Red Bull Racing 2026 Power Unit developed with Ford and the digital stack

F1

La Formule 1 s’apprête à entrer dans une nouvelle ère en 2026 avec des réglementations moteur révolutionnaires qui placeront l’accent sur la puissance électrique et la durabilité. Au cœur de cette transformation se trouve un projet audacieux : l’unité de puissance Red Bull Racing 2026 développée avec Ford et stack numérique basé sur le cloud. Cette collaboration marque un tournant historique pour Oracle Red Bull Racing, qui devient la première écurie de F1 à passer de la conception de châssis au développement de son propre groupe motopropulseur complet.

Ce qui rend ce projet encore plus remarquable, c’est la rapidité avec laquelle Red Bull Ford Powertrains a réussi à concevoir et construire un prototype fonctionnel en un peu plus d’un an, un exploit rendu possible grâce à une infrastructure numérique de pointe. En exploitant la puissance du calcul haute performance dans le cloud et des outils de simulation avancés, l’équipe défie les géants établis du sport automobile avec une approche innovante qui pourrait redéfinir le développement des moteurs en Formule 1.

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L’unité de puissance Red Bull Racing 2026 développée avec Ford : un partenariat stratégique majeur

Le retour de Ford en Formule 1 aux côtés de Red Bull n’est pas qu’un simple coup marketing. Cette collaboration technique représente l’union de deux entités partageant une philosophie commune : l’innovation audacieuse et la recherche de l’excellence. Ford apporte son expertise substantielle dans le développement de véhicules électriques, les systèmes de contrôle et la technologie des batteries, des compétences cruciales pour les nouveaux moteurs hybrides de 2026.

Le partenariat a été annoncé en février 2023, après le retrait de Honda de la Formule 1. Plutôt que de se tourner vers un motoriste établi comme client, Red Bull a pris la décision audacieuse de créer Red Bull Powertrains et de concevoir son propre groupe moteur. Jim Farley, PDG de Ford Motor Company, a déclaré : “C’est un chapitre tellement passionnant dans l’histoire de Ford. Au cours des 20 dernières années, Red Bull a réussi à changer le paysage de la Formule 1, et il l’a fait en étant déterminé à faire les choses différemment.”

Cette collaboration s’étend bien au-delà de la Formule 1. Ford et Red Bull Motorsport travaillent ensemble sur plusieurs disciplines, incluant le Rallye Dakar, le WRC avec la M-Sport Ford Puma Hybrid Rally1, les 24 Heures du Mans et NASCAR. Red Bull Ford Powertrains fournira les unités de puissance aux écuries Oracle Red Bull Racing et Racing Bulls de 2026 à 2030 au minimum, garantissant une stabilité technique cruciale pour le développement à long terme.

L’équipe de développement a été renforcée par le recrutement d’experts chevronnés, menés par Ben Hodgkinson en tant que directeur technique. Il est entouré de spécialistes reconnus : Steve Blewett (directeur de production), Omid Mostaghimi (ingénieur en chef pour l’électronique et la récupération d’énergie), Pip Clode (responsable de la conception mécanique pour la récupération d’énergie), Anton Mayo (responsable de la conception de l’unité de puissance à combustion) et Steve Brodie (responsable des opérations moteur à combustion).

Les nouvelles installations de Red Bull Powertrains s’étendent sur 465 mètres carrés au sein du campus technologique de Red Bull à Milton Keynes. Cette usine ultramoderne a été conçue spécifiquement pour assembler et tester les moteurs et autres composants du groupe motopropulseur, permettant une intégration verticale complète du processus de développement.

Le stack numérique révolutionnaire derrière l’unité de puissance Red Bull Racing 2026

L’un des aspects les plus innovants de ce projet est l’infrastructure numérique mise en place pour accélérer le développement. L’unité de puissance Red Bull Racing 2026 développée avec Ford et stack numérique repose sur trois piliers technologiques majeurs : Oracle Cloud Infrastructure (OCI), Siemens Xcelerator et des logiciels de simulation CFD de pointe.

Matt Cadieux, directeur informatique d’Oracle Red Bull Racing, explique l’importance cruciale de cette approche : “Nous avons pu expérimenter des combinaisons matérielles et logicielles et différentes formes HPC sans avoir à acheter du matériel, le sortir des boîtes, le mettre dans des baies, le connecter au réseau, charger le logiciel. Tout cela prend beaucoup de temps.” En effet, la création d’un data center on-premises aurait pris de nombreux mois, retardant considérablement le début des travaux de conception.

