Solberg chute dès l'ouverture au rallye de Croatie WRC

Oliver Solberg, auteur du meilleur temps au shakedown jeudi et vainqueur du rallye Monte-Carlo plus tôt dans la saison, a vécu un début de cauchemar au rallye de Croatie WRC. Le pilote suédois de Toyota a accroché un talus à seulement 4,8 km de la première spéciale, Vodice-Brest 1 (14,2 km). Sa GR Yaris Rally1 a effectué un tête-à-queue spectaculaire avant de terminer sa course dans un bois.

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Des fans ont tenté de repousser la voiture sur la route, mais elle s’est échouée, scellant l’abandon prématuré de Solberg. Takamoto Katsuta, vainqueur au Safari Rally Kenya, est le premier à être tombé sur la scène de l’accident. Le Japonais a choisi de lever le pied pour éviter tout risque inutile.

Cette sortie inattendue prive Toyota d’un de ses atouts majeurs sur asphalte pur. Le rallye, disputé du 9 au 12 avril autour de Rijeka, marque le retour de la Croatie au calendrier WRC après une pause.

L’incident sur la première spéciale

La spéciale d’ouverture, Vodice-Brest 1, s’est avérée piégeuse dès les premiers kilomètres. Solberg, parti confiant après son temps de référence au shakedown (2:17.7), a perdu le contrôle en touchant un talus à 4,8 km. La voiture a pivoté sur 360 degrés avant de quitter la trajectoire et de s’immobiliser dans une zone boisée.

Des spectateurs ont rapidement accouru pour aider, tentant de dégager la Toyota. Malgré leurs efforts, le véhicule s’est envasé, rendant tout retour impossible sans assistance lourde. Cet incident rappelle les dangers des routes croates étroites et sales.

Takamoto Katsuta, premier à arriver sur les lieux, a reçu l’information par radio. « Quand j’ai vu Oliver sorti, j’ai juste levé le pied », a déclaré le pilote Toyota. « Ça n’aurait aucun sens de faire une erreur moi-même. »

Elfyn Evans, leader du championnat, a profité du premier départ pour signer le meilleur temps. Il a devancé son coéquipier Sami Pajari de 8,1 secondes sur cette ES rendue de plus en plus sale par les passages successifs.

Jon Armstrong, chez M-Sport, a surpris en troisième position grâce à un choix audacieux de pneus tendres. Cette stratégie, limite mais payante, l’a placé 1,3 seconde devant Adrien Fourmaux (Hyundai).

L’abandon de Solberg souligne la finesse requise sur ces routes asphaltées glissantes et coupées.

Les performances d’Evans et la bataille pour la tête

Elfyn Evans a imposé sa loi dès le début. Premier sur la route, il a géré la saleté croissante pour remporter Vodice-Brest 1 avec 8,1 s d’avance sur Pajari. Cette position stratégique lui a permis de creuser l’écart rapidement.

Sur la suivante, Evans a récidivé en postant le temps scratch, 7,7 s devant Pajari. Son avance au général atteignait alors 15,9 s, avec deux spéciales restantes dans la boucle matinale.

Sami Pajari, rookie talentueux chez Toyota, suit de près en deuxième position. Sa constance sur asphalte impressionne, confirmant son rôle clé dans la stratégie d’équipe.

M-Sport a opté pour des pneus tendres, contrairement à Toyota et Hyundai. Jon Armstrong a brillé troisième sur l’ES1, mais un crevaison avant gauche l’a ralenti par la suite.

Cette domination galloise d’Evans renforce sa position de leader du championnat WRC.

Problèmes mécaniques et stratégies pneus

Adrien Fourmaux (Hyundai) a perdu plus d’une minute sur une crevaison avant droite mystérieuse. « On a eu une crevaison quelque part, je n’ai rien senti. Pas d’impact, juste sur la trajectoire. C’est la course », a-t-il regretté.

Thierry Neuville a profité de ce coup dur pour grimper de sixième à troisième au général, à +22,4 s. « J’ai commencé à apprécier un peu plus, mais la spéciale est très sale. L’adhérence est très faible », a analysé le Belge.

Neuville pointe aussi des soucis de réglages : « L’équilibre de la voiture s’est amélioré, mais je l’ai rendue trop dure, elle devient nerveuse. On aurait pu utiliser un pneu tendre de plus au début, mais nos durs ne marchent pas. »

Armstrong, victime d’une crevaison à un endroit rapide, a expliqué : « C’était dans un gauche rapide vers un droit, il y avait quelque chose sur la route. Plutôt malchanceux. »

Alors que Hyundai apporte des mises à jour pour le rallye de Croatie, ces crevaisons rappellent les enjeux techniques sur asphalte abrasif.

Perspectives pour la suite du rallye

Le choix de pneus tendres de M-Sport a payé initialement pour Armstrong, mais les crevaisons soulignent les risques. Toyota semble mieux adaptée avec ses durs, Evans en tête.

Neuville, troisième, vise un podium malgré les difficultés. Fourmaux, perplexe sur sa crevaison, doit remonter.

Le road trip de 3000 km de Taylor Gill et Daniel Brkic pour rejoindre la Croatie illustre la détermination des teams en WRC2.

Ces incidents précoces promettent une journée intense, avec Evans favori pour consolider son avance.

L’abandon de Solberg est un coup dur pour Toyota, privé de son héros du shakedown. Evans capitalise pour asseoir sa domination au championnat. Reste à voir si les crevaisons multiples annoncent une bataille acharnée sur les routes croates piégeuses. Le rallye de Croatie réserve encore bien des surprises.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.