Sergio Pérez critique la voiture Red Bull, Verstappen dominant

La saison 2025 de Formula 1 continue de faire parler d’elle, non seulement par ses courses palpitantes mais aussi par les révélations et critiques qui ébranlent le familial de la Grille. Récemment, c’est Sergio Pérez, l’ancien pilote Red Bull désormais en dehors de l’équipe, qui s’est fait entendre avec des déclarations fracassantes sur la voiture de l’écurie. Son propos : la Red Bull est devenue ingérable et affiche une dépendance excessive à Max Verstappen, son champion incontesté. Ce phénomène soulève de nombreuses questions sur la conception de la voiture, l’équilibre interne de l’équipe et ce que cela pourrait signifier pour la suite de la saison et au-delà.

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Une critique sur la maniabilité et la dynamique de la voiture Red Bull

Des problèmes de maniabilité signalés par Pérez

Sergio Pérez a toujours été un pilote exigeant, connu pour sa capacité à exploiter au mieux une monoplace. Mais cette année, il dénonce un point crucial : la voiture Red Bull, souvent saluée pour sa rapidité, est devenue ingérable. Selon ses mots, « c’est une voiture très ‘peaky’ et sur-virante, ce qui la rend difficile à stabiliser pour les pilotes autres que Verstappen. »

Ce terme « peaky » fait référence à une distribution de puissance qui arrive de façon brutale, rendant la maîtrise du véhicule complexe, surtout dans des conditions de course changeantes ou sur des circuits techniques. Pour Pérez, cela limite la capacité des pilotes second seul à s’exprimer pleinement, entraînant une plus grande marge d’erreur, surtout lorsque la température ou la configuration du circuit évolue.

La logique de conception orientée vers Verstappen

Le problème principal réside peut-être dans la philosophie de conception adoptée par Red Bull. La voiture semble conçue en fonction du style de pilotage de Verstappen, ce qui influence directement sa détérioration pour ses coéquipiers ou ses pilotes de réserve. Pérez insiste : « C’est un style de pilotage très unique. Parfois, je pouvais l’adapter, mais dans des conditions variables, la voiture devenait ingérable, ce qui entraînait des erreurs et une perte de confiance. »

Cette déclaration apparaît comme une critique indirecte de l’équipe technique. Si la voiture est optimisée pour Verstappen, cela entraîne une différence de performance flagrante avec ses suivants, créant une situation où la stabilité, la confiance en la monoplace et la stratégie deviennent des enjeux cruciaux pour tout pilote extérieur au champion néerlandais.

La dépendance à Verstappen : un choix stratégique ou un problème structurel ?

La question de l’unicité de la voiture

Ce qui rend la critique de Pérez encore plus percutante, c’est sa confidence quant à la dépendance de la voiture à Verstappen. Lorsqu’un pilote doit adapter sa conduite dans un style très spécifique, cela limite considérablement la possibilité de faire jouer la concurrence interne. Pérez affirme que cette dynamique favorise Verstappen au détriment du reste de l’équipe.

Le pilote mexicain souligne également que cette dépendance contribue à une certaine inégalité au sein de l’équipe, où le succès et la performance semblent davantage liés à la capacité de Verstappen à exploiter la véhicule qu’à une approche équilibrée ou à une conception adaptée à plusieurs pilotes.

La pression médiatique et le contexte interne

Depuis la fin de sa période chez Red Bull, Pérez a souvent critiqué la gestion interne et la pression médiatique exercée pour justifier la supériorité de Verstappen. Il se souvient de la période où il devait constamment prouver sa valeur dans un environnement où la voiture était calibrée pour son coéquipier, rendant sa tâche encore plus ardue. « J’ai résisté à beaucoup de pression, surtout de la part des médias, pour prouver que je pouvais faire mieux. Mais la vérité, c’est que la voiture ne facilite pas la tâche. »

Ce contexte interne et cette pression extérieure nourrissent une critique majeure : la conception orientée vers une seule star, plutôt qu’une philosophie plus équilibrée permettant à plusieurs pilotes d’être compétitifs.

Perspectives pour 2026 : l’émergence de nouvelles réglementations et leur impact

La réglementation 2026, une lueur d’espoir ?

Dans une perspective d’avenir, Pérez voit dans la réglementation 2026 une opportunité de changer la donne. La nouvelle génération de V6 hybrides, combinée à des modifications importantes en termes d’ailes et d’aérodynamisme, pourrait favoriser une approche plus équilibrée et moins dépendante du style d’un seul pilote.

La possible influence de Cadillac

Il faut noter que Cadillac, constructeur américain, s’est rapproché de Pérez pour une éventuelle arrivée en F1 dès la saison prochaine. Selon eux, cette nouvelle réglementation serait plus « rétro-compatible » avec le style de conduite de Pérez, qui pourrait alors évoluer en dehors de Red Bull dans un environnement plus favorable à ses compétences.

Pat Symonds, conseiller technique de Cadillac, a souligné que ces nouvelles règles devraient réduire la dépendance à une seule configuration, ouvrant la voie à plus de variance stratégique et de pilotage. Pour Pérez, cela pourrait signifier une nouvelle ère dans laquelle la voiture aura moins de singularité orientée Verstappen, permettant à d’autres pilotes de rivaliser équitablement.

En résumé : ce que cela signifie pour la saison et au-delà

Les critiques de Pérez mettent en lumière un aspect essentiel du développement technique en F1 : la quête de la performance extrême doit s’accompagner d’une conception accessible et équilibrée. Si Red Bull a su dominer depuis deux ans, la dépendance à Verstappen pourrait devenir un point faible si d’autres équipes exploitent ces faiblesses.

Cette saison reste donc à suivre de près. La montée en puissance des autres concurrents, la nouvelle réglementation 2026 et le futur de pilotes comme Pérez, qui cherche à se repositionner, donneront de la profondeur à une année riche en enjeux. Ce qui est sûr, c’est que cette critique, loin d’être un simple coup de tonnerre, ouvre une réflexion sur l’évolution même de la conception des voitures de F1, où la performance doit désormais rimer avec équilibré et innovation.

Pour ceux qui suivent de près l’évolution de la discipline, il sera intéressant de voir si Red Bull répondra à ces critiques en ajustant sa philosophie, ou si cette dépendance à Verstappen restera le symbole d’une domination confortée… ou fragilisée.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.