Thierry Neuville a pris un leadership confortable au Rallye de Croatie WRC 2026 à l’issue de la journée de samedi, grâce à une spéciale 14 piégée qui a provoqué une hécatombe de crevaisons chez ses rivaux. Parti à 13,8 secondes du leader Sami Pajari, le pilote Hyundai termine la journée avec 1 minute 14,5 secondes d’avance sur Takamoto Katsuta (Toyota), tandis que Pajari rétrograde à la troisième place, à 1 minute 46,4 secondes.[1][2]
Les conditions asphaltées, rendues gravelly par les roches sorties des coupures, ont transformé l’épreuve en un véritable parcours du combattant. Neuville, l’un des rares Rally1 à éviter le piège, a su capitaliser sur sa constance pour signer une journée parfaite. “Ça a vraiment cliqué ce week-end”, s’est réjoui le Belge. “La voiture se sent mieux qu’aux autres rallyes dès le début. On a progressé étape par étape.”
Dimanche, quatre spéciales asphaltées attendent les concurrents pour clore cette manche croate, avec Neuville en position de force mais vigilant face aux aléas.

La ES14, tombeur des leaders
La spéciale 14, Generalski Stol - Zdihovo, a été le théâtre d’un scénario catastrophe. Des roches affûtées, traînées sur la trajectoire par les coupures, ont jonché la route, provoquant des crevaisons en série chez les trois quarts des Rally1 en tête.
Sami Pajari, leader depuis l’ES3, a perdu plus de deux minutes pour changer une roue, rétrogradant ainsi de la première à la troisième place globale. “On est encore sur le podium, on devrait s’en réjouir”, a déclaré le Finlandais de Toyota. “Mais je n’arrive pas à trouver beaucoup de positif cet après-midi. Demain est un autre jour, même si je suis dégoûté.”[2]
Takamoto Katsuta a lui aussi subi une crevaison à l’avant gauche, perdant 1 minute 28,3 secondes, mais il a pu rallier l’arrivée en boitant. Cette mésaventure l’a paradoxalement propulsé en deuxième position, profitant de la mésaventure plus grave de Pajari.
Hayden Paddon (Hyundai) n’a pas été épargné non plus, avec une crevaison avant gauche qui l’a ralenti, le reléguant à une confortable quatrième place, à 3 minutes 28,2 secondes du leader.
Les trois derniers Rally1 ont bouclé les deux spéciales suivantes sans incident majeur, préservant cet ordre au classement provisoire de fin de journée.
Réactions et analyse de Neuville
Thierry Neuville a brillé par sa gestion impeccable, évitant les pièges qui ont piégé ses concurrents directs. “Maintenant, j’ai quelque chose avec quoi je suis plus ou moins à l’aise”, a-t-il ajouté après une journée où sa Hyundai i20 N Rally1 a répondu présent.
Cette performance s’inscrit dans une dynamique positive pour Hyundai, qui a apporté des mises à jour techniques spécifiques pour ce rallye asphalté, comme nous l’évoquions dans notre analyse dédiée. Ces évolutions semblent porter leurs fruits, permettant à Neuville de creuser l’écart.
Katsuta, promu dauphin, a démontré une grosse combativité en limitant les dégâts malgré sa crevaison. Pajari, lui, garde un podium à portée, mais son retard impose une charge d’attaque risquée dimanche.
Au-delà des crevaisons, les pilotes ont noté des conditions rappelant plus un rallye gravier qu’asphalte, soulignant la sévérité de cette manche croate.
Drames chez Hyundai et M-Sport Ford
Hyundai a perdu Adrien Fourmaux, cinquième avant la journée, sur un violent sortie dans l’ES12. Le Français a perdu l’arrière de son i20 N sur un crest, percutant un poteau télégraphique et causant des dommages irréparables au train arrière. “C’était une erreur stupide”, a admis Fourmaux. “Je n’ai pas vu que le bitume disparaissait et je suis entré trop tôt dans le virage.”
Du côté M-Sport Ford, Josh McErlean a vécu un calvaire : un incendie au cockpit en ES10 dû à un faisceau électrique défaillant, puis un problème moteur nécessitant un bump-start aidé par les mécaniciens et son coéquipier Jon Armstrong.
Malgré une crevaison en ES14, Armstrong a affiché un rythme impressionnant, signant trois top trois et visant sa première victoire d’ES en WRC. “On est proches des Toyotas, c’est brillant de montrer cette vitesse”, a-t-il commenté.
Ces incidents rappellent la férocité de ce rallye, où la mécanique et la chance jouent un rôle clé.
Solberg et les revenants impressionnent
Oliver Solberg, reparti en Super Rally après son abandon en ES1 vendredi, a dominé la journée avec six scratches sur huit ES. Seul les deux où il a crevé l’ont privé de doublé. Ce rythme annonce une bataille serrée pour les points Super Sunday.
Elfyn Evans (Toyota), out en ES3, a préparé son retour dimanche en bouclant la journée, signant le scratch en ES16 malgré un matinée difficile.
Ces performances en repêchage soulignent la compétitivité des Rally1, même en position d’ouvreur.
WRC2 : Lancia en route pour l’histoire
En WRC2, Yohan Rossel (Lancia) mène la classe et pointe cinquième au général, avec 1 minute 03,2 secondes d’avance sur son frère cadet Léo (Citroën C3 Rally2).
Roope Korhonen complète le podium provisoire, 13 secondes devant Nikolay Gryazin (Lancia), pénalisé par un tuyau de turbo desserré.
Ce leadership Lancia pourrait marquer un premier succès depuis le retour de la marque en championnat.
Dimanche s’annonce décisif pour les points au classement général. Pour plus de détails sur les classements, consultez le site officiel WRC.[3]
Neuville aborde la dernière journée en favori, mais avec seulement quatre ES, toute erreur pourrait relancer la course. Pajari et Katsuta viseront la brèche, tandis que les points Super Sunday motiveront Solberg et Evans. Cette manche croate confirme son statut de juge de paix en WRC.
Reste à voir si Neuville convertira cet avantage en victoire, boostant ses chances au championnat pilotes. Hyundai, fort de ces préparations méticuleuses, pourrait signer un doublé avec Paddon.[4]
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.