Rallye de Suède 2026 : des bancs de neige plus bas, un défi inédit pour les pilotes WRC

WRC

Le rallye de Suède 2026, deuxième manche du championnat du monde des rallyes (WRC), s’élance ce jeudi 12 février à Umeå, à environ 300 km au sud du cercle arctique. Renommé pour ses étapes rapides bordées de hautes congères, l’événement réserve cette année une surprise majeure : des niveaux de neige réduits par rapport aux éditions précédentes. Les équipages devront redoubler de prudence sur les 18 spéciales totalisant 300 km.[1]

Malgré des températures extrêmes avoisinant les -20 °C et une présence suffisante de neige, les congères qui jalonnent traditionnellement les routes forestières sont nettement plus basses. Ces barrières naturelles, souvent utilisées pour « pousser » les limites en virage grâce aux pneus cloutés, risquent de se disloquer sous l’impact d’une voiture trop rapide. Les organisateurs ont également déneigé certaines portions, élargissant visuellement les trajectoires mais cachant potentiellement des fossés traîtres.[2]

swedenrallysnow_0.jpg

Conditions enneigées : un terrain piégeux

Les pilotes ont déjà noté ces changements lors des reconnaissances. Jon Armstrong, vainqueur Junior WRC en Suède en 2022 avec M-Sport-Ford, compare les hautes congères habituelles à des « bumpers au bowling » : « C’est le terrain de jeu ultime pour un pilote de rallye, car vous pouvez pousser à fond dans chaque virage grâce à l’adhérence des clous et aux barrières de sécurité que représentent les grosses congères solides. » Mais cette année, « il faut conduire plus comme un rallye normal, propre et précis, sans aller trop large ». Les banques offrent encore un filet de sécurité, mais pas à haute vitesse.[3]

Leader du championnat après sa victoire éclatante au Monte-Carlo, Oliver Solberg (Toyota) tempère l’enthousiasme : « Les congères sont un peu plus basses que d’habitude, mais les routes restent excellentes et il fait -20 °C, ce sera un vrai rallye. Vous pouvez les effleurer, mais pas les enlacer – il faut être plus prudent. » Le triple vainqueur WRC2 en Suède insiste sur la nécessité de rester « propre », surtout vendredi où la neige semble plus abondante.[3]

Sami Pajari (Toyota) alerte sur les routes déneigées : « Certaines étapes paraissent plus larges, mais des surprises guettent au bord, comme des fossés sous la neige. Il faut être précis dans la trajectoire. » Thierry Neuville (Hyundai), champion 2024, confirme : « La conduite reste la même, mais plus de soin est requis, surtout aux virages avec fossés derrière. Avant, les congères vous retenaient ; maintenant, un écart large et c’est fini. » Le Belge, en quête de confiance après un Monte-Carlo compliqué, a pourtant dominé le shakedown initial avec un temps sur son cinquième passage, devant ses coéquipiers Hyundai.[3]

Ces conditions inhabituelles transforment le rallye en un exercice de précision plutôt que de vitesse pure. Les pneus cloutés Hankook, obligatoires, offrent une adhérence exceptionnelle sur glace, mais les ornières rapides dues à la neige meuble exigent une adaptation immédiate. Pour les suiveurs, cela promet un spectacle plus tendu, avec moins de « glissades contrôlées ».[4]

Shakedown : Evans devant dans la neige meuble

Le shakedown d’Umeå, disputé jeudi, a mis en lumière ces défis. Elfyn Evans (Toyota Gazoo Racing) s’est imposé en 1’52”7, devançant Takamoto Katsuta (+0,6 s), Oliver Solberg (+1,1 s) et Sami Pajari (+1,3 s). Esapekka Lappi (Hyundai) suit en cinquième place, talonné par Jon Armstrong (M-Sport).[5]

La surface était « messy et loose », avec de la neige meuble sous freinage et des ornières aux virages. Solberg a frôlé une congère dès son premier passage, Lappi a raté un carrefour et reculé, tandis que Mārtiņš Sesks a calé au départ. Evans commente : « C’est plus meuble que prévu. Le week-end sera intéressant selon les conditions. » Lappi ajoute : « Pas d’adhérence au freinage dans cette neige lâche. »[5]

Neuville, moins à l’aise, décrit un « shakedown pas parfait ». Ces essais confirment que la propreté paiera, les Toyota en tête pour l’instant.

Malgré les incidents, aucun gros dégât n’est à déplorer. Les Rally3 ont ouvert la piste, creusant la neige tôt. Cela augure d’un ordre de passage crucial vendredi, Solberg ouvrant en leader.

Programme : 18 étapes techniques et rapides

Le rallye débute jeudi soir par l’Umeå Sprint (SS1/SS18, arène rouge emblématique). Vendredi propose 124 km dont Bygdsiljum (nouvelle section large et rapide). Samedi et dimanche alternent forêts plates, bosses techniques et Kolksele inversé.[6]

Parmi les nouveautés : Bygdsiljum étendu à plus de 27 km, la plus longue spéciale ; Sarsjöliden allongée au départ ; Vännäs avec son « Mickey Mouse » hairpin. Västervik ferme en power stage, narrow et bumpy.

  • Jeudi : SS1 Umeå Sprint (nouveau départ plat-out).
  • Vendredi : SS2-7 (Bygdsiljum, Andersvattnet, Bäck).
  • Samedi : SS8-14 (Sprints, Vännäs, Sarsjöliden, Kolksele reverse).
  • Dimanche : SS15-18 (Västervik x2, power stage).

Total : 300,66 km chronométrés. Suivez en live sur WRC.com.[1]

Favoris et retours : Solberg sous pression, Lappi de retour

Solberg, premier sur la route, vise le doublé après Monte-Carlo. Evans et Katsuta (Toyota) challengent, Pajari découvre la neige en Rally1. Chez Hyundai, Neuville rebondit, Fourmaux progresse ; Lappi fait un comeback surprise. Chez M-Sport, Armstrong et Sesks débutent fort.[7]

Ces conditions favoriseront les adaptables. Toyota semble affûté, Hyundai motivé après Monte. Détails sur Motorsport.com.[3]

La bataille pour le podium s’annonce serrée, la neige meuble amplifiant les écarts. Les jeunes comme Pajari et Sesks pourraient surprendre.

Avec des congères capricieuses et des fossés cachés, le rallye de Suède 2026 testera la maîtrise plus que la bravoure. Solberg peut-il confirmer son leadership ? Les réponses dès vendredi.

Ce rendez-vous hivernal unique façonnera les classements précoces du WRC 2026. Restez connectés pour les lives et analyses.

Questions fréquemment posées

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.