Fabio Quartararo a exposé l’ampleur du retard de Yamaha avec son nouveau projet V4 en MotoGP. Le pilote français admet que le redressement pourrait prendre de quelques mois à l’ensemble de la saison 2026. Yamaha a relevé un défi colossal cet hiver en abandonnant son moteur inline-quatre historique au profit d’un V4, construisant quasiment une moto neuve.
Les essais pré-saison ont été marqués par des problèmes de performance et de fiabilité. Quartararo a même montré sa frustration en adressant un doigt d’honneur à sa moto lors d’une session à Buriram. À la fin des deux jours de tests en Thaïlande, les quatre pilotes Yamaha accuseraient plus d’une seconde de retard sur le meilleur temps.

Le passage au V4, un pari audacieux pour Yamaha
Yamaha a décidé de rompre avec des décennies de tradition en adoptant un moteur V4. Ce choix vise à aligner la marque japonaise sur les standards des concurrents comme Ducati ou Aprilia. La YZR-M1 2026 est ainsi une machine radicalement nouvelle, développée sous pression pour rattraper les années perdues.
Les premiers tours en piste ont révélé des limites. Un problème de sécurité au moteur V4 a stoppé les essais à Sepang plus tôt ce mois-ci. La cause a été identifiée en 24 heures, mais Yamaha a maintenu des restrictions de kilométrage à Buriram pour préserver les moteurs.
Quartararo a souligné la complexité du processus. « Nous voyons que nous sommes encore sept, huit dixièmes plus lents que la simulation de course de l’année dernière au test. Je pense que c’est un processus long et que nous avons besoin de quelques mois de plus pour être prêts. »
Ce virage technique arrive à un moment critique, juste avant les grands changements réglementaires de 2027. Yamaha mise sur ce V4 pour poser les bases d’un retour au premier plan. Mais les premiers retours indiquent un chemin semé d’embûches.
La frustration est palpable chez les pilotes. Quartararo n’a pas caché son agacement face à l’absence de direction claire après Buriram. L’équipe doit prioriser le développement sur les résultats immédiats.
Résultats décevants au test de Buriram
Le circuit de Buriram a mis en lumière les écarts. Marco Bezzecchi (Aprilia) a signé le meilleur temps en 1’28.668, pulvérisant le record de piste. Les Yamaha ont peiné, avec Jack Miller (Pramac Yamaha) en tête du quatuor à la 16e place en 1’29.672 (+1.004).
Voici les positions des pilotes Yamaha lors de la journée 2 :
- 16e : Jack Miller (Pramac Yamaha) – 1’29.672 (+1.004)
- 17e : Fabio Quartararo (Monster Energy Yamaha) – 1’29.701 (+1.033)
- 20e : Álex Rins (Monster Energy Yamaha) – 1’30.122 (+1.454)
- 21e : Toprak Razgatlioglu (Pramac Yamaha) – 1’30.772 (+2.104)
Quartararo s’inquiétait plus des simulations longue distance que du chrono pur. Sa M1 V4 est plus lente que l’an passé sur ce plan. Miller a tenté un long run en hauts 1’32, soulignant les difficultés d’endurance.
L’équipe a été limitée à une seule moto le dernier jour, le kilométrage des moteurs étant épuisé. « Aujourd’hui, le kilométrage des moteurs était épuisé, donc nous n’avions qu’une seule moto », expliquait Quartararo. Cela a freiné les essais de réglages.
Malgré tout, l’accent a été mis sur les setups. Mais sans percée notable, Yamaha reste loin des leaders comme Aprilia et Ducati.
Les faiblesses pointées du doigt par Quartararo
Le moteur V4 manque cruellement de puissance brute. Quartararo note cependant d’autres priorités : « Je pense que le moteur est un grand pas [où une amélioration est requise] mais pas seulement ça. Le virage de la moto en ce moment et l’adhérence sont les points les plus faibles. »
L’incapacité à tourner fluidement handicape les chronos. En simulation course, Quartararo tourne en hauts 1’30s, bas 1’30s, bas 1’31s, mais avec une usure pneus excessive. La moto patine en ligne droite, rendant les tours irréguliers.
Comparé à 2025, la dégradation est nette sur les longs runs. Sept à huit dixièmes de retard sur les simulations passées alarment le pilote. Cela impacte directement la stratégie en course.
Yamaha doit travailler sur le grip et la maniabilité en priorité. La puissance viendra, mais sans base saine, les progrès seront lents. Quartararo insiste : beaucoup d’axes à corriger pour viser le podium.
Ces lacunes rappellent les luttes passées de Yamaha. En 2025, malgré des poles, les résultats en course ont manqué. Le V4 doit inverser la tendance.
Perspectives sombres pour le début de saison 2026
Quartararo est lucide : « Je pense que ça prendra toute l’année, honnêtement, parce que je pense que nous ne pouvons pas trouver tout ce dont nous avons besoin super rapidement. » La première moitié de l’année sera dédiée à l’apprentissage de la moto.
Focaliser sur le développement plutôt que les victoires sera dur. « Ce sera challenging parce qu’en tant que pilote, tu veux te battre pour la victoire ou au moins essayer de faire des poles ou des premières lignes comme l’année dernière. » Quartararo veut du concret, pas des promesses.
Yamaha table sur des concessions réglementaires pour booster son programme. Mais avec les rivaux avancés, rattraper prendra du temps. Pour en savoir plus, l’article complet sur Motorsport.com.
La saison s’annonce comme un marathon de R&D. Quartararo, motivé, travaillera dur malgré l’écart. Un top 10 régulier serait déjà un progrès.
Les tests de Buriram confirment un hiver compliqué. Pour un aperçu des résultats détaillés, consultez les chronos sur MotoMatters.
Yamaha entre dans une ère incertaine, mais Quartararo croit au potentiel à long terme. La patience sera clé pour un retour compétitif.
La route vers le titre semble lointaine pour Yamaha en 2026. Quartararo met en garde contre l’impatience, appelant à un travail acharné. Si les progrès tardent, des décisions fortes pourraient émerger en fin de saison. Reste à voir si le V4 portera ses fruits ou prolongera les tourments bleus. Les fans attendent des surprises de leur champion 2021.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.