Oliver Solberg a pris la tête du Safari Rally Kenya au terme d’une première journée marquée par la boue, les crevaisons et les abandons. Le pilote Toyota, malgré un double crevaison en ES12, compte 42,6 secondes d’avance sur son coéquipier Sébastien Ogier au soir de vendredi. Elfyn Evans, deuxième avant son abandon en ES13, a quitté la course sur casse de suspension, tandis que plusieurs pilotes ont critiqué vertement les organisateurs pour des modifications de parcours jugées dangereuses.[1][2]
Les conditions extrêmes du rallye kenyan, avec des sections transformées en bourbiers, ont mis à rude épreuve les équipages Rally1. Takamoto Katsuta a grimpé à la troisième place, à 1’33”6, profitant des mésaventures des autres. Les Hyundai de Thierry Neuville, Adrien Fourmaux et Esapekka Lappi complètent le top 6, tous handicapés par des problèmes en ES13.

La boue et les crevaisons dominent la matinée de samedi
La boucle matinale de samedi a débuté par une ES11 où Ogier a perdu deux minutes sur une crevaison arrière gauche, le faisant chuter dans le classement. Solberg, leader avec une seconde d’avance au départ de la journée, a maintenu son rythme malgré les marécages. Evans avait temporairement pris la deuxième place, à seulement 22,6 secondes du Suédois.[3]
L’ES12 a été le théâtre d’un double crevaison pour Solberg, Evans et Katsuta, tous sur le côté droit. Malgré cela, Solberg a préservé sa position et creusé l’écart à 42,6 secondes sur Ogier. Les pilotes ont roulé sans roues de secours, accentuant les risques sur les pistes glissantes. Katsuta, septième au départ de la journée après sa propre crevaison vendredi, a limité les dégâts.
En ES13, “Sleeping Warrior”, les conditions se sont empirées avec de la boue obstruant les pare-brise. Solberg a ralenti faute de liquide lave-glace, tandis qu’Ogier a remporté la spéciale avec 1’03”7 d’avance sur lui. Evans a alors subi une casse de suspension arrière droite, son premier abandon en WRC depuis l’Acropolis 2024. Cet incident a propulsé Ogier en deuxième position.
Sami Pajari, troisième après l’ES11, a perdu plus de cinq minutes en ES12 sur explosion de pneu arrière gauche, rétrogradant en septième. Les pilotes M-Sport comme Jon Armstrong et Josh McErlean ont survécu, mais le Puma de ce dernier a ingéré beaucoup d’eau. Comme nous l’avions analysé dans notre article sur le Safari Rally Kenya 2026, un rallye plus loterie que jamais, ces conditions imprévisibles rendent l’épreuve impitoyable.
Polémique autour des modifications de parcours
Avant l’abandon d’Evans, Solberg, lui-même et Katsuta ont vivement réagi à des changements apportés en ES12. Les organisateurs ont installé barrières et rubalises sur 1,13 km final pour empêcher les coupures, annoncés par vidéo. Résultat : rochers partout, causant les crevaisons droites.[4]
« Sérieusement, organisateurs et FIA, ce qu’ils ont fait à la fin est inacceptable. Mettre des bâtons après la reco et nous envoyer une vidéo phone. Tous les bâtons sont partis, il y a des rochers partout, ils parlent de sécurité, c’est dangereux », a lancé Solberg.
Evans a renchéri : « Blague absolue. Ils ont mis tout ça à la fin pour nous empêcher de couper après la reco, maintenant des pierres partout. Je suis sorti de la ligne et j’ai crevé. Complètement hors limites. » Katsuta a ajouté : « Incroyable. Ils ont changé la route après la reco. Comment faire les pacenotes avec la vidéo ? Mauvaise ligne dans les ornières, double crevaison maintenant. Ils doivent faire ça avant le rallye. »
La FIA a répondu : suite à la reco, les concurrents déviaient du tracé. Conformément à l’article 19.2 des règlements sportifs WRC, barrières installées, communiqué n°8 à 17h45 le 13 mars, suivi de vidéo distribuée. Pratique standard pour ajuster les notes. Cette controverse rappelle les tensions passées, comme détaillé dans notre couverture du Safari Rally Kenya 2026 où Solberg prend la tête sous une météo déchaînée.
Le classement provisoire au soir de vendredi
À l’issue de la boucle matinale :
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- Oliver Solberg (Toyota) : leader avec 42,6 s d’avance.
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- Sébastien Ogier (Toyota) : remontée spectaculaire en ES13.
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- Takamoto Katsuta (Toyota) : +1’33”6, sans roues de secours.
- 4-6. Thierry Neuville, Adrien Fourmaux, Esapekka Lappi (Hyundai) : problèmes de surchauffe et lave-glace pour les trois.
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- Sami Pajari (Toyota) : après crevaison majeure.
| Pilote | Équipe | Écart |
|---|---|---|
| O. Solberg | Toyota | Leader |
| S. Ogier | Toyota | +42,6 s |
| T. Katsuta | Toyota | +1’33”6 |
| T. Neuville | Hyundai | - |
| A. Fourmaux | Hyundai | - |
| E. Lappi | Hyundai | - |
Ce top reflète la domination Toyota, malgré les Hyundai solides. Pour les timings live, consultez le site officiel WRC.[5]
Défis et perspectives pour la suite
Samedi s’annonce encore plus sélectif, avec des pistes testant les limites des GR Yaris Rally1 et i20 N. Solberg, sans roues de secours, devra gérer sa visibilité réduite. Ogier, revigoré, vise la passe d’armes. Hyundai pourrait profiter des soucis Toyota pour contrer, comme anticipé par Jari-Matti Latvala.
Les leçons de cette édition soulignent l’évolution du Safari : pneus Hankook adaptés, stratégies anti-crevaison. Historiquement, le rallye kenyan a vu des surprises, comme la victoire de Kajetan Kajetanowicz en 2014 ou les drames de 2021. Autosport détaille ces rebondissements.
Un leadership fragile dans la loterie kenyane
Solberg défend chèrement sa position, mais Ogier à 42 secondes reste menaçant. L’abandon d’Evans ouvre la course au titre provisoire WRC. Toyota domine, mais Hyundai guette. Samedi dictera les favoris pour la power stage finale dimanche. Ce Safari 2026 confirme son statut de juge de paix, où la survie prime sur la vitesse. Restez connectés pour les mises à jour.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.