Steve Nielsen, le nouveau managing director d’Alpine F1, a clairement écarté l’approche des plans de redressement à long terme lors d’une interview à Abou Dhabi. Arrivé en septembre dernier au sein de l’équipe basée à Enstone, il refuse de s’engager sur des délais fixes comme un plan quinquennal ou les fameuses 100 courses promises par l’ancienne direction. Pour lui, la clé réside dans une reconstruction méthodique, avec les bonnes personnes aux bons postes et un effort collectif constant.
Cette position marque un virage philosophique pour Alpine, qui vient de boucler sa pire saison en Formule 1, terminant dernière du championnat constructeurs avec seulement 22 points. L’équipe a stoppé le développement de la A525 dès juin pour se concentrer sur les règlements 2026, mais Nielsen insiste : pas de chronomètre artificiel pour le retour au sommet.

Le refus des timelines rigides
Steve Nielsen n’a pas sa langue dans sa poche. « Je ne suis pas quelqu’un qui croit en un plan à 100 courses, un plan triennal ou quinquennal », a-t-il déclaré à Abou Dhabi. Il privilégie une approche pragmatique : recruter les meilleurs talents, définir une mission claire et faire avancer l’équipe comme une armée unie.
Cette philosophie s’oppose frontalement à celle de l’ancienne gestion, qui avait lancé en 2021 un projet ambitieux sous la bannière Alpine, succédant à Renault. L’objectif était clair : podiums en 2024, victoires en 2025. Au lieu de cela, 2025 a été un calvaire, avec des points marqués dans une seule des onze dernières courses.
Nielsen, fort de son expérience passée à Enstone lors des ères Benetton et Renault, sait que les succès ne s’annoncent pas à l’avance. « On broie du noir, c’est un processus lent et usant, et on espère finir par faire mieux que les autres », ajoute-t-il. Il prédit une voiture améliorée pour 2026, sans promettre de position précise sur la grille.
Malgré les autres équipes qui progressent aussi, Alpine se recentre sur ses faiblesses structurelles. Le recrutement bat son plein dans les zones défaillantes, et le processus de reconstruction démarre maintenant. « On ne renverse pas ça en quelques mois ou même une année », tempère Nielsen.
L’héritage du plan à 100 courses
Le plan à 100 courses, initié en 2021, visait un retour aux avant-postes. Alpine devait capitaliser sur son ADN Renault pour viser les sommets. Mais les résultats n’ont pas suivi : dernière place en 2025, loin des ambitions.
Nielsen rappelle son vécu : quand Renault a racheté Benetton, il a fallu trois ans pour une victoire et cinq pour le titre en 2005-2006. « Ce metric ne s’applique pas forcément aujourd’hui. Ça pourrait être plus court ou plus long », note-t-il. L’époque a changé, avec une concurrence féroce et des règlements en évolution rapide.
Pour 2026, les priorités changent. L’équipe veut de la constance, viser les points chaque week-end au sommet du midfield. « Je veux qu’on se batte chaque semaine, idéalement pour des points », insiste Nielsen. Finis les week-ends anonymes au fond de grille, qui ne correspondent pas à l’historique d’Enstone.
Cette saison 2025 a vu Alpine marquer sporadiquement, comme au Brésil où Pierre Gasly a brillé (lire ici). Mais trop souvent, l’équipe a été larguée.
Les axes de travail pour 2026
La concentration sur les règlements 2026 est totale depuis juin. Nielsen est confiant dans les avancées structurelles, même si la grille reste imprévisible. « On construit une meilleure voiture que cette année », assure-t-il, tout en recrutant activement.
Les faiblesses identifiées – aérodynamique, performance moteur ? – font l’objet d’un ciblage précis. L’équipe veut retrouver son ADN de milieu de tableau combatif, comme lors des titres Renault.
Pour illustrer, voici les objectifs clés pour 2026 :
- Constance : Points à chaque grand prix, pas seulement sporadiquement.
- Midfield supérieur : Bataille avec les top midfielders comme Haas ou Williams.
- Recrutement : Renforcer les postes faibles pour accélérer le grinding process.
- Unité : Toute l’équipe marchant dans la même direction.
Nielsen évoque aussi la patience nécessaire, avec « patience, bon sens et consistance » comme piliers (détails sur Autosport).
Expérience et leçons du passé
Veteran d’Enstone, Nielsen a servi comme sporting director lors des titres 2005-2006. Son retour en septembre 2025 est vu comme un atout majeur pour stabiliser l’équipe.
Il compare les défis actuels à ceux de l’achat de Benetton : un processus itératif, sans raccourcis. « On met les meilleurs dans les bonnes positions et on travaille dur », résume-t-il.
Cette approche grinding pourrait porter ses fruits plus vite avec les nouveaux règlements 2026, mais rien n’est garanti face à neuf rivaux affûtés.
Alpine sort d’une année noire, mais les bases se posent. La question est : ce rejet des plans fixes accélérera-t-il le retour ou prolongera-t-il l’attente ?
En conclusion, Steve Nielsen apporte du réalisme à Alpine. Sans plan quinquennal ni illusions, l’équipe mise sur le travail quotidien pour viser un midfield constant en 2026. Les fans attendent des actes concrets dès la pré-saison. Ce grinding process pourrait bien être la recette du renouveau, à condition que la patience tienne. Reste à voir si 2026 marquera le premier pas vers le haut de la grille.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.