Takamoto Katsuta, en quête de sa première victoire en WRC, a émergé en leader du Safari Rally Kenya 2026 au terme d’un samedi dantesque. Parti septième le matin, le pilote Toyota a profité des déboires de ses rivaux pour s’emparer des commandes avec 1’25’’5 d’avance sur Adrien Fourmaux (Hyundai). Les conditions boueuses et les multiples crevaisons ont décimé le plateau, tandis que les organisateurs ont annulé l’ES16 en raison d’une averse torrentielle rendant la spéciale impraticable.[1][2]
Cette édition 2026 du Safari Rally Kenya confirme sa réputation de rallye le plus impitoyable du calendrier WRC. Quatre spéciales attendent encore les survivants dimanche, avec Katsuta en position de force mais sous pression constante des aléas kenyans.

Une journée de samedi marquée par la boue et les crevaisons
Le samedi a débuté sous des trombes d’eau, transformant les pistes en bourbiers traîtres. Dès l’ES12, les équipages ont exprimé leur colère face aux modifications de dernière minute apportées par les organisateurs pour contrer les raccourcis. Ces changements, incluant l’ajout de barrières et de pierres, ont provoqué des crevaisons doubles chez Katsuta, Elfyn Evans, Oliver Solberg et Sami Pajari.[3]
Katsuta, sans roue de secours, a levé le pied dans l’ES13 pour limiter les dégâts. Adrien Fourmaux, touché par une crevaison avant droite, a dû ménager son i20 N surchauffant pour rallier l’assistance. Ces incidents ont permis au Japonais de grimper au troisième rang provisoire à la mi-journée.
Les pilotes n’ont pas mâché leurs mots. « Je ne peux pas accepter ce changement de tracé ni l’ajout de barrières de dernière minute. C’est frustrant. Nous étions tous dans le même bateau : tout le monde a crevé à l’arrière droit, manifestement au même endroit », a dénoncé Katsuta.[3]
La matinée a ainsi vu un chamboulement total du classement, avec Pajari victime d’une explosion de pneu arrière droit dès l’ES12.
Les abandons qui ont propulsé Katsuta en tête
L’après-midi a été fatal pour les leaders matinaux. Oliver Solberg et Sébastien Ogier, coéquipiers chez Toyota, ont abandonné sur liaison avant l’assistance de midi. Solberg a souffert d’un alternateur cassé et d’un problème d’embrayage, tandis qu’un alternateur défaillant, probablement dû à la boue infiltrée, a stoppé Ogier.
Elfyn Evans avait déjà quitté la course plus tôt, son arrière droit de GR Yaris cédant après un choc contre un rocher en ES12, causant d’abord des crevaisons doubles. Thierry Neuville (Hyundai), après avoir géré une surchauffe matinale et changé deux pneus en ES14, a vu son arbre de transmission lâcher.
« C’était une séquence de problèmes : d’abord un impact avant gauche, puis double crevaison, et enfin l’arbre de transmission qui casse », a expliqué Neuville. Ces retraits ont catapulté Katsuta en tête avec 1’07’’5 sur Neuville, avant l’abandon de ce dernier.[2]
Fourmaux a profité du chaos pour signer la première victoire d’étape Hyundai et s’emparer de la deuxième place.
Classement provisoire après l’ES15
Le classement reflète les rescapés d’une journée impitoyable :
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- Takamoto Katsuta (Toyota) : 2h41’00’’2
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- Adrien Fourmaux (Hyundai) : +1’25’’5[1]
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- Sami Pajari (Toyota) : +5’29’’1 (pénalité 20’’) [1]
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- Esapekka Lappi (Hyundai) : +6’18’’5 (pénalité 2’10’’)
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- Robert Virves (Skoda, WRC2) : +9’42’’1
Pajari a signé le temps scratch de l’ES15, sauvant une troisième place devant Lappi, concentré sur la survie. Virves mène WRC2 devant Gus Greensmith.
Les Ford M-Sport de Jon Armstrong et Josh McErlean, endommagées, ferment le top 16.
Réactions sous tension dans des conditions « trop dangereuses »
Katsuta, stressé, a confié : « C’est beaucoup plus facile quand on se bat à fond partout. Là, c’est très stressant, j’essaie d’éviter chaque rocher, même les petits. » Il a aussi critiqué les conditions extrêmes : « Les conditions étaient bien plus boueuses que la veille. […] C’est tout simplement trop dangereux. »[3]
Fourmaux, deuxième, a temporisé : « J’ai vraiment pris soin de la voiture. C’était un super effort d’équipe à l’assistance. On a besoin d’un bon résultat. C’est beaucoup si je veux pousser pour rattraper Taka. On a déjà trois jours de course sur la voiture. »
Lappi, pragmatique, a déclaré : « J’essaie juste de finir, je ne me soucie pas du résultat. Ça n’a pas de sens de me battre. » Neuville a détaillé sa mésaventure technique.
Avant ce samedi chaotique, Oliver Solberg tenait la tête après le vendredi agité, comme nous l’avions analysé.
L’annulation de l’ES16 et les enjeux pour dimanche
Une averse dans la zone de Sleeping Warrior 2 a rendu la route trop glissante pour les véhicules de secours, forçant l’annulation de l’ES16. Les classements sont donc figés après l’ES15.[2]
Ce Safari Rally Kenya 2026, condensé et imprévisible, oppose Toyota dominant à une Hyundai résiliente. Consultez les résultats détaillés sur le site officiel WRC.[1]
Dimanche, quatre spéciales testeront la gestion des rescapés. Katsuta dénonce déjà les dangers, soulignant les risques pour pilotes et spectateurs.[3]
Katsuta rêve d’un premier triomphe mondial, mais Fourmaux et Pajari guettent la moindre erreur. Ce rallye pourrait redistribuer les cartes du championnat WRC 2026.
Takamoto Katsuta aborde la dernière journée en leader solide, mais le Safari Rally Kenya réserve toujours des surprises. Une victoire ici propulserait le Japonais au sommet et renforcerait Toyota face à Hyundai. Les fans attendent un final épique sous le soleil kenyan.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.