en 2024.
- Points forts : Vitesse en ligne droite, gestion pneus.
- Faiblesses : Qualifications moyennes, restarts critiques.
- Historique récent : Leaders comme Kyle Larson ou William Byron dominent souvent.
Reddick doit capitaliser sur sa forme. Simulations et essais montrent la Toyota compétitive. Détails complets sur son défi.
Les récents prétendants qui ont chuté
De nombreux stars ont buté au quatre de suite récemment. Christopher Bell, premier Next Gen trois de suite l’an passé, finit 12e à Vegas. Kyle Busch et Brad Keselowski en 2018, Kevin Harvick aussi, stoppés par wreck à Fontana. Kyle Larson deux fois en 2021, crevaison finale à Pocono. Joey Logano en playoffs 2015, crashé par Matt Kenseth.[3]
Ces échecs rappellent la difficulté. “C’est plus dur qu’avant”, note un analyste NASCAR.
Reddick rejoint une élite, mais la route est semée d’embûches.
Phoenix pourrait propulser Reddick vers les sommets du Chase 2026, ou briser la série. Avec son momentum, la Toyota de 23XI et Jordan dans les tribunes, tout est possible. Ce quatre de suite serait légendaire, renforçant ses chances au titre. Les fans retiennent leur souffle pour ce week-end décisif.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.