Réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent : un nouveau mandat sous haute tension

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Ce que signifie la réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent pour l’avenir du sport automobile

Lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération Internationale de l’Automobile qui s’est tenue à Tashkent, en Ouzbékistan, Mohammed Ben Sulayem a officiellement été reconduit à la tête de l’institution pour un second mandat de trois ans. Cette réélection, largement attendue par les observateurs du paddock, intervient dans un contexte particulièrement complexe marqué par des tensions internes, des controverses récentes et des enjeux stratégiques majeurs pour l’ensemble des disciplines régies par la FIA. Le dirigeant émirati a recueilli une majorité confortable des voix des clubs membres, malgré les critiques qui ont émaillé son premier mandat.

Les débats qui ont précédé ce vote à Tashkent ont révélé une fédération divisée sur plusieurs questions fondamentales. L’administration Ben Sulayem a fait face à des remises en question de ses méthodes de gouvernance, de ses positions sur la réglementation de la Formule 1, ainsi que de sa gestion de la transition vers la mobilité durable. Pourtant, le soutien des grands clubs automobiles européens et de la majorité des fédérations nationales du Moyen-Orient et d’Asie a permis au président sortant de franchir l’obstacle sans grande difficulté, avec près de 65% des suffrages exprimés selon des sources proches du vote.

Les défis qui attendent Mohammed Ben Sulayem lors de son second mandat à la présidence de la FIA 2025

La crise de confiance avec la Formule 1 et les promoteurs

Le premier grand chantier de ce nouveau mandat reste incontestablement la relation délicate entre la FIA et la Formule 1. Les tensions sont montées d’un cran au cours de l’année 2024, notamment autour de la question de l’augmentation du nombre de courses au calendrier et des pouvoirs respectifs de la FIA et de Liberty Media. Ben Sulayem a répété à plusieurs reprises sa volonté de “protéger la souveraineté réglementaire” de la fédération, au risque de heurter les intérêts commerciaux de la discipline reine.

L’affaire des commentaires controversés du président sur une possible valorisation à 20 milliards de dollars de la F1 avait créé un précédent inquiétant, conduisant Liberty Media à envoyer une lettre officielle de mise en garde. Cette séquence avait mis en lumière un déséquilibre de pouvoir latent. Aujourd’hui, les parties doivent trouver un modus vivendi pour les années à venir, d’autant que la Concorde Agreement arrive à expiration en 2026. L’enjeu est de taille : éviter une guerre ouverte qui pourrait nuire à l’attractivité du spectacle et à la stabilité du championnat.

La transition écologique et les choix technologiques controversés

L’adaptation des règlements sportifs aux impératifs climatiques constitue le second pilier de ce mandat. La FIA s’est fixée des objectifs ambitieux de réduction de son empreinte carbone d’ici 2030, mais la mise en œuvre reste problématique. Les débats autour du développement des carburants durables, de la place des motorisations électriques dans les disciplines d’avenir et de la compensation des émissions de CO₂ liées au transport des équipes continuent de diviser les acteurs.

Le président Ben Sulayem a pourtant montré sa détermination lors de son discours à Tashkent en affirmant : “Nous ne pouvons plus différer les choix difficiles. La durabilité n’est pas une option, c’est une obligation.” Cette posture ferme doit maintenant se traduire par des décisions concrètes, notamment sur l’avenir des nouvelles catégories telles que la Formula E et sur les spécifications techniques des futures générations de monoplaces de F1. Les constructeurs attendent des signaux clairs pour orienter leurs investissements à long terme.

La réforme de la gouvernance interne de la FIA

Les critiques sur la transparence des décisions et la concentration des pouvoirs au sommet de la fédération n’ont pas été balayées par ce vote. Un rapport interne confidential, dont des extraits avaient filtré dans la presse spécialisée, pointait des dysfonctionnements structurels et une gestion parfois opaque des nominations à des postes clés. L’opposition, menée notamment par des clubs historiques comme le RACB, le club royal automobile de Belgique, avait appelé à une refonte en profondeur des instances de décision.

La réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent n’a pas mis un terme à ces revendications. Au contraire, elle les rend plus pressantes. Le président devra impérativement mettre en œuvre les recommandations du groupe de travail sur la gouvernance, créé sous la pression des membres. Cela implique notamment :

  • Une plus grande indépendance des commissions sportives vis-à-vis du secrétariat général
  • La publication d’un rapport financier détaillé et accessible à tous les clubs membres
  • La mise en place d’un mécanisme de recours clair contre les décisions arbitraires
  • La diversification géographique et technique des postes de direction

Réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent : les réactions du paddock

Les soutiens inconditionnels du Moyen-Orient et de l’Asie

L’une des principales forces de Ben Sulayem réside dans son ancrage régional. Les fédérations du Golfe et d’Asie centrale ont massivement apporté leur soutien au président émirati, saluant son rôle dans le développement des disciplines mécaniques sur des marchés émergents. Le Grand Prix d’Azerbaïdjan, les projets d’infrastructures au Qatar et aux Émirats, ainsi que l’ouverture de nouveaux circuits en Asie témoignent selon eux d’une vision dynamique et tournée vers l’avenir.

