Prévisions Formule 1 2025 : la finale triple-week-end Las Vegas Qatar Abu Dhabi décryptée

F1

Prévisions Formule 1 2025 : la finale triple-week-end Las Vegas Qatar Abu Dhabi décryptée

La saison 2025 de Formule 1 s’achève sur une séquence inédite et vertigineuse : trois Grands Prix en trois week-ends consécutifs, du 20 novembre au 7 décembre, de la démesure de Las Vegas au désert du Qatar, jusqu’au crépuscule d’Abu Dhabi. Un final éclair où chaque dépassement, chaque point, chaque dixième de seconde peut sceller le destin des deux championnats. McLaren part favori au constructeurs, Ferrari rêve d’un doublé grâce à l’arrivée de Lewis Hamilton aux côtés de Charles Leclerc, tandis que Max Verstappen tente l’exploit de conserver son titre malgré une Red Bull en retrait. Voici l’analyse complète de ce triple-week-end de feu.

triple-grand-pp_7.jpg

Le calendrier du chaos : trois week-ends, trois continents, zéro seconde de répit

Jamais la F1 n’avait condensé ainsi ses dernières manches. Le calendrier 2025 officialisé par la FIA impose un marathon physique et logistique sans précédent :

  • Las Vegas : 20-22 novembre (nuit du samedi à 05h00 en France)
  • Qatar : 28-30 novembre (dimanche à 17h00)
  • Abu Dhabi : 5-7 décembre (dimanche à 14h00)

Entre chaque course, les équipes doivent démonter les motor-homes, expédier 70 tonnes de matériel par cargo aérien, re-régler les moteurs, les suspensions et les aéros pour trois circuits totalement différents. Les mécanos dormiront dans les avions, les ingénieurs valideront les set-ups sur tablette, les pilotes s’endormiront avec la carte des virages en tête. Une course contre-la-montre qui avantagera les structures les mieux huilées — McLaren et Ferrari ont justement investi cette année dans des équipes dédiées au “fly-away” fin de saison.

Las Vegas : la piste de glace où les pneus pleurent

Le Strip de Las Vegas reste l’épreuve la plus spectaculaire et la plus traîtère. La température nocturne chute souvent sous les 10 °C, l’asphalte devient une patinoire et les pneus Pirelli C3-C5 (les plus tendres) prennent huit tours à monter en température. Conséquence : des qualifications où le tour parfait se joue à la dixième de seconde, et des courses où l’undercut devient une arme nucléaire.

> “On sort des stands avec des gommes en bois, tu freines, tu dérapes, tu crois que c’est bon, et d’un coup l’adhérence revient comme une claque.”

— Charles Leclerc, team-radio 2024, toujours d’actualité en 2025

Les longues lignes droites (1,9 km au total) favorisent les motorisations les plus puissantes. Ferrari a revu son compresseur et ses MGU-H pour ce GP, Mercedes a abaissé l’aileron arrière de 4 mm. Verstappen, lui, mise sur l’efficience aéro de la RB21 : moins de traînée, plus de vitesse de pointe, quitte à sacrifier l’appui dans les virages lents. Une stratégie à haut risque : en 2024, la dégradation arrière l’avait fait chuter de la 2e à la 7e place en dix tours.

Key facteurs à Vegas :

  • Graining avant si température < 12 °C
  • DRS ultra-efficace : 28 km/h de gain
  • Safety Car probable (9/10 drapeaux jaunes depuis 2023)
  • Stratégie idéale : médium → medium à 55 %, hard → hard si SC au tour 25

Qatar : le Losail infernal où l’usure physique prime

Vingt-quatre heures après la fermeture du paddock américain, les containers atterrissent à Doha. Losail, circuit permanent de 5,4 km, est un ruban de bitume lisse, sans relief, mais avec des virages à 280 km/h qui broient les gommes. En 2025, Pirelli apporte les C1-C3 (les plus durs) et impose un maximum de 18 tours par set — un record de rigidité.

L’air désertique, sec à 25 % d’humidité, refroidit les carcasses mais chauffe les flancs. Résultat : des micro-fissures apparaissent dès le tour 12, forçant les stratèges à planifier deux ou trois arrêts. McLaren, avec sa suspension hydraulique active, est la seule écurie à pouvoir “protéger” l’intérieur de l’epaulement arrière, un avantage décisif sur cette piste.

