Sébastien Ogier égalise le record de neuf titres WRC de Loeb au Rallye d'Arabie Saoudite

WRC

Sébastien Ogier a inscrit son nom une fois de plus dans la légende du sport automobile en décrochant son neuvième titre mondial au Rallye d’Arabie Saoudite. Le pilote français a égalisé ainsi l’inégalable record détenu depuis 2013 par son illustre compatriote Sébastien Loeb, après une saison 2025 maîtrisée de bout en bout malgré un calendrier partiel. En terminant troisième derrière les Hyundai de Thierry Neuville et Adrien Fourmaux, le Gapençais a placé la touche finale à une campagne exceptionnelle, marquée par six victoires et dix podiums sur seulement onze courses disputées.

Cette neuvième couronne couronne également les efforts de son copilote Vincent Landais, qui découvre le titre mondial pour la première fois de sa carrière. Âgé de 34 ans, le navigateur a parfaitement secondé Ogier depuis trois saisons, et ce succès sonne comme une juste récompense pour leur collaboration exemplaire. Lors d’une saison où Toyota a écrasé la concurrence, ce titre confirme la suprématie du constructeur japonais tout en offrant à Ogier le statut de légende vivante du rallye.

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La course parfaite d’une légende

Florent Pagny n’aurait pas mieux chanté la maestria de Sébastien Ogier sur les pistes saoudiennes. Dès la première journée, le Français a adopté la stratégie qui a fait ses preuves tout au long de la saison : gérer ses ressources sans prendre de risques inutiles. Parti en deuxième position sur la route, il n’était que septième au général après les premières spéciales, mais le plus important résidait ailleurs : il devançait déjà ses deux rivaux chez Toyota, Kalle Rovanperä et Elfyn Evans.

Les problèmes de crevaisons se sont multipliés tout au long du week-end, touchant quasiment tous les prétendants à la victoire. Ogier lui-même a subi deux crevaisons lentes dans la speciale ES14 vendredi, mais a évité le pire en gérant chaque situation avec la froideur qui le caractérise. Evans, parti avec trois points d’avance au championnat, a été beaucoup plus pénalisé par ces mésaventures, perdant tout espoir de titre dès la veille de la dernière étape.

La maîtrise d’Ogier s’est pleinement exprimée lors du “Super Saturday”, où dix points restaient en jeu. Avant cette dernière journée, il pointait en sixième position, juste derrière Rovanperä, mais deux places devant Evans. Cette position lui offrait un avantage virtuel d’un point au championnat. Les trois dernières spéciales ont encore rebattu les cartes, notamment lors de l’ES16 où Rovanperä a connu une nouvelle crevaison, tout comme Martins Sesks, tandis que Takamoto Katsuta terminait sur le toit.

Une Power Stage décisive

La dernière chance pour Elfyn Evans residait dans la Power Stage, où il fallait grappiller huit secondes à Ogier pour espérer renverser la situation. Le Gallois a certes remporté cette speciale de 16 kilomètres, mais le champion en titre a rendu une copie parfaite. Avec 7,2 secondes de retard sur Evans dans cette ultime épreuve, Ogier a conservé l’avantage nécessaire pour s’adjuguer le titre par quatre points d’écart au final. Une performance de haute voltige qui force le respect.

Un rallye d’Arabie Saoudite aux rebondissements

Le Rallye d’Arabie Saoudite 2025 restera dans les mémoires comme l’un des plus imprévisibles de ces dernières années. Les organisateurs avaient concocté un parcours semé d’embûches, avec des pistes rocailleuses qui ont mis les pneumatiques à rude épreuve. Les crevaisons se sont succédé à un rythme inquiétant, affectant la majorité des pilotes de tête :

  • Adrien Fourmaux (Hyundai) : pénalisé d’une minute pour une erreur de pointage, perdant la tête du rallye
  • Elfyn Evans (Toyota) : plusieurs crevaisons l’ont relégué loin du titre
  • Kalle Rovanperä (Toyota) : victime de crevaisons dans des moments cruciaux
  • Martins Sesks (Ford M-Sport) : contraint à l’abandon après avoir brillé les jours précédents
  • Ott Tänak (Hyundai) : a également souffert des conditions difficiles

Neuville sauve son honneur

Dans ce contexte chaotique, Thierry Neuville a su tirer son épingle du jeu. Le champion du monde en titre, malmené tout au long de la saison par de nombreux déboires, a remporté son premier succès depuis septembre 2024. Le pilote belge a concédé que la saison avait été “vraiment très difficile” et que cette victoire “inattendue” faisait particulièrement plaisir. Hyundai a ainsi conservé la tête haute grâce à un doublé avec la deuxième place de Fourmaux, qui obtient le meilleur résultat de sa carrière.

Toyota domine, Hyundai sauve l’honneur

La saison 2025 a été outrageusement dominée par Toyota Gazoo Racing. Ogier, malgré son programme partiel, a su tirer parti de la fiabilité de la Yaris WRC et de sa position de départ favorable sur plusieurs courses. Le constructeur japonais a engrangé les victoires et les podiums, laissant peu de miettes à la concurrence.

