Red Bull Monza 2025 : le rebondissement spectaculaire grâce à la mise à niveau du plancher et à une nouvelle philosophie de réglages

F1

La saison 2024 a été l’une des plus difficiles pour Red Bull Racing et Max Verstappen depuis le début de leur domination en Formule 1. Le circuit de Monza a cristallisé les frustrations de l’année passée. Avec une sixième place décevante et un pilote triple champion du monde qualifiant sa monoplace de “monstre”, l’écurie de Milton Keynes touchait le fond. Mais un an plus tard, le tableau est radicalement différent, grâce notamment à une mise à niveau du plancher Red Bull F1 pour Verstappen à Monza qui a contribué à transformer les performances de la RB21.

Le retour en force de Verstappen et de son équipe lors du Grand Prix d’Italie 2025 ne s’est pas fait par hasard. Entre les leçons apprises des échecs de 2024, une nouvelle philosophie de réglages et surtout l’introduction d’un plancher amélioré, Red Bull a orchestré un comeback impressionnant. Cette évolution technique, combinée à une meilleure compréhension de la voiture, a permis au Néerlandais de réaliser le tour le plus rapide jamais enregistré en F1 lors des qualifications, prouvant que l’équipe avait enfin trouvé la clé pour sortir de l’impasse.

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La genèse des problèmes : Monza 2024, le point de rupture

Le Grand Prix d’Italie 2024 restera gravé dans les mémoires comme le moment où Red Bull a réalisé l’ampleur de ses difficultés. Après avoir dominé la saison 2023 avec une autorité impressionnante, l’équipe autrichienne se retrouvait soudainement dépassée par ses rivaux. Max Verstappen peinait à extraire le moindre dixième d’une RB20 devenue ingérable.

“En 2023, nous avions encore la voiture la plus dominante, mais nous l’avons transformée en monstre”, avait déclaré Verstappen après cette course désastreuse. Le triple champion du monde était allé jusqu’à affirmer que remporter le championnat ne serait pas réaliste avec une telle voiture.

Helmut Marko, conseiller de Red Bull, avait qualifié la situation d‘“alarmante” pour la première fois depuis le début de l’ère de domination de l’équipe. La défaite à Zandvoort face à Lando Norris avait mis en lumière les faiblesses structurelles, mais c’est à Monza que la réalité s’est imposée.

L’analyse post-course révélait que le plancher évolué introduit à Imola était probablement à l’origine des problèmes d’équilibre. Red Bull avait tenté d’utiliser une version hybride du plancher à Zandvoort, surnommée en interne le “Franken-floor”. Les conditions météorologiques changeantes aux Pays-Bas n’avaient pas permis de tirer des conclusions définitives.

Cette période sombre a toutefois eu un effet positif : elle a forcé Red Bull à remettre en question ses certitudes. Verstappen a joué un rôle crucial en participant à plusieurs réunions entre Monza et Singapore pour identifier les causes profondes des difficultés. Christian Horner soulignait l’importance de l’implication directe du pilote dans le processus de résolution des problèmes.

La mise à niveau du plancher Red Bull F1 pour Verstappen à Monza : une révolution technique

L’édition 2025 du Grand Prix d’Italie a vu Red Bull introduire une mise à niveau majeure du plancher, pièce aérodynamique cruciale dans la génération actuelle de monoplaces à effet de sol. Cette évolution représentait le fruit de plusieurs mois de travail intensif en soufflerie et en CFD, avec pour objectif de corriger les défauts qui avaient paralysé la RB20 en 2024.

Selon Helmut Marko, trois facteurs ont contribué au revirement spectaculaire de Red Bull à Monza 2025 : les leçons tirées de 2024, la mise à niveau du plancher introduite ce week-end, et une philosophie différente de réglages. Interrogé sur le facteur le plus important, Verstappen était catégorique : “Je pense que c’est principalement lié aux réglages. Nous avons beaucoup appris sur la façon de régler cette voiture.”

Le nouveau plancher présentait des modifications substantielles au niveau des générateurs de vortex et de la géométrie des bords de plancher. Ces changements visaient à améliorer la stabilité de l’écoulement d’air sous la voiture, un aspect crucial pour générer un appui aérodynamique constant dans les virages rapides de Monza. L’équipe avait également revu la conception des fentes latérales pour mieux gérer les flux d’air turbulents.

L’un des aspects les plus intéressants de cette évolution concernait son interaction avec d’autres composants. Les changements opérés sur le plancher allaient de pair avec une nouvelle aile avant introduite ultérieurement, ouvrant la voie à des itérations progressives du package aérodynamique. Cette approche modulaire permettait à Red Bull d’affiner continuellement les performances sans devoir repartir de zéro.

Contrairement aux craintes initiales, les tests comparatifs menés lors des essais libres ont confirmé que le nouveau plancher apportait un gain de performance significatif. Verstappen reconnaissait que simplement revenir à l’ancien plancher n’aurait pas résolu les problèmes : “Je ne pense pas que ce serait plus rapide, simplement parce que les autres équipes ont vraiment bien amélioré leur voiture.” Le Néerlandais soulignait ainsi qu’il était impératif de progresser techniquement plutôt que de régresser en espérant retrouver un équilibre perdu.

Une nouvelle philosophie de réglages au cœur du succès

Au-delà des évolutions techniques, Red Bull a également modifié sa façon de préparer les week-ends de course. Marko révélait que l’équipe ne jouait plus autant avec les modes moteur durant les essais libres : “Nous utilisons simplement notre mode course normal. Nous savons que le moteur peut tenir, donc nous suivons juste notre plan.”