Oracle Cloud Infrastructure offre à Red Bull Ford Powertrains une capacité de calcul haute performance (HPC) flexible et évolutive. L’équipe utilise des clusters de serveurs bare metal hébergés sur OCI pour exécuter des milliers de simulations de mécanique des fluides numérique (CFD). Ces workloads se concentrent sur les itérations répétées de modèles pour optimiser les conceptions les plus complexes de la chambre de combustion du moteur, incluant la simulation des modèles de pulvérisation de carburant, des performances de combustion et de la forme des cylindres.

La plateforme Siemens Xcelerator constitue l’épine dorsale numérique du processus de conception et de fabrication. Ben Hodgkinson souligne : “Siemens Xcelerator est le digital backbone de notre parcours de conception et de fabrication, nous permettant d’ingénierie de manière concurrente des centaines d’évolutions de conception rapides au sein d’une grande équipe nouvellement formée.” L’équipe utilise notamment le logiciel NX de Siemens pour l’ingénierie produit et Teamcenter pour la gestion du cycle de vie des produits (PLM).

Les capacités de simulation et de test de Simcenter STAR-CCM+ de Siemens assistent également l’équipe dans la conception et la validation à travers le projet, particulièrement pour la conception des turbocompresseurs. Parallèlement, l’équipe exploite CONVERGE, un package de mécanique des fluides numérique populaire de Convergent Science, qui contient des configurations spécifiques pour les moteurs à combustion interne, les injecteurs de carburant, les pulvérisateurs et les systèmes d’échappement.

Cette infrastructure basée sur le cloud a permis à Red Bull Ford Powertrains de doubler le nombre de simulations moteur réalisées, accélérant considérablement le processus de développement. Lorsque OCI a migré l’équipe vers la dernière génération de processeurs en décembre 2022, elle a constaté une augmentation des performances de 10%, démontrant l’agilité et la capacité d’évolution de cette approche moderne.

Les défis techniques de l’unité de puissance Red Bull Racing 2026 et les innovations numériques

Les réglementations 2026 de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) imposent des contraintes techniques extrêmement exigeantes. Les nouveaux groupes motopropulseurs turbocompressés hybrides doivent générer plus de 1000 chevaux en utilisant moins de carburant qu’auparavant, avec la moitié de cette puissance provenant de la charge électrique – soit trois fois plus de puissance électrique que les unités actuelles.

Ces moteurs fonctionneront entièrement avec des carburants durables, sans combustibles fossiles, et seront neutres en carbone tout en utilisant moins de la moitié du carburant consommé en 2013. Ils doivent également être extrêmement durables, car les équipes ne disposent que de trois unités par voiture pour une saison entière. Tout défaillance entraîne une pénalité sur la grille de départ, augmentant considérablement la pression sur la fiabilité.

Declan Ward, ingénieur senior en simulation de performance chez Red Bull Ford Powertrains, travaille sur l’analyse détaillée et la modélisation 3D du système d’admission de carburant. “Il faut veiller à ce que tout le carburant soit disponible au moment de la combustion, et ce, pour chaque cycle dans chaque cylindre”, explique-t-il. “Une partie du carburant est perdue dans le système d’échappement si l’injection ou la pulvérisation n’interviennent pas au bon moment.”

Cette optimisation minutieuse nécessite des milliers de simulations. Les ingénieurs construisent des modèles mathématiques détaillés, définissent un ensemble initial de valeurs pour les nombreuses variables, puis exécutent une simulation. Sur la base de l’analyse, ils ajustent le modèle ou certaines valeurs et réexécutent la simulation, encore et encore. Cette approche itérative intensive serait impossible sans la puissance du calcul haute performance dans le cloud.

L’avantage du modèle cloud est également financier. Au lieu d’investir massivement dans l’infrastructure dès le début du projet, Red Bull Ford Powertrains n’a payé que pour les ressources nécessaires au fur et à mesure. “Quand nous avons commencé, nous utilisions une quantité relativement faible de ressources de calcul OCI”, se souvient Matt Cadieux. “Mais au fur et à mesure que l’équipe a commencé à s’agrandir, à mesure que la sophistication du modèle commençait à croître, nous avons pu provisionner facilement et rapidement davantage de ressources OCI en plusieurs étapes.”

