La stratégie de pneus lors du Grand Prix d’Italie à Monza cette année s’annonce particulièrement captivante, avec Pirelli favorisant une approche en un seul arrêt. En se basant sur les observations issues des essais, le manufacturier italien pense que cette stratégie sera la plus efficace. La faible dégradation des pneus, combinée à un bon niveau de grip dans des conditions thermiques stables, laisse peu de place aux stratégies alternatives. Résultat : les équipes devront faire preuve de rigueur et d’anticipation pour optimiser leur gestion des pneumatiques tout au long de la course.

Stratégie de pneus Grand Prix d’Italie : ce que Pirelli prévoit pour Monza
Selon Pirelli, le Grand Prix d’Italie devrait principalement se jouer sur une stratégie en un seul arrêt. La stabilité des pneus, en particulier des médiums, a été confirmée lors des essais libres et des qualifications, où la dégradation s’est avérée plus faible qu’attendue. En conséquence, cette approche permettrait aux pilotes de courir de manière plus agressive, sans craindre une perte trop rapide de performance.
Le principal avantage de cette stratégie unique réside dans la simplicité de gestion qu’elle offre aux équipes. En évitant plusieurs arrêts, elles peuvent mieux contrôler leur fenêtre de performance et réduire les risques liés à la météo ou à des incidents de course. Chez Pirelli, on souligne même que l’éventualité d’un arrêt supplémentaire (l’option “overcut”) reste possible pour certains pilotes, notamment ceux qui cherchent à gagner des places par une stratégie de dépassement plus tardive.
Ce choix stratégique a été renforcé par la constance observée lors des essais, où les pneus ont montré une dégradation peu significative, même lors des longues sorties. La recherche d’un compromis optimal entre performance et durabilité semble donc fortement penchée en faveur d’un seul arrêt, avec une gestion fine du premier stint pour maximiser l’impact de la dernière étape. Pour plus d’informations sur l’impact de la configuration aérodynamique sur ces stratégies, vous pouvez consulter notre analyse sur configurations aérodynamiques à Monza.
Options stratégiques pour les équipes face à la stabilité des pneus
En dépit de la prédominance d’une stratégie en un seul arrêt, les équipes n’ont pas totalement exclu quelques variantes pour tenter de tirer leur épingle du jeu. La gestion du premier stint, notamment la durée pendant laquelle les pilotes exploiteront leurs pneus médiums ou hards, sera cruciale pour ouvrir des possibilités en fin de course.
Certaines équipes pourraient envisager d’utiliser les pneus soft en fin de parcours pour bénéficier d’un avantage en vitesse pure lors du dernier relais, surtout si la course s’anime avec une voiture de sécurité. La possibilité de réaliser une stratégie “long run” sur le dur, permettant au pilote de conserver ses pneus en bon état, pourrait également jouer en faveur d’un dépassement.
Il faut noter que la faible dégradation réduit considérablement les opportunités d’un undercut efficace — sauf si une erreur ou un incident oblige une stratégie de dernière minute. À l’inverse, le recours à une stratégie d’overcut pourrait s’avérer risqué, étant donné la stabilité des pneus, sauf dans le cas où un pilote souhaite forcer un dépassement en fin de course avec un passage prolongé par les stands.
En résumé, la clé résidera dans la capacité des équipes à adapter leur plan en fonction du déroulement de la course, notamment lors des arrêts imprévus ou des neutralisations.
L’impact des performances des pilotes sur la stratégie de pneus
La performance individuelle de chaque pilote, notamment dans la gestion de ses pneumatiques, sera déterminante. Par exemple, Charles Leclerc a obtenu des données lors des essais libres où il a testé une longue série avec les pneus soft les moins dégradants, ce qui pourrait lui donner un léger avantage chez Ferrari.
Les pilotes qui maîtrisent mieux leur rythme et adaptent leur ligne ainsi que leur pression de pneus auront plus de chances de maximiser leur stratégie. Yuki Tsunoda, récemment revenu dans le baquet de Red Bull, devra également faire preuve de prudence et d’efficacité, car tout dépassement ou sous-virage peut entraîner une dégradation plus rapide.
En définitive, ceux qui savent préserver leurs pneus tout en conservant une vitesse de pointe pendant leur stint auront l’avantage, notamment dans ces conditions où l’usure est peu présente. La complémentarité entre la performance pure et la gestion stratégique sera donc essentielle pour ne pas perdre de temps ou de positions.
Incertitudes et perturbations potentielles lors du Grand Prix d’Italie
Malgré la confiance de Pirelli dans leur stratégie, rien n’est jamais garanti en course. La présence d’une voiture de sécurité ou d’un drapeau rouge pourrait bouleverser complètement la donne, en réinitialisant les stratégies et en offrant des opportunités d’undercut ou d’overcut inattendues.
Les conditions météorologiques joueront également un rôle clé : une pluie soudaine ou un changement de température pourrait réduire l’efficacité d’un plan initial, forçant les équipes à réagir rapidement. La nature imprévisible de Monza, avec ses zones très rapides et ses murs proches, augmente encore les risques d’incidents ou de sorties de piste.
Les stratégies en course devront donc rester flexibles. L’analyse en direct des performances des pneus, des positions et des incidents sera capitale pour ajuster le plan initial en temps réel et maximiser les chances de succès.
Les équipes qui sauront garder leur calme et leur capacité d’adaptation seront mieux armées face aux imprévus, ce qui pourrait faire toute la différence dans une course aussi serrée et stratégique que celle de Monza.
À l’heure où Pirelli mise sur une seule étape, ce Grand Prix d’Italie pourrait bien être l’un des plus fascinants de la saison. La maîtrise de la gestion des pneus, combinée à une lecture précise du déroulement de la course, sera la clé du succès pour les pilotes et leur équipe. Alors, restez à l’affût : la bataille pour la victoire pourrait se jouer autant dans le garage que sur la piste, à la limite du grip et de la rythme.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.