Takamoto Katsuta a enfin décroché sa première victoire en Championnat du monde des rallyes (WRC) lors d’un Safari Rally Kenya 2026 d’une brutalité historique. Le pilote Toyota, après quatre deuxièmes places dans sa carrière, a su gérer intelligemment les conditions extrêmes qui ont éliminé nombre de ses rivaux. Associé à Aaron Johnston, il s’impose avec 27,4 secondes d’avance sur Adrien Fourmaux (Hyundai), prolongeant ainsi la série invaincue de Toyota sur ce rallye depuis son retour au calendrier en 2021.
Ému aux larmes à l’arrivée, Katsuta a déclaré : « Je ne sais pas quoi dire. Nous avons eu tant de moments difficiles… Aaron a travaillé dur avec moi, l’équipe a toujours cru en moi même quand j’échouais. Merci à toute l’équipe, à Aaron, à ma famille et à Ott Tänak qui m’a soutenu à chaque instant. Enfin ici ! » Premier Japonais vainqueur depuis Kenjiro Shinozuka en 1992, cette réussite marque un tournant.[1]

Un jeudi pluvieux et un vendredi compliqué pour le leader japonais
Le Safari Rally Kenya a débuté sous une pluie torrentielle jeudi, transformant les spéciales en bourbiers imprévisibles. Katsuta a subi un coup dur dès la première spéciale avec une panne d’intercom, le privant de ses notes de reconnaissance et lui coûtant plus d’une minute. Quatrième au soir du jeudi, il a dû composer avec des conditions infernales.
Vendredi, une double crevaison avant avant en ES7 l’a forcé à lever le pied, sans roues de secours disponibles, le reléguant en septième place, à 1 min 53,3 s du leader. Malgré cela, sa gestion prudente a payé face à un terrain ravagé par la boue et les cailloux. Oliver Solberg (Toyota) dominait après avoir survolé la première spéciale, 30 secondes devant Elfyn Evans.
Sébastien Ogier, champion en titre, a lancé une remontée spectaculaire vendredi, dépassant Evans pour la deuxième place. Solberg conservait un écart d’une seconde sur Ogier après sa propre crevaison en ES8. Mais les crevaisons multiples ont commencé à peser sur tout le peloton.
Sami Pajari (Toyota), impressionnant avec quatre scratches vendredi, pointait quatrième avant samedi. Ces incidents initiaux ont posé les bases d’un week-end chaotique, où la survie primait sur la vitesse.
Le samedi noir : abandons en cascade et ascension de Katsuta
Samedi a été le jour du chaos absolu. Solberg menait avec 23,6 s d’avance sur Evans après la crevaison d’Ogier en ES11, qui lui a coûté deux minutes. Puis, Pajari a explosé son pneu arrière droit en ES12, perdant cinq minutes. Evans a suivi avec une casse de suspension arrière droite en ES13, due à un rocher en ES12 – son premier abandon depuis l’Acropolis 2024.
Hyundai a lutté contre des surchauffe dues à la boue obstruant les radiateurs. Thierry Neuville et Fourmaux ont navigué prudemment, permettant à Katsuta, touché par des doubles crevaisons en ES12, de grimper troisième derrière Solberg et Ogier. Comme nous l’avons détaillé lorsque Katsuta a pris la tête, les ennuis mécaniques ont tout changé.
Le tournant : Solberg et Ogier abandonnent sur la liaison vers le parc d’assistance, victimes de pannes d’alternateur (et embrayage pour Solberg). Katsuta hérite de la tête avec 1 min 25,5 s sur Fourmaux. L’ES16, la plus dure, est annulée pour raisons de sécurité.
Cette journée a vu une attrition record, soulignant la férocité du Safari. Katsuta, passé de septième à leader, a brillé par sa constance, comme rapporté après l’annulation de l’ES16.
Dimanche de contrôle et podiums mérités
Dimanche, Katsuta a adopté une approche sécuritaire avec son avance confortable. Fourmaux a poussé, mais le Japonais a tenu bon pour signer une victoire émouvante. Pajari s’est repris pour troisième place, son deuxième podium consécutif après la Suède.
Esapekka Lappi (Hyundai) finit quatrième malgré les surchauffe, tandis que Robert Virves gagne WRC2 devant Gus Greensmith. Les points Super Sunday ont été âprement disputés : Solberg en empoche 10, Evans 6.
Neuville sauve 3 points avant son abandon sur casse de cardan samedi. Chez M-Sport-Ford, Jon Armstrong termine 15e héroïquement malgré crevaisons et réparations, tandis que Josh McErlean abandonne sur boîte de vitesses et ingestion d’eau.
Cette journée a récompensé la gestion, confirmant la maîtrise de Katsuta selon le communiqué Toyota.
Classement final et impacts sur le championnat
Voici le top 5 final :
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- Takamoto Katsuta (Toyota)
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- Adrien Fourmaux (Hyundai) +27,4 s
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- Sami Pajari (Toyota)
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- Esapekka Lappi (Hyundai)
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- Robert Virves (WRC2)
Evans conserve la tête du championnat avec 9 points d’avance sur Solberg. Toyota domine toujours le Safari depuis 2021.[2]
Cette victoire booste Katsuta psychologiquement pour la suite. Hyundai doit résoudre ses problèmes de fiabilité, tandis que M-Sport souffre.
Perspectives pour le WRC 2026
La victoire de Katsuta à domicile pour Toyota renforce leur statut de favoris. Evans reste leader, mais Solberg et Pajari montent en puissance. Prochain rendez-vous : un championnat plus ouvert que jamais.
Ce Safari historique rappelle pourquoi ce rallye est légendaire : imprévisible et impitoyable. Katsuta en sort grandi, prêt à viser plus haut.[3]
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.