Rallye WRC en Arabie Saoudite : Sesks mène après crevaison de Rovanpera avec brio
Le pilote M-Sport Ford a signé un début de rallye étourdissant, remportant deux spéciales sur quatre et gérant parfaitement les pièges du parcours. Au volant de sa Ford Puma, le Letton affiche 39’40”6 au général, devant un trio de pilotes plus expérimentés. Son copilote Renars Francis navigue avec précision sur des routes qu’aucun équipage n’avait empruntées auparavant.
Sesks a pourtant connu une frayeur dans l’ES4, la spéciale qui a vu Rovanpera crever. À un croisement de routes, l’équipage letton a raté une intersection au sommet d’une bosse, du temps perdu mais pas assez pour compromettre sa place de leader. Cette erreur, commune à plusieurs pilotes dont Elfyn Evans, témoigne de la difficulté de navigation sur ce rallye inédit.
La performance de Sesks prend d’autant plus de relief que l’équipage a dû composer avec des conditions de piste dégradées par les premiers passages. Les 11,33 kilomètres de l’ES4 se sont révélés particulièrement sélectifs, avec des pierres délogées créant des zones de crevaison à haut risque. Le jeune pilote letton a su modérer son attaque sans renoncer à sa cadence.
La crevaison de Rovanpera bouleverse les rapports de force
Le Finlandais, troisième homme de la lutte pour le titre, a vu ses espoirs s’envoler littéralement dans les airs lors de l’ES4. Une crevaison à l’arrière gauche l’a contraint à s’arrêter et à changer sa roue, faisant perdre 49 précieuses secondes. Cet incident relève le pilote de la Toyota Gazoo Racing à la 10e place au général, à plus d’une minute du temps de référence.
Les conséquences sont immédiates pour le champion en titre. Avant le départ de l’épreuve, Rovanperä comptait 24 points de retard sur Elfyn Evans, leader du championnat. Il devait espérer un scénario catastrophe pour ses deux rivaux Toyota, mais c’est lui qui a subi le premier coup du sort. Le Finlandais ne compte plus que théoriquement dans la course au titre.
L’impact psychologique est considérable pour l’équipe Toyota. Jonne Halttunen, copilote de Rovanperä, a dû gérer la déception après un arraux précautionneux. Les quelques mots échangés au bout de la spéciale révélaient un électro-choc : « On n’avait pas vu la pierre au radar, elle était parfaitement cachée dans un virage en dévers. » Cette crevaison isolée n’épargnera personne dans l’après-midi.
Rallye WRC en Arabie Saoudite : Sesks mène après crevaison de Rovanpera, mais Ogier domine son match
Le Français Sébastien Ogier, en quête d’une neuvième couronne mondiale, occupe provisoirement la septième place à 27”6 du leader Sesks. Malgré une position défavorable en troisième position sur la route, il domine virtuellement son duel avec Elfyn Evans, son unique rival pour le titre. Le Gallois trime en huitième position, à 22”8 derrière le Gapençais.
Cet écart change la donne au championnat. Avec seulement trois points d’écart avant le départ, Evans perd désormais virtuellement deux points supplémentaires. Ogier, plus expérimenté dans la gestion des situations de pression, a opté pour une stratégie de précaution. « J’ai beaucoup moins pris de risques, surtout dans les sections piégeuses, » a-t-il confié au micro de Toyota.
Le calcul est simple pour le champion français : il doit terminer devant Evans et prendre au moins un point supplémentaire lors du Super Samedi ou de la Power Stage pour être sacré. Son expérience du rallye de Monte-Carlo et des autres épreuves sur terre l’avantage face à un Evans qui a reconnu être « un peu trop conservateur » en début de parcours.
Les conditions saoudiennes créent un rallye d’anthologie
Les quatre spéciales du matin ont révélé un terrain à la fois sableux et pierreux, changeant de physionomie à chaque chronométrage. L’ES1, remportée par Ott Tänak, était relativement simple avec 1,5 km de dunes compactes. L’ES2, remportée par Sesks, a introduit des pierres tranchantes dans un parcours plus long de plus de 20 kilomètres.
Les conséquences de l’ordre de passage se sont fait sentir dès l’ES3. Les premières voitures ont balayé le sable, dévoilant des pierres cachées transformant la piste en mine pour les suivants. Le phénomène s’est amplifié dans l’ES4 où plusieurs crevaisons ont éclaté. Les équipages Hyundai ont mieux géré ces conditions, avec Adrien Fourmaux en deuxième position et Ott Tänak quatrième.
La température élevée, associée à une humidité relativement faible, met les pneus à rude épreuve. Les choix de gommes se révèlent cruciaux : les Michelin ont montré une résistance supérieure sur les sections les plus pierreuses, tandis que les Pirelli semblaient plus performants sur le sable meuble. Cette variabilité explique en partie les surprises du classement.
Rallye WRC en Arabie Saoudite : Sesks mène après crevaison de Rovanpera mais que va-t-il se passer ensuite ?
L’après-midi promet d’être tout aussi spectaculaire avec un second passage sur les mêmes spéciales. Les ornières creusées par les 12 premières voitures vont modifier radicalement les trajectoires. Les pierres délogées deviendront des projectiles potentiels pour les suivants, multipliant les risques de crevaisons ou de dégâts mécaniques.
Les stratégies vont diverger. Les leaders pourront attaquer sur un parcours qu’ils connaissent désormais, mais avec une piste dégradée. Les Toyota, mal placées au général, devront prendre des risques calculés pour remonter au classement. Sébastien Ogier a déjà annoncé son intention de « pousser un peu plus » dans l’ES5 et l’ES6.
Pour Elfyn Evans, la situation exige une remontada. Le Gallois doit non seulement rattraper Ogier, mais aussi éviter de nouvelles erreurs. Son faux pas dans l’ES4, où il a raté un embranchement pendant 15 secondes, ne doit pas se répéter. Le championnat se joue sur l’exactitude de ses notes autant que sur sa vitesse pure.
Le rallye se terminera samedi par la Power Stage, où cinq points supplémentaires seront distribués. Tout reste possible pour le titre pilotes, même si Kalle Rovanperä devra compter sur une succession de désastres pour ses coéquipiers. Le Finlandais devra se contenter de jouer les trouble-fête et d’essayer de remporter des points précieux pour Toyota au constructeurs.
Le classement de la première matinée révèle une hiérarchie provisoire qui ne reflète pas les enjeux du championnat. Martin Sesks profite d’une position idéale pour briller, Sébastien Ogier gère son avance virtuelle sur Elfyn Evans, tandis que Kalle Rovanpera doit déjà considérer cette dernière manche comme un rallye d’apprentissage pour 2026. Les conditions saoudiennes ont donné un avantage indéniable aux équipages partant plus loin sur la route, bouleversant les prédications. L’après-midi décidera si la tendance se confirme ou si les champions sauront s’adapter et remonter au classement.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.