Cependant, le dernier acte en Arabie saoudite a offert à Hyundai une note positive pour clore une saison compliquée. Outre la victoire de Neuville et le podium de Fourmaux, l’équipe coréenne a montré des signes d’amélioration sur les dernières courses. Pour Neuville, cette victoire représente “la 22e victoire en carrière” mais surtout un baume après une année éprouvante. L’équipe aura besoin de capitaliser sur ce momentum pour la saison 2026, où les nouvelles réglementations techniques pourraient redistribuer les cartes.

Le cas Fourmaux, entre déception et espoir

Adrien Fourmaux aura sans doute des nuits blanches pour digérer cette pénalité d’une minute qui lui a coûté la victoire. Le Français a commis une erreur de pointage, en pointant une minute trop tôt au dernier contrôle horaire du vendredi. Cette faute a fait basculer son rallye. Pourtant, sa performance sur le terrain démontre qu’il est bel et bien au niveau des meilleurs. Avec huit podiums en WRC avant cette course, il obtient ici sa première deuxième place. Le potentiel est là, il lui reste à gommer ces erreurs d’inattention pour passer au niveau supérieur.

L’héritage de deux Sébastien

Quand Sébastien Ogier a débuté en WRC en 2008, personne n’aurait parié sur l’égalisation du record de Loeb. Ce dernier, avec neuf titres consécutifs entre 2004 et 2012, semblait intouchable. Pourtant, avec des parcours différents, les deux hommes se retrouvent à égalité au sommet du palmarès du championnat du monde des rallyes.

Ogier lui-même semble encore surpris par cette réalisation. Dans ses declarations post-course, il s’est dit “super heureux et super fier de rejoindre Sébastien [Loeb] et Daniel Elena au sommet du palmarès du WRC”. Il reconnaît que “quand j’ai commencé en 2008, ce n’était bien sûr pas un objectif que j’avais en tête. Je pense que beaucoup de gens, moi y compris, pensaient que ce genre de chiffres ne serait probablement jamais égalé”. L’absence d’obsession pour ce record rend l’exploit encore plus impressionnant.

Chaque période a son contexte. L’ère Volkswagen a été exceptionnelle pour Ogier, avec quatre titres entre 2013 et 2016. Il a ensuite brillé chez M-Sport Ford avant de rejoindre Toyota. Contrairement à Loeb qui a dominé de manière écrasante avec Citroën, Ogier a démontré sa capacité à s’adapter et à performer avec différentes équipes et réglementations. Une polyvalence qui enrichit son palmarès.

Une saison 2025 peut-être la meilleure de sa carrière

Ogier affirme sans détour que cette année 2025 a probablement été sa “meilleure” saison. Sur onze courses disputées, il a signé six victoires et dix podiums. Le seul faux pas remonte au Rallye d’Europe centrale avec une sortie de piste provoquée par une crevaison. Cet excellent taux de réussite illustre une maîtrise totale de son sujet, même avec trois rallyes en moins que ses rivaux. Le Français a su choisir ses courses, gérer son énergie et maximiser ses résultats sur chaque spéciale.

L’avenir du pilote reste partiel pour 2026, mais ce titre pourrait le pousser à reconsidérer ses ambitions. À 42 ans, il démontre une forme physique et mentale exceptionnelle. La concurrence, notamment chez Toyota avec Rovanperä et Evans, devra se montrer à la hauteur pour perturber la domination d’un pilote qui semble avoir trouvé le secret de la longévité au plus haut niveau.

Que retenir de cette saison 2025 ? D’abord, que Sébastien Ogier reste le patron. Malgré un calendrier allégé, il a su asseoir sa suprématie avec une régularité impressionnante. Ensuite, que le WRC demeure un sport imprévisible où la gestnaire prime parfois sur la vitesse pure. Enfin, que l’ambition de Toyota de conserver son pilote phare porte ses fruits, même si l’équipe doit gérer la frustration d’Elfyn Evans, encore une fois à la deuxième place au championnat.

Pour Hyundai, la fin de saison offre des perspectives d’amélioration. Neuville et Fourmaux ont montré que l’équipe coréenne pouvait rivaliser sur certaines épreuves. La saison 2026, avec ses évolutions techniques, sera cruciale pour voir si Hyundai peut retrouver le niveau qui lui a permis de décrocher le titre constructeur par le passé. L’ajout de nouveaux talents comme Martins Sesks chez Ford M-Sport promet également une compétition plus intense.

En équiperant le record de Loeb, Sébastien Ogier écrit la page la plus glorieuse de sa carrière. Un titre qui n’était pas l’objectif initial mais qui devient la consécration d’une saison parfaite. Avec un palmarès de 67 victoires en WRC, il entre définitivement dans la légende du sport automobile. L’heure n’est pas aux comparatifs avec Loeb, mais à l’hommage mérité à un pilote qui, à 42 ans, continue d’écrire l’Histoire.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.