Razgatlioglu « énervé » alors que le rythme ne vient pas lors du test MotoGP de Sepang

Toprak Razgatlioglu a exprimé sa frustration après le test de Sepang en MotoGP. Le champion du monde en titre de WorldSBK, qui effectue ses débuts très attendus avec Pramac Yamaha, a peiné à trouver le bon rythme sur la piste malaisienne. Son meilleur temps de 1 m 58,326 s l’a placé 18e au classement final, à près de deux secondes du leader Alex Marquez sur Ducati.

Malgré cinq jours d’essais cumulés entre le shakedown et le test officiel, le Turc de 29 ans n’a pas réussi à enchaîner les performances espérées. Un problème de sécurité avec le nouveau moteur V4 Yamaha a immobilisé les pilotes d’usine mercredi, mais Razgatlioglu a tout de même roulé. Il est resté plus de sept dixièmes derrière le meilleur Yamaha du jour, Alex Rins.

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Les performances décevantes de Razgatlioglu

Razgatlioglu a accumulé du kilométrage précieux ces deux dernières semaines à Sepang. Pourtant, son adaptation à la M1 de Yamaha s’avère plus ardue que prévu. « J’ai appris quelque chose, mais pas beaucoup, parce que j’essaie encore de changer mon style de pilotage », a-t-il confié à la presse, dont Autosport.

Le matin du dernier jour, le rythme n’était pas au rendez-vous. « Je suis un peu énervé, parce que le temps au tour n’arrive pas », a ajouté le pilote Pramac. L’après-midi a apporté quelques améliorations avec des pneus usés, mais les attentes restaient loin d’être comblées.

Son chrono final masque un déficit réel plus important, Fabio Quartararo s’étant blessé et absent les deux derniers jours. Contre Rins, le plus rapide des Yamaha, l’écart dépassait les sept dixièmes. Pour un triple champion WSBK, dont les deux derniers titres, voir son nom si bas au classement est dur à avaler.

Razgatlioglu visait le 1 m 57, mais n’a pas pu descendre sous 1 m 58. Même avec deux pneus neufs et un maximum d’efforts, son idéal lap se limitait à 1 m 58,0 s. « Ma motivation baisse parce que je roule comme avant mais les chronos ne viennent pas », a-t-il regretté.

Malgré cela, il garde espoir. « J’essaie d’apprendre vite. J’espère qu’on reviendra, je ne sais pas comment mais je pousse tous les jours. » Ces mots reflètent la détermination d’un pilote habitué à dominer.

Pourquoi Razgatlioglu peine-t-il en MotoGP ?

L’adaptation aux pneus Michelin

Plusieurs facteurs expliquent les difficultés de Razgatlioglu. D’abord, les pneus Michelin, bien différents des Pirelli de WSBK auxquels il est habitué. Son transfert visait 2027, quand Pirelli deviendra fournisseur officiel, mais pour l’instant, il doit maîtriser les Michelin en qualif et course.

« Ce pneu est un peu différent du Pirelli. Avec le Pirelli, quand ça spinne, c’est facile à gérer. Mais avec Michelin, quand ça spinne, la moto ne s’arrête plus », explique-t-il. Le feedback avant est bon, mais l’arrière reste sensible et dur à comprendre.

Il a besoin de plus de temps pour cerner l’adhérence. À Sepang, l’équipe n’a pas touché à la suspension, se concentrant sur de nouvelles pièces. Les essais en Thaïlande permettront d’ajuster.

Un changement de style de pilotage radical

Ensuite, la Yamaha M1 exige un style différent des superbikes. Razgatlioglu garde son freinage agressif, « parfait » selon lui, mais peine dans les virages longs. « Sur les freins, c’est OK, je freine fort et j’arrête la moto. Mais les virages longs, je ne comprends pas encore. »

Avec pneus neufs, il galère à ouvrir les gaz. En WSBK, il utilisait l’arrière pour tourner en glissant et accélérer. En MotoGP, c’est l’inverse : « Il faut rouler style Moto2, ouvrir les gaz doucement parce que l’arrière est sensible. Mon équipe me dit de rouler smooth, mais après les superbikes, c’est très dur. »

Des compromis sur la moto

La moto manque de vitesse en courbe comparée à la Ducati d’Alex Marquez. « Sa moto tourne incroyablement, accélère bien et a plus de grip. La nôtre ne tourne pas autant. » Un nouveau guidon a aidé en freinage mais fait perdre en ligne droite et en virage.

À cause de sa taille, Razgatlioglu roule sans ailerons arrière pour respecter les règles de hauteur 2026. Ces ajustements demandent du temps.

  • Freinage : Force maintenue de WSBK.
  • Virages longs : Manque de compréhension.
  • Pneus neufs : Difficulté à gérer la sensibilité.
  • Guidon : Gain en arrêt, perte en vitesse.

Les prochaines étapes pour Razgatlioglu

Deux jours d’essais en Thaïlande à Buriram fin février attendent l’équipe. Razgatlioglu y vise une simulation course pour préparer son premier GP, le 1er mars en ouverture de saison.

Ces tests seront cruciaux pour affiner set-up et style. Yamaha mise sur lui pour booster le projet V4, malgré les soucis moteur initiaux.

L’arrivée de Razgatlioglu change la donne en MotoGP. Son talent en freinage et agressivité pourraient vite payer, une fois l’adaptation faite.

Malgré la frustration actuelle, le Turc reste positif. Ces débuts laborieux rappellent ceux d’autres transitions réussies, comme Casey Stoner ou Marc Marquez. Avec du travail, il pourrait viser le top en 2026.

Sepang montre les défis, mais aussi le potentiel. La Thaïlande dira si la motivation remonte. Pour le championnat, son intégration rapide sera clé face aux Ducatis dominantes.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.