Steve Phelps, premier commissaire de la NASCAR nommé en mars 2025, a annoncé sa démission effective à la fin du mois de janvier. Auparavant président de la série depuis 2018, il quitte ses fonctions sans qu’un remplaçant soit prévu pour l’instant. Ses responsabilités seront partagées entre d’autres cadres existants de l’organisation.
Cette décision intervient dans un contexte tendu pour la NASCAR, marquée par des controverses récentes. Phelps, qui a passé plus de 20 ans au sein de la série, laisse derrière lui un héritage mêlant succès et critiques. Son départ soulève des questions sur la gouvernance future de la discipline en vue de la saison 2026.

Le parcours de Steve Phelps au sein de la NASCAR
Steve Phelps a rejoint la NASCAR en 2005 en tant que vice-président du marketing corporate. Il a rapidement gravi les échelons, devenant un pilier de l’organisation. En 2018, il est promu président, succédant à une ère de turbulences au sommet de la série.
Sous sa direction en tant que président, Phelps a joué un rôle clé dans la gestion de la pandémie de COVID-19. La NASCAR a été l’une des premières ligues sportives à reprendre la compétition après un arrêt de plusieurs semaines. Grâce à des protocoles stricts coordonnés avec les autorités fédérales et étatiques, l’ensemble du calendrier de 38 courses a été bouclé dans les délais, préservant les obligations contractuelles avec les diffuseurs.
En mars 2025, Phelps est devenu le premier commissaire de l’histoire de la NASCAR. Ce nouveau poste, créé spécifiquement pour lui, visait à élargir sa perspective stratégique, en se concentrant sur la croissance domestique et internationale. Il travaillait en étroite collaboration avec les propriétaires Jim France et Lesa France Kennedy, tout en maintenant une présence visible sur les circuits, comme ses traditionnelles promenades sur la pit lane avant chaque course.
Ses efforts ont contribué à intégrer de nouveaux acteurs dans l’écosystème NASCAR, des partenaires médias aux constructeurs automobiles et aux talents émergents. Phelps était souvent la voix publique de la série, contrastant avec le profil discret de Jim France.
Malgré ces avancées, son mandat a été marqué par des défis internes. Comme rapporté par The Athletic, Phelps a négocié les accords de chartres qui ont finalement conduit à un litige antitrust majeur.
Les controverses entourant son départ
Aucune raison officielle n’a été donnée pour la démission de Phelps, mais les critiques se sont accumulées ces derniers mois. Lors du procès antitrust opposant 23XI Racing/Front Row Motorsports à la NASCAR, des documents ont révélé des messages privés embarrassants de Phelps.
Dans ces échanges, il qualifiait Richard Childress, propriétaire légendaire de Richard Childress Racing et figure respectée du garage, de « stupid redneck » et suggérait qu’il méritait d’être « flogged » (fouetté). Ces propos, divulgués publiquement, ont provoqué une vague d’indignation parmi les fans, les équipes et les sponsors.
Johnny Morris, PDG de Bass Pro Shops – un sponsor majeur de RCR –, a publié une lettre ouverte cinglante. Il comparait Phelps à un commissaire de MLB insultant des légendes comme Babe Ruth, impliquant qu’il devrait être écarté. « Un tel manque de respect ne passerait pas auprès des fans », écrivait-il.
Phelps s’est excusé lors de son témoignage, expliquant que ces mots étaient nés de la frustration. Il avait aussi critiqué la série SRX, vue comme une menace, en la qualifiant de « trash series ». Ces révélations ont terni son image de leader stable.
Le procès s’est soldé par un règlement mi-parcours, accordant aux équipes les termes qu’elles demandaient. Phelps, présenté comme modéré dans les négociations, avait suivi les directives de Jim France pour durcir la position de la NASCAR.
La réaction de Steve Phelps et les hommages
Dans un communiqué, Phelps a exprimé sa fierté : « En tant que fan de course à vie, cela me remplit d’une immense fierté d’avoir servi comme premier commissaire de la NASCAR et d’avoir mené notre grand sport à travers tant de défis incroyables, d’opportunités et de premières au cours de mes 20 ans. »
Il a remercié les fans, les équipes, les partenaires et les employés pour leur passion et leur engagement. « C’est un honneur d’avoir aidé à synthétiser l’enthousiasme des stakeholders historiques de la NASCAR avec celui des nouveaux entrants, comme les partenaires médias, les constructeurs, les opérateurs de circuits et les talents de course. »
Jim France a salué Phelps comme « l’un des leaders les plus impactants de l’histoire de la NASCAR ». Il a souligné ses décennies de travail acharné pour émouvoir les fans et soutenir les équipes. Selon Yahoo Sports, la NASCAR ne prévoit pas d’autres changements à la direction.
Phelps s’apprête à poursuivre de nouvelles aventures dans le sport et d’autres industries, tout en gardant une reconnaissance profonde envers la famille France.
Les implications pour la saison 2026
Sans commissaire dédié, les tâches de Phelps seront réparties entre les executives actuels, dont Steve O’Donnell, président depuis 2025. Cela pourrait stabiliser la gouvernance à court terme, mais pose des questions sur la stratégie à long terme.
Les équipes du garage, mitigées, pourraient accueillir ce départ avec ambivalence. Des pilotes comme Denny Hamlin ont qualifié Phelps d’« atout majeur » par le passé, malgré le litige impliquant son équipe 23XI.
Pour la saison 2026, la NASCAR devra rebondir après ces turbulences. Les négociations en cours avec les médias et les constructeurs seront cruciales pour maintenir la dynamique post-COVID.
En conclusion, le départ de Steve Phelps marque la fin d’une ère charnière pour la NASCAR. Bien que controversé, son bilan inclut des avancées majeures en gestion de crise et en expansion. L’organisation devra maintenant démontrer sa résilience pour captiver fans et partenaires en 2026, avec un leadership partagé qui pourrait favoriser une nouvelle cohésion interne.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.