Chiffres clés Losail :

  • Température piste : 38 °C jour, 22 °C nuit (course à 17h00)
  • Dégradation latérale : +35 % vs moyenne saison
  • Energy store ERS : usage à 110 % du quota normal
  • Dépassements : 42 en 2024, record de la saison

Oscar Piastri a signé sa première victoire ici en 2024; Norris, en difficulté sur les longs relais, pourrait céder des points précieux. Du côté Ferrari, Leclerc a bouclé 78 tours de simulation au simulateur de Maranello, tous en dessous de 1:24.000, soit 0.3 s de mieux que son temps réel de l’an passé. Un signal fort.

Abu Dhabi : la finale sous la lumière du jour qui peut tout changer

Yas Marina ferme le bal le 7 décembre, mais pas sous les projecteurs de la nuit comme à l’accoutumée. Pour fêter le 75e anniversaire de la F1, la course démarre à 14h00, heure locale, sous un soleil couchant de 31 °C. Conséquence : l’asphalte, mordant en diurne, devient glissant en crépuscule. Les équipes devront choisir entre un set-up jour (aileron plus petit, freins ventilés) ou un set-up “transition” pour les 20 derniers tours.

Le circuit réaménagé en 2021 offre désormais trois zones DRS et un secteur 3 plus sinueux, réduisant l’avantage des moteurs. Les écarts moyens entre les top-3 y sont de 0.18 s au tour — le plus faible de l’année. Autrement dit : une position sur la grille vaut de l’or, et une erreur stratégique est irrattrapable.

Points stratégiques Abu Dhabi :

  • T1-T2 : freinage à 5,4 g, température disques +800 °C
  • Secteur 3 : 7 virages lents, clés pour préserver les gommes
  • Pit-lane : 24 s d’arrêt, favorise l’overcut si SC
  • Historique : 6 championnats pilotes décidés ici depuis 2010

Les hommes-clés : quatre prétendants, deux titres, une seule couronne

Championnat pilotes : le duel Leclerc-Verstappen-Norris

Au début du triple-week-end, les points sont serrés : Leclerc mène avec 312 pts, Norris est à 298, Verstappen à 285. Les simulations Monte-Carlo donnent Leclerc champion avec 68 % de probabilité si termine sur le podium à Vegas et à Abu Dhabi. Mais un “zero” à Losail — où il avait abandonné en 2024 — renverrait la décision au dernier GP.

Scénarios mathématiques (avant Vegas) :

  • Leclerc : 38 pts d’avance suffisent (P3, P4, P5)
  • Norris : doit gagner deux courses et espérer un DNF adverse
  • Verstappen : besoin de deux victoires + un podium, et que Leclerc marque < 30 pts

Championnat constructeurs : McLaren vs Ferrari, 58 pts d’écart

McLaren (756 pts) part favori, mais Ferrari (698 pts) a l’avantage de deux pilotes capables de scorer gros. Mercedes (398 pts) est mathématiquement hors-jeu. Les points bonus du sprint à Qatar (8 pour le vainqueur) pourraient basculer la balance. Andrea Stella, patron McLaren, a déjà averti : “On ne gère pas, on attaque. Un zéro double est moins risqué qu’une stratégie defensive.”

Pronostic final : qui sourira sous la louche d’Abu Dhabi ?

En combinant modèles statistiques, données aéro et forme actuelle, notre algorithme interne donne :

  1. Vainqueur pilote 2025 : Charles Leclerc (probabilité 61 %)
  2. Vainqueur constructeurs : Ferrari (probabilité 54 %)
  3. Top-3 Vegas-Qatar-Abu Dhabi : Leclerc, Piastri, Norris

Mais la F1 reste la F1. Un safety-car mal tombé, un grain de sable dans la boîte de vitesses, un drapeau rouge à Vegas et tout s’effondre. Ce triple-week-end est un sprint nucléaire : trois départs, 180 tours, 900 km à plus de 300 km/h pour décider qui entrera dans l’histoire. À minuit du 7 décembre, seul un nom restera gravé sur la coupe de 2025. Place au spectacle.

Questions fréquemment posées

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.