Rallye Monte-Carlo 2026 : Solberg poursuit sa domination malgré une crevaison

WRC

Oliver Solberg continue de régner en maître sur le Rallye Monte-Carlo 2026, première manche du championnat du monde des rallyes (WRC). Malgré une crevaison lente en ES5 ce vendredi matin, le pilote Toyota Gazoo Racing maintient un écart confortable en tête de l’épreuve. Accompagné de son copilote Elliott Edmondson, le Suédois a enchaîné les performances impressionnantes sur des routes mêlant neige, glace, asphalte sec et boue.

Après une première journée jeudi marquée par des conditions dantesques – pluie, neige fondue, brouillard et visibilité quasi nulle –, Solberg avait déjà pris les commandes avec 44,2 secondes d’avance sur son coéquipier Elfyn Evans. Le fils de l’ancien champion du monde Petter Solberg confirme ainsi son statut de recrue phare de Toyota pour cette saison 2026.

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Les succès en matinée : deux victoires de spéciale

Le vendredi matin a repris avec l’ES4, un test exigeant alternant asphalte sec et portions glacées. Solberg n’a pas tremblé et a signé le meilleur temps, devançant Thierry Neuville (Hyundai) de 19,1 secondes et Evans de 26,5 secondes. Cette performance a porté son avance à 1 minute 10,7 secondes sur le Gallois.

« Je suis prudent, mais je m’amuse. L’équipe gravel a fait un travail incroyable pour tout positionner exactement comme prévu, j’ai fait confiance à 100 % ! Bon boulot », a déclaré Solberg à l’arrivée, soulignant la parfaite préparation de son équipe.

Les conditions variables ont favorisé les pionniers de la route, mais Solberg a maîtrisé le mix neige-glace-asphalte mouillé. Sébastien Ogier, champion en titre et recordman du Monte-Carlo avec dix victoires, n’a pu que suivre en quatrième position sur cette spéciale, à 32,8 secondes du leader.

Neuville, en difficulté avec les pneus hiver Hankook, a toutefois montré des signes d’amélioration en se classant deuxième. Grégoire Munster (M-Sport Ford) a été le meilleur de son équipe, mais c’est Jon Armstrong qui conservait la cinquième place provisoire.

La crevaison en ES5 : un coup dur temporaire

L’ES5, majoritairement sèche sans neige ni glace, a vu la route se dégrader rapidement avec les coupes des pneus. Solberg a alors subi une crevaison avant-gauche sur un pneu clouté, perdant 27,2 secondes. « Je ne sais pas comment [c’est arrivé], ça a commencé très lentement et la pression a chuté. Crevaison stupide », a-t-il regretté.

Evans en a profité pour remporter sa deuxième spéciale du rallye, devançant Ogier de 4,8 secondes. L’écart sur Solberg est revenu à 43,5 secondes. Neuville, avec pneus super soft cloutés, a perdu 30 secondes sur Evans.

D’autres ont souffert : Takamoto Katsuta (Toyota) et Munster ont aussi crevé, ce dernier s’arrêtant même pour changer une roue avant d’en subir une autre en ES6. Les routes sales ont pénalisé les leaders.

Cette spéciale a rappelé la traîtrise du Monte-Carlo, où les crevaisons sont légion. Historiquement, des pilotes comme Sébastien Loeb ou Colin McRae ont perdu des victoires à cause de cela.

Le retour triomphal en ES6

La neige et la glace sont revenues pour l’ES6, avec des sections boueuses. Malgré la perte d’un pneu clouté, Solberg a réagi en force, gagnant la spéciale de 8,8 secondes devant Neuville. Son avance sur Evans est remontée à plus d’une minute.

« Ce n’est pas de plus en plus facile, c’est dingue [là dehors]. J’ai juste besoin de respirer un peu maintenant car la concentration est intense », a confié le Suédois. Fourmaux (Hyundai) a été troisième, grimpant en cinquième place globale, à 2 minutes 28,2 secondes du leader.

Evans et Ogier ont perdu du terrain, postant les quatrième et cinquième temps. Katsuta a subi une nouvelle crevaison avant-droite. Le top 10 est complété par des WRC2 comme Léo Rossel (Citroën) et Nikolay Gryazin (Lancia).

Cette résilience rappelle les grands moments du rallye, comme la victoire de Solberg père en 2003 sur ce même Monte-Carlo.

Classement après la boucle matinale

Voici le top 10 provisoire avant la répétition de la boucle cet après-midi :

  1. Oliver Solberg / Elliott Edmondson (Toyota)
  2. Elfyn Evans / Scott Martin (Toyota) + 1’04”2 (environ, après ajustements)
  3. Sébastien Ogier / Vincent Landais (Toyota) + 1’39”9
  4. Thierry Neuville / Martijn Wydaeghe (Hyundai)
  5. Adrien Fourmaux / Alexandre Coria (Hyundai)
  6. Jon Armstrong / Shane Byrne (Ford Puma)
  7. Takamoto Katsuta / Aaron Johnston (Toyota)
  8. Hayden Paddon / John Kennard (Hyundai)
  9. Léo Rossel / Guillaume Mercoiret (Citroën WRC2)
  10. Nikolay Gryazin (Lancia WRC2)

Josh McErlean et Sami Pajari ont repris après abandons jeudi. Source : résultats officiels WRC.

Perspectives pour l’après-midi et la suite du championnat

L’après-midi promet plus de boue pour tous, rendant les conditions plus consistantes mais toujours piégeuses. Solberg alerte : « Une minute d’avance, c’est bien mais au Monte-Carlo ce n’est pas grand-chose. Tout peut arriver, comme avec ma crevaison. Il faut un peu de chance aussi. »

Pour Toyota, cette domination en trio (Solberg, Evans, Ogier) lance idéalement la saison 2026. Hyundai doit réagir avec Neuville et Fourmaux. Ce rallye pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour Solberg, qui vise le titre.

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Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.