Le président de la fédération automobile du Koweït a déclaré après le vote : “Mohammed Ben Sulayem a su donner une voix à des régions qui étaient jusqu’alors sous-représentées au sein de la FIA. Son action en faveur de la jeunesse et de la formation des officiels est indiscutable.” Cette ligne de défense, souvent reprise par ses partisans, met l’accent sur la modernisation des structures et l’internationalisation du sport automobile au-delà de ses bastions traditionnels européens.

Les réticences persistantes en Europe et en Amérique du Nord

À l’inverse, les fédérations historiques de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord sont restées majoritairement dans l’opposition ou l’abstention. Le vote à Tashkent a révélé une fracture géographique et culturelle au sein de la fédération. Les critiques européennes pointent une “personnalisation du pouvoir” et une gestion “trop verticale” qui s’éloignerait de l’esprit collegial qui avait prévalu sous les mandats précédents.

L’ACO, l’Automobile Club de l’Ouest qui organise les 24 Heures du Mans, a exprimé ses réserves dans un communiqué mesuré : “Nous respectons le choix démocratique des membres, mais nous attendons des actes forts en matière de transparence et de dialogue avec les parties prenantes historiques du sport automobile.” Cette position nuancée reflète une inquiétude diffuse : celle d’une FIA qui tendrait à privilégier les intérêts géopolitiques sur les intérêts sportifs pures.

L’avenir du sport automobile après la réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent

Les décisions stratégiques attendues d’ici 2026

Le calendrier des prochains mois sera dense et révélateur des véritables intentions du président réélu. D’ici la fin 2025, la FIA devra trancher sur plusieurs dossiers explosifs :

  1. Le nouveau format des qualifications sprint : extension ou retrait après les résultats mitigés de 2024
  2. Les spécifications moteurs 2026 : équilibre entre performance, coût et durabilité
  3. L’ouverture de la F1 à de nouveaux promoteurs : Andretti et General Motors restent sur les starting-blocks
  4. La réglementation des réseaux sociaux : encadrement des communications des pilotes sur des sujets politiques

Chacune de ces décisions aura des conséquences financires et sportives majeures. La manière dont Ben Sulayem impliquera les différentes parties prenantes (équipes, promoteurs, constructeurs, pilotes) dans ces arbitrages déterminera sa capacité à gouverner autrement que par décrets.

Le risque d’une Ligue des champions du sport automobile

Certains observateurs avancent l’hypothèse d’un “Plan B” dans les coulisses : la création d’une ligue parallèle si les tensions devenaient insoutenables. Bien que ce scénario reste marginal, les rumeurs persistent. Liberty Media détient les droits commerciaux de la F1 jusqu’en 2031, mais rien n’empêcherait les équipes de s’unir autour d’un nouveau championnat si la régulation FIA devenait trop contraignante ou trop imprévisible.

Cette menace implicite pèse sur les négociations et oblige la FIA à la plus grande prudence. La réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent ne doit pas être interprétée comme un blanc-seing. Au contraire, elle l’expose davantage. Échec sur un dossier majeur et la fragilité de son équilibre pourrait se révéler brutalement. Le président doit donc jouer la carte de la concertation sans perdre de vue les intérêts supérieurs de la fédération.

Lire aussi : Les tensions FIA-Formule 1 sous Jean Todt et Histoire des crises de gouvernance à la FIA

Bilan d’étape : réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent, entre continuité et incertitudes

Le second mandat de Mohammed Ben Sulayem commence donc sous le signe de la prudence. Sa réélection confirme un rapport de forces qui lui est favorable, mais elle élève aussi les attentes. Les membres européens qui se sont abstenus plutôt que de voter contre attendent des gestes d’apaisement. Les équipes de Formule 1 réclament des règles du jeu stables et prévisibles. Les constructeurs veulent une feuille de route technologique claire pour les investissements à venir.

Le président a hérité d’une fédération plus complexe et plus exigeante que celle qu’il avait reprise en 2021. Ses premières déclarations à Tashkent ont mis l’accent sur l’unité et l’avenir, mais les actes manquent encore à l’appel. La communauté du sport automobile mondial attend désormais une traduction concrète des promesses. Les 1000 premiers jours de ce mandat seront décisifs pour déterminer si la réélection de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA 2025 à Tashkent marque un tournant ou la poursuite d’une gestion controversee.

À l’heure où l’industrie automobile connaît la plus grande révolution de son histoire, la FIA ne peut se permettre de stagner. Le choix de Tashkent comme lieu de cette assemblée générale n’est pas anodin : il symbolise l’orientation géopolitique de la FIA vers de nouveaux territoires. Reste à savoir si cette ouverture se fera au détriment des fondamentaux sportifs qui ont fait la grandeur du sport automobile pendant plus d’un siècle. Les mois qui viennent nous le diront.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.