Cette approche plus transparente marquait un changement par rapport aux saisons précédentes, où Red Bull avait l’habitude de sous-exploiter ses moteurs durant les essais pour masquer ses véritables performances. Cette stratégie de “sandbagging” était devenue contre-productive dans le contexte de 2024-2025, où l’équipe devait comprendre précisément où elle se situait par rapport à la concurrence.

Verstappen a également pris davantage de responsabilités dans les décisions de réglages. Avant les qualifications à Monza 2025, certains membres de l’équipe suggéraient d’augmenter légèrement l’appui pour améliorer le temps théorique au tour. Le pilote néerlandais a tenu bon et imposé sa vision : moins d’aileron pour plus de vitesse de pointe. “Quand je suis retourné dans ma chambre, je pouvais encore voir certains visages et quelques personnes qui doutaient de cette direction de réglages. Mais je sentais juste que ‘c’est ce que nous devons faire’, et heureusement ça a fonctionné.”

Cette décision reflétait une confiance renouvelée dans l’instinct du pilote. Pierre Wache, directeur technique de Red Bull, penchait initialement pour un aileron arrière légèrement plus chargé, mais Verstappen savait que la vitesse de pointe serait cruciale pour attaquer et défendre en course. “À la fin, c’est moi qui suis assis dans la voiture et qui ressens certaines choses”, rappelait-il.

L’équipe avait également ajusté sa dépendance vis-à-vis du simulateur et de la soufflerie. Marko admettait que la corrélation de ces outils n’avait pas toujours été fiable en 2025, poussant Red Bull à accorder plus de poids aux retours piste du pilote. Cette approche plus empirique contrastait avec la méthodologie ultra-scientifique qui avait fait le succès de l’équipe par le passé, mais elle s’avérait nécessaire dans le contexte actuel.

Les leçons de Zandvoort appliquées à Monza

Verstappen soulignait que l’équipe avait beaucoup appris lors du Grand Prix des Pays-Bas 2025, course disputée juste avant Monza. Ces enseignements ont été directement appliqués en Italie, contribuant au retournement de situation spectaculaire. “Je pense que nous avons beaucoup appris sur la voiture à Zandvoort”, expliquait le Néerlandais.

À Zandvoort, Red Bull avait testé différentes configurations de plancher sur les deux voitures de Verstappen et Pérez. Malgré des conditions météorologiques difficiles qui avaient compliqué l’analyse des données, l’équipe avait réussi à identifier les zones d’amélioration prioritaires. Ces tests comparatifs, bien que frustrants sur le moment, avaient fourni des informations précieuses sur le comportement du plancher dans diverses conditions.

L’un des aspects clés découverts à Zandvoort concernait la fenêtre d’exploitation de la voiture. La RB21 s’avérait extrêmement sensible aux réglages, avec une marge d’erreur très faible. “C’est toujours très sensible, mais je pense que nous comprenons un peu mieux où nous devons être avec cette voiture en termes de réglages”, commentait Verstappen. Cette compréhension approfondie permettait à l’équipe d’arriver avec une base de réglages plus pertinente dès les premiers essais libres.

La préparation du vendredi à Monza illustrait ce changement d’approche. Au lieu de tester de multiples directions de développement qui obligeaient ensuite à des ajustements drastiques entre vendredi et samedi, Red Bull arrivait avec une configuration plus aboutie. “En 2023, nous avions besoin de beaucoup moins pour être rapides, parce que nous avions une bonne marge. Peut-être que vous n’osiez même pas prendre certaines directions de réglages, mais maintenant nous devons le faire, juste pour être compétitifs.”

Cette philosophie pragmatique reflétait la réalité de la situation : Red Bull ne pouvait plus compter sur une supériorité technique écrasante et devait optimiser chaque aspect de ses performances. L’équipe travaillait désormais avec des marges beaucoup plus réduites, ce qui exigeait une précision chirurgicale dans les réglages et une meilleure anticipation des conditions de piste.

Le record du tour le plus rapide : validation du concept

La consécration de la mise à niveau du plancher Red Bull F1 pour Verstappen à Monza est venue lors des qualifications, lorsque le Néerlandais a signé le tour le plus rapide jamais enregistré en Formule 1. Cette performance extraordinaire validait toutes les décisions techniques et stratégiques prises par l’équipe dans les mois précédents.

Le tour record de Verstappen représentait l’aboutissement d’une remontada impressionnante. Douze mois auparavant, le pilote Red Bull était sixième et désespéré. En 2025, il repoussait les limites de ce qui semblait physiquement possible sur un tracé de F1. Cette progression spectaculaire témoignait de l’ampleur du travail accompli par l’ensemble de l’équipe.

Marko résumait ainsi la stratégie adoptée pour les qualifications : “Nous avons opté pour un équilibre avec un appui relativement faible puisque notre vitesse de pointe n’était pas exceptionnelle, mais suffisamment d’appui pour se battre pour la pole position. Max a exécuté cela brillamment.” Cette recherche d’équilibre entre vitesse en ligne droite et performance en courbe incarnait parfaitement la philosophie de compromis qui caractérise Monza.

La performance en qualifications posait toutefois la question de la course. Le choix d’un aileron arrière plus déchargé offrait des avantages en termes de vitesse de pointe pour les dépassements et la défense, mais soulevait des inquiétudes concernant la gestion des pneumatiques. “Je pense que j’ai un peu plus de vitesse de pointe, mais au final vous devez aussi être rapide dans les virages. McLaren reste forts dans ce niveau et gèrent mieux les pneus que quiconque.”

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.