À mi-parcours du Dakar 2026, Sébastien Loeb occupe la sixième place du classement général, à 17 minutes et 36 secondes de son coéquipier Nasser al-Attiyah. Arrivé à Riyad pour la journée de repos ce samedi 10 janvier, le pilote alsacien de Dacia exprime un soulagement mêlé de prudence. Malgré des crevaisons à répétition qui ont failli compromettre sa course, Loeb reste dans la course pour la victoire finale, même si le chemin s’annonce semé d’embûches.
Dans une interview accordée à L’Équipe, Loeb détaille les difficultés traversées et esquisse les perspectives pour la seconde moitié du rallye. « Déjà, je suis content d’être là vu les galères par lesquelles je suis passé », confie-t-il, soulignant l’intensité de cette édition arabie-saoudienne.

Les galères mécaniques de la première semaine
La première partie du Dakar 2026 a été un calvaire pour l’équipage Loeb. Plusieurs doubles crevaisons en spéciale, sans roue de secours supplémentaire, ont mis l’équipe sous tension. « On a eu plusieurs fois des doubles crevaisons en spéciale avec plus de roue de secours ni de droit à l’erreur », explique Loeb. Sur 700 km, cette situation stressante a obligé à une gestion minimaliste des risques.
Sans marge d’erreur, une troisième crevaison aurait signifié l’attente du camion d’assistance rapide, potentiellement fatale au classement. Loeb et son copilote Fabrizia Bonsignorio ont opté pour la survie : finir les spéciales en perdant le moins de temps possible. Cette stratégie conservatrice a préservé un espoir, malgré un déficit de 17 minutes.
Cette résilience rappelle des éditions passées où Loeb a su rebondir. En 2024, des problèmes similaires l’avaient ralenti, mais il avait fini sur le podium. Ici, la fiabilité de la Dacia reste un atout, même mise à l’épreuve.
La journée de repos à Riyad permettra des réparations et une analyse approfondie. Loeb insiste : pas de regrets sur la stratégie imposée par les circonstances.
Position au général et stratégie de rattrapage
Sixième à 17’36” de Nasser al-Attiyah, Loeb est dans le « paquet » des leaders. Le Qatari, vainqueur de la 6e étape devant Loeb, a pris la tête du général, comme rapporté par L’Équipe. Derrière, Henk Lategan (Toyota) est 2e, suivi de Nani Roma (3e), Carlos Sainz (4e), Mathias Ekström (5e) et Mitch Guthrie (7e).
- Nasser al-Attiyah (Dacia) : leader à +0’00”
- Henk Lategan (Toyota) : 2e
- Nani Roma : 3e
- Carlos Sainz : 4e
- Mathias Ekström (Ford) : 5e
- Sébastien Loeb (Dacia) : 6e à 17’36”
Rattraper ce retard « à la régulière » semble compliqué face à Al-Attiyah, selon Loeb. Le rallye compte encore des milliers de kilomètres, avec une seconde semaine promise aussi piégeuse.
Toutes les marques brillent : Ford en forme avec Roma, Sainz et Ekström ; Toyota avec Lategan ; même Mini gagne des étapes. Cette ouverture favorise les opportunités.
Pour plus de détails sur le classement après la 6e étape, consultez cet article de Turbo.
La concurrence ouverte et les outsiders
Le Dakar 2026 est marqué par une bagarre intense. « Les Ford ont la niaque cette année », note Loeb. Ekström, Roma et Guthrie claquent des temps scratch, rendant la course imprévisible.
Al-Attiyah domine, mais personne n’est épargné par les soucis mécaniques. Loeb table sur des erreurs adverses pour progresser : « Il faut essayer de continuer à rouler, de passer entre les gouttes. »
Historiquement, Loeb excelle en seconde semaine, comme en 2022 où il avait remporté l’édition. Avec 6 à 8 pilotes en lice, la victoire reste accessible.
La diversité des vainqueurs d’étapes – toutes marques confondues – souligne la parité technique cette année.
Perspectives pour la seconde moitié du rallye
La suite s’annonce rude, avec des terrains variés en Arabie saoudite. Loeb mise sur la régularité et la chance pour combler l’écart. « Le rallye reste long et on n’a pas fait la moitié au niveau des kilomètres », rappelle-t-il.
Son duo avec Al-Attiyah, chez Dacia, ajoute une dynamique interne : rivalité saine mais loyale. Les Ford pourraient craquer sous pression, ouvrant des brèches.
Loeb demeure optimiste : au moins 6 ou 8 pilotes pour la gagne. Sa gestion exemplaire des crises pourrait payer.
À suivre de près lors des prochaines étapes post-repos.
Sébastien Loeb n’abandonne rien dans ce Dakar 2026 ultra-compétitif. Sa position à mi-parcours, forgée dans l’adversité, le place idéalement pour un exploit. La seconde semaine dira si le pilote aux neuf titres WRC peut ajouter un nouveau chapitre à sa légende rallye-raid. Reste à voir si la Dacia tiendra et si la concurrence fléchira.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.