Oliver Solberg a saisi une avance conséquente dès les premières heures du Rallye Safari du Kenya 2026, devançant son coéquipier Toyota Elfyn Evans de 33,3 secondes après seulement deux spéciales. Vainqueur du Monte-Carlo plus tôt cette saison, le pilote suédois a profité d’une averse torrentielle dans la première épreuve pour creuser l’écart, tandis que le champion en titre Sébastien Ogier pointe à 1 minute 05,1 seconde. Toyota occupe les cinq premières places, signe d’une domination japonaise malgré les conditions extrêmes typiques de ce round africain du WRC.
Cette édition 2026, disputée du 12 au 15 mars à Naivasha, confirme la réputation impitoyable du Safari Rally. Avec 20 spéciales pour 350 km chronométrés, les équipages affrontent boue, poussière et surchauffe. Solberg, fraîchement titularisé chez Toyota pour toute la saison[1], démontre déjà sa maîtrise, mais la suite s’annonce longue et piégeuse.[2]

La spéciale d’ouverture Camp Moran : survie en mode bain de boue
La première spéciale Camp Moran (24,35 km) a tenu toutes ses promesses de chaos. Attendue comme un test décisif, elle a été balayée par une averse violente transformant la piste déjà boueuse en bourbier imprévisible. Les pionniers de la route ont bénéficié des meilleures conditions, Solberg, second sur la route, signant le temps de référence, 30 secondes plus rapide qu’Evans, opener pénalisé par un pare-brise embué.
« Je n’arrive pas à y croire, nous sommes encore dans cette position, je ne voyais rien, on a été sauvés par la pluie à la fin, mais impossible de voir clair », a lâché Evans au micro. Solberg lui-même a avoué des problèmes de visibilité : « Trente secondes sur Elfyn et une minute sur Seb, c’était une surprise. C’était si dur, plus une question de lecture de la route que d’écoute des notes. J’ai utilisé les éclaboussures d’eau comme lave-glace. »
Les suivants ont souffert : près de quatre minutes séparent les Rally1, Ogier sauvant les meubles à 1 minute 09,3 de Solberg. Takamoto Katsuta, quatrième malgré une panne d’intercom l’ayant privé de notes, illustre la résilience Toyota. Sami Pajari complète le top5 devant Thierry Neuville, premier Hyundai à 3,1 secondes du Finlandais.
« On avait besoin d’un bateau, d’un tank, ou d’autre chose, mais pas d’une voiture de rallye », ironise Neuville. Cette ES a rappelé pourquoi le Kenya reste une loterie, où la survie prime sur la vitesse pure.
Domination Toyota : un quinté historique en Rally1
Toyota a verrouillé les cinq premières places après deux ES, un exploit rare sur ces routes kenyanes impitoyables. Solberg mène, suivi d’Evans, Ogier, Katsuta et Pajari. Cette suprématie s’explique par une préparation minutieuse, incluant les nouveaux pneus Hankook Dynapro R213 adaptés aux graviers abrasifs du Safari Rally Kenya.[1]
Katsuta, frustré par sa panne intercom en ES1, a rebondi en remplaçant l’équipement lors du liason. Pajari, promu chez Toyota, confirme son potentiel. Ogier, double vainqueur ici, mise sur son expérience pour remonter.
Chez les concurrents, Hyundai patine : Neuville sixième à 2 minutes 21,9 secondes, malgré un pilotage prudent. Jon Armstrong mène les Ford M-Sport, devant un Josh McErlean handicapé par l’embuage (+3 minutes 57).
Cette emprise Toyota anticipe un retour musclé d’Hyundai, comme l’espérait Jari-Matti Latvala avant l’épreuve.[1] Le constructeur japonais domine le championnat précoce 2026, post-Suède et Monte-Carlo.
ES2 Mzabibu : ciel bleu et alertes surchauffe
Contrastant avec l’ES1, Mzabibu (8,86 km) offrait ciel bleu et route plus sèche. Ogier l’emporte pour 0,4 seconde sur Pajari, Katsuta troisième après réparation intercom. Solberg, quatrième, porte son avance en battant Evans de 3,3 secondes.
Pourtant, les routes kenyanes se rappellent à tous : quatre Rally1 signalent des surchauffe. De la vapeur s’échappe du i20 N de Neuville, ses coéquipiers Fourmaux et Lappi ralentissent. McErlean stoppe mi-ES sur sa Puma.
« On a surchauffé en ES1, le radiateur était plein de boue. On l’a nettoyé avant, brossé et soufflé, mais trop de saleté », explique Neuville. Fourmaux : « Problème causé par l’ES1, la boue a bouché. On va réparer pour le reste du week-end. »
Neuville tient sixième, Fourmaux chute huitième (+2 minutes 38,1), derrière Armstrong. Lappi et Gus Greensmith (WRC2) ferment le top10.
Déclarations et enjeux pour la suite
Les pilotes soulignent l’imprévisibilité : Solberg parle de « chance salvatrice » par la pluie, Evans de visibilité nulle. Neuville prône la gestion : « Le rallye est long, beaucoup peut arriver. »
Historiquement, le Safari a vu des leaders craquer : en 2021, Ogier vainqueur inattendu. Solberg, fils de Petter, vise l’exploit en Rally1 pleine saison.
Vendredi propose huit ES pour 125 km, avec boucles intenses. Consultez l’itinéraire complet sur le site officiel du WRC.[2]
| Top 10 provisoire après ES2 |
|---|
| 1. Solberg (Toyota) |
| 2. Evans (Toyota) +33,3 s |
| 3. Ogier (Toyota) +1:05,1 |
| 4. Katsuta (Toyota) |
| 5. Pajari (Toyota) |
| 6. Neuville (Hyundai) +2:21,9 |
| 7. Armstrong (Ford) |
| 8. Fourmaux (Hyundai) +2:38,1 |
| 9. Lappi (Hyundai) |
| 10. Greensmith (WRC2) |
Perspectives : une loterie jusqu’au bout
Ce Safari 2026 s’annonce comme une épreuve imprévisible, amplifiée par la météo et les évolutions du tracé. Toyota part forte, mais Hyundai guette la faille, avec des réglages ambitieux en préparation. Solberg, en pleine ascension, pourrait marquer les esprits.
Suivez l’évolution sur safarirally.ke pour les horaires et accès. Les enjeux championnat s’affinent : une constance ici pèse lourd face à Suède et Monte-Carlo déjà courus. Toyota consolide-t-il son avance ? Réponse dans les jours à venir.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.