Fabio Quartararo n’a pas mâché ses mots après les essais pré-saison à Buriram. Le pilote Yamaha Factory Racing a mis en lumière l’ampleur du retard accumulé par la nouvelle M1 équipée d’un moteur V4. Abandonnant son fidèle inline-four pour ce projet ambitieux, Yamaha peine à trouver la performance attendue, avec un écart significatif par rapport aux leaders.
Quartararo, visiblement frustré au point de montrer un doigt d’honneur à sa machine lors des tests, insiste sur un processus long. Les quatre pilotes Yamaha ont terminé à plus d’une seconde du chrono de référence à Buriram, et la nouvelle moto est même plus lente que son prédécesseur sur des simulations course. Ce constat pessimiste soulève des questions sur les ambitions pour la saison 2026.

Le virage audacieux vers le V4 Yamaha
Yamaha a pris un risque majeur en switchant vers un moteur V4 pour sa YZR-M1 en 2026. Après des années dominées par l’inline-four, les ingénieurs d’Iwata ont reconstruit la moto de A à Z durant l’hiver. Ce changement vise à aligner Yamaha sur ses rivaux comme Ducati ou Aprilia, mais les premiers tours de roue révèlent un chantier colossal.
La présentation officielle a eu lieu en janvier à Jakarta, avec Quartararo et Alex Rins aux avant-postes. La livrée blue signature a été dévoilée, marquant l’entrée dans l’ère V4. Monster Energy Yamaha MotoGP enter V4 era, un événement festif qui contrastait déjà avec les difficultés techniques à venir.
Les tests à Sepang ont vite tourné au cauchemar. Un problème de sécurité sur le V4 a forcé Yamaha à suspendre son programme, limitant drastiquement le kilométrage moteur. Bien que résolu en 24 heures, cet incident a ralenti le développement et imposé des restrictions à Buriram.
Malgré ces revers, Yamaha persiste. Les ingénieurs se concentrent sur l’électronique et les réglages, mais Quartararo tempère les espoirs : le moteur manque cruellement de puissance brute.
Résultats décevants aux essais de Buriram
À Buriram, le tableau est accablant. Jack Miller, chez Pramac, a mené les Yamaha en 16e position, devant Quartararo. Les quatre pilotes officiels et satellites accusaient un écart d’une seconde face au leader, Marco Bezzecchi qui a pulvérisé le record de piste.
Pire encore, sur les simulations course, la nouvelle M1 V4 est sept à huit dixièmes plus lente que l’an dernier. Quartararo l’explique : « Nous voyons que nous sommes encore sept, huit dixièmes plus lents que la simulation course de l’année dernière aux essais. Je pense que c’est un long processus et nous avons besoin de quelques mois de plus pour être prêts. »
Le kilométrage limité a handicapé la journée finale : « Aujourd’hui, le kilométrage des moteurs était dépassé, donc nous n’avions qu’une moto. » Malgré un focus sur les réglages, aucune direction claire n’émerge.
Ces résultats rappellent les luttes de 2025, où Yamaha végétait déjà au fond du classement. Fabio Quartararo warns Yamaha MotoGP recovery could take months, un article détaillant la frustration palpable.
Les faiblesses principales de la M1 V4
Le moteur V4 n’est pas le seul coupable. Quartararo pointe du doigt plusieurs lacunes structurelles :
- Puissance insuffisante : Le V4 manque d’attaque pure, loin des standards rivaux.
- Mauvais turning : La moto ne pivote pas efficacement en courbe.
- Grip défaillant : Point le plus faible, avec une usure prématurée des pneus.
- Spinning en ligne droite : Instabilité qui plombe les longs runs, comme chez Miller en high 32s.
« Je pense que le moteur est un gros pas [à améliorer] mais pas seulement ça, » confie Quartararo. « Le turning de la moto en ce moment et le grip sont les points les plus faibles. Bien sûr, la puissance n’est pas là, mais le plus faible pour moi, c’est que je ne suis pas capable de tourner, je ne suis pas capable de faire des chronos fluides. »
Sur simulation course, Quartararo oscille en high 1m30s à low 31s, mais les pneus s’usent trop vite. Ces problèmes s’ajoutent à des restrictions moteur persistantes.
Comparé à Ducati ou KTM, Yamaha paie son retard en concessions techniques. Les premiers mois de 2026 seront cruciaux pour corriger le tir.
Perspectives pour la saison 2026 : un combat de tous les instants
Quartararo ne se voile pas la face : « Je pense que ce sera toute l’année, pour être honnête, parce que je pense que nous ne pouvons pas trouver tout ce dont nous avons besoin super vite. » Passer les trois premiers mois en mode développement, sans chasser les résultats, sera dur pour un pilote habitué aux poles et podiums.
« Ce sera challenging parce qu’en tant que pilote, on veut se battre pour la victoire ou au moins essayer de faire la pole ou les premières lignes comme l’année dernière. Mais nous voyons que nous sommes encore très loin de ça et nous travaillerons autant que possible. »
Pour en savoir plus sur les évolutions techniques en MotoGP 2026, consultez notre synthèse des développements clés. Yamaha mise sur des mises à jour continues, mais le chemin vers la compétitivité semble semé d’embûches.
Yamaha et Quartararo entrent dans une période décisive, avec son contrat expirant fin 2026. Un rétablissement rapide pourrait relancer le projet V4 ; sinon, les rumeurs de départ s’intensifieront. La saison 2026 s’annonce comme un test de patience pour Iwata, avec des implications majeures pour le championnat. Les fans attendent des progrès, mais la route est longue.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.