L’équipe a également bénéficié des relations existantes d’Oracle avec les fournisseurs de logiciels de simulation pour déterminer les processeurs, GPU et mémoire optimaux pour des workloads spécifiques. Une fois la configuration optimale identifiée, l’équipe a pu déployer des clusters HPC au niveau de la production en environ une semaine, alors qu’il aurait fallu un mois de travail pour déballer et connecter manuellement une montagne de matériel physique.

L’avenir de l’unité de puissance Red Bull Racing 2026 développée avec Ford et perspectives compétitives

Depuis le second semestre 2023, Red Bull Ford Powertrains poursuit inlassablement son travail de modélisation, conception, simulation et test du groupe moteur. L’équipe a déjà franchi une étape majeure avec la création d’un prototype opérationnel du moteur, démontrant la viabilité de leur approche audacieuse. Cependant, il reste encore de nombreuses itérations et développements à effectuer avant que les versions finales ne montent sur la piste.

Des milliers d’heures de tests seront nécessaires pour assurer la fiabilité du moteur, un aspect crucial compte tenu des restrictions sur le nombre d’unités de puissance autorisées par saison. L’équipe doit également optimiser l’intégration entre le moteur à combustion interne, le turbocompresseur et les systèmes hybrides, créant un ensemble cohérent capable de rivaliser avec les motoristes établis comme Mercedes, Ferrari et Honda.

Matt Cadieux ne cache pas l’ampleur du défi : “Nous sommes comme David contre Goliath dans la course aux groupes moteurs de Formule 1, car nous sommes en lice contre de puissants équipementiers.” Pourtant, cette position d’outsider correspond parfaitement à l’ADN de Red Bull. “La culture de Red Bull est d’amener les bonnes personnes et de leur donner les bons outils”, explique Declan Ward. “Nous approchons la conception du groupe moteur avec un état d’esprit assez ouvert ; nous avons trouvé la meilleure technologie afin de pouvoir donner à nos collaborateurs les meilleurs outils.”

La pression est immense, car Oracle Red Bull Racing, championne en titre à plusieurs reprises, ne vise qu’une seule forme de succès : la première place au classement des pilotes et des écuries. Max Verstappen, qui pilotera cette nouvelle génération de voitures à partir de 2026, compte sur cette unité de puissance pour continuer sa domination. Les réglementations 2026 placent davantage l’accent sur la puissance brute du moteur plutôt que sur l’aérodynamique, ce qui représente un changement de paradigme pour une écurie historiquement reconnue pour ses châssis exceptionnels.

L’explosion de l’intérêt pour la Formule 1 ces dernières années, amplifiée par les séries documentaires et l’arrivée de nouveaux constructeurs comme Audi et Cadillac d’ici la fin de la décennie, crée un environnement compétitif intense. Le départ de Renault, même de sa propre écurie Alpine qui a opté pour la motorisation Mercedes, illustre la difficulté de rivaliser dans ce domaine technique exigeant.

Cependant, Red Bull Ford Powertrains possède des atouts uniques. L’approche numérique avancée permet une agilité et une rapidité de développement inégalées. La collaboration étroite entre Ford et Red Bull combine l’expertise centenaire de l’automobile avec l’innovation disruptive du sport automobile moderne. Les apprentissages tirés de ce projet se répercuteront également sur le développement des voitures de route du futur, créant un cercle vertueux entre la compétition et l’innovation commerciale.

Les nouvelles réglementations 2026 visent à développer des technologies hybrides applicables aux véhicules de série, rendant la Formule 1 plus pertinente pour les constructeurs automobiles confrontés à la transition énergétique. Mark Rushbrook, responsable du sport automobile chez Ford, confirme cet alignement stratégique : “Quand nous avons vu ce qui se passait en Formule 1 avec les réglementations techniques, c’était très aligné, nous donnant davantage d’opportunités de contribuer et d’apprendre dans l’innovation et le transfert de technologie.”

La saison 2026 marquera donc un moment décisif pour Red Bull Racing. Après avoir conquis la Formule 1 avec des châssis dominants et des moteurs clients, l’écurie tentera de prouver qu’elle peut exceller dans tous les aspects de la conception d’une voiture de F1. L’unité de puissance Red Bull Racing 2026 développée avec Ford et stack numérique représente bien plus qu’un simple moteur : c’est le symbole d’une nouvelle ère où l’innovation numérique, l’expertise technique et l’audace stratégique se combinent pour repousser les limites du possible en sport automobile. Le compte à rebours vers 2026 est lancé, et le monde de la F1 observe avec attention cette aventure technologique ambitieuse qui pourrait redéfinir l’équilibre des forces sur la grille de départ.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.