Toyota Gazoo Racing domine le Championnat du monde des rallyes (WRC) en 2026 avec une impressionnante série de podiums lockout lors des deux premières manches à Monte-Carlo et en Suède. L’équipe japonaise, championne des constructeurs pour la neuvième fois consécutive l’an dernier, reste invaincue au Rallye Safari du Kenya depuis le retour de l’épreuve au calendrier en 2021. Pourtant, le directeur d’équipe Jari-Matti Latvala table sur un retour rapide de Hyundai, en difficulté en début de saison.[1]
Interrogé par Autosport, Latvala a déclaré : « J’attendais qu’ils soient plus proches, mais à Monte et en Suède, ils ont peiné, donc j’anticipe qu’ils reviendront au niveau très proche du nôtre. Mais pourront-ils rattraper en Kenya ? C’est une inconnue. » Le Kenya n’est pas historiquement un terrain favorable à Hyundai, mais des événements suivants pourraient leur convenir davantage. Le temps presse dans le championnat, et une réaction rapide est essentielle pour rester dans la course.

La domination implacable de Toyota
Toyota a franchi une étape supplémentaire avec sa GR Yaris Rally1 cette saison, alignant constance et vitesse sur des surfaces variées. Les podiums 100 % Toyota en ouverture du championnat témoignent d’une préparation minutieuse pendant l’intersaison. Elfyn Evans mène le classement pilotes, fort de sa victoire à Monte-Carlo et d’un podium en Suède.
L’équipe aligne pas moins de cinq voitures au Kenya, un avantage numérique sur Hyundai qui n’en engage que trois. Outre Evans, Oliver Solberg (vainqueur de Monte-Carlo), Takamoto Katsuta et Sami Pajari font partie des réguliers, complétés par Sébastien Ogier dans son programme partiel. Ogier, champion en titre, avait brillé au Kenya en 2021 et 2023, avec une seconde victoire en 2023.[2]
La GR Yaris bénéficie d’améliorations spécifiques pour le Kenya, comme un système de snorkel pour éviter l’aspiration d’eau ou de sable. Juho Kankkunen, adjoint au directeur d’équipe, insiste sur la fiabilité plutôt que la vitesse pure : « Le Kenya est imprévisible, avec rochers cachés et boue potentielle. »
Malgré l’absence de tests pré-événement en Afrique, Toyota vise une nouvelle victoire pour consolider son avance. Katsuta, avec trois podiums au Kenya, et Pajari, quatrième en 2025, apportent de l’expérience. Solberg cherche une course propre pour accumuler des points.
Ogier, absent de Suède, renforce l’armada. Evans défend son succès de 2025 dans des conditions difficiles. Toyota, favorite logique, mise sur la survie dans ce rallye impitoyable.
Les défis de Hyundai et leur plan de riposte
Hyundai a surpris par sa contre-performance en début de saison, malgré des upgrades sur l’i20 N Rally1 pendant l’hiver. Le front-end et la boîte de vitesses ont été revus, mais l’exploitation reste inconstante, avec une fenêtre d’utilisation étroite. Andrew Wheatley, directeur sportif, admet : « Nous savons que la voiture est rapide, mais le défi est d’élargir la fenêtre pour les conditions changeantes du WRC. »[3]
Des upgrades supplémentaires, sans joker d’homologation, sont prévus dans quatre à six semaines, pour la Croatie en avril. Des tests intensifs (10 jours sur gravier et asphalte) ont eu lieu depuis la Suède. La version ‘Evo’ de l’i20 N fait ses débuts au Kenya, un événement de survie plus que de vitesse.
Le Kenya reste un point faible pour Hyundai, mais l’équipe est confiante après des tests sur gravier rugueux. L’an dernier, Ott Tänak et Thierry Neuville avaient signé un double podium (2e et 3e). Wheatley tempère : « Battre Toyota n’est pas facile, surtout avec leur progression hivernale. Nous rivalisons contre la Toyota 2026. »
Hyundai prépare des setups radicaux pour les rallyes à venir. Cyril Abiteboul mise sur une meilleure organisation. Malgré trois voitures seulement, l’équipe vise la fiabilité au Kenya pour rebondir.
Les équipes engagées et les favoris
Toyota mène avec cinq GR Yaris Rally1 :
- Elfyn Evans / Scott Martin (#33, leader du championnat)
- Oliver Solberg / Elliott Edmondson (#99)
- Takamoto Katsuta / Aaron Johnston (#18)
- Sébastien Ogier / Vincent Landais (#1)
- Sami Pajari / Marko Salminen (#5, WRT2)
Hyundai aligne trois i20 N Rally1, probablement avec Neuville, Tänak et un troisième pilote comme Esapekka Lappi ou Dani Sordo, vu les rotations. L’équipe coréenne cible une performance propre.[1]
M-Sport Ford et autres compléteront le plateau Rally1. En WRC2, attention à Lancia avec sa Ypsilon HF Integrale Rally2.
Les pilotes Toyota cumulent des victoires passées : Evans (2025), Ogier (2023, 2021), Rovanperä (2024, 2022). Hyundai doit survivre pour contrer.
Le parcours exigeant du Rallye Safari du Kenya 2026
Le rallye se déroule du 12 au 15 mars autour du lac Naivasha, avec 20 spéciales pour 350,52 km chronométrés sur 1227,86 km total. Pas de super spéciale à Kasarani cette année, focus sur la Great Rift Valley.[2]
Jeudi : Shakedown Nawisa, puis premières spéciales. Vendredi : boucle de huit étapes avec Camp Moran inversé. Samedi et dimanche : repeats comme Hell’s Gate en power stage.
Terrains variés : fesh-fesh de Kedong, savane rapide de Sleeping Warrior, rochers, eau, boue potentielle. Pneumatiques Hankook Dynapro obligatoires. Wildlife et météo imprévisibles ajoutent au défi.
Latvala note : « Au Kenya, pas besoin de performance absolue, mais fiabilité et pilotage sensé. » Pour en savoir plus sur l’itinéraire, consultez le site officiel du WRC.[4]
Enjeux et perspectives pour le championnat
Historiquement, Toyota règne au Kenya depuis 2021. Hyundai, double podium en 2025, veut réagir. La fiabilité primant, une crevaison ou casse peut tout changer.
Ce rallye marque un tournant : Toyota consolidera-t-elle ? Hyundai lancera-t-elle sa contre-attaque ? Les upgrades à venir pèseront sur la saison. Suivez l’aperçu Toyota pour les déclarations des pilotes.[1]
Le Safari Rally Kenya promet du spectacle dans sa forme condensée. Avec Toyota favorite mais Latvala prudent, le championnat reste ouvert. Une performance Hyundai pourrait relancer la lutte pour le titre constructeurs.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.