La part de 24 % détenue par Otro Capital dans l’équipe Alpine de Formule 1 suscite un vif intérêt dans le paddock. D’abord lié à Christian Horner, ancien boss de Red Bull, cet actif attire désormais Toto Wolff, le patron de Mercedes, comme l’a révélé The Telegraph à l’approche du Grand Prix d’Australie.[1][2] Flavio Briatore, conseiller exécutif d’Alpine, n’avait pas caché l’intérêt de Horner lors du lancement de l’équipe en janvier, confirmant publiquement des discussions.
Alpine refuse de commenter les noms précis, mais un porte-parole a réaffirmé que plusieurs parties sont en lice. « L’équipe est régulièrement approchée par de multiples investisseurs potentiels », a-t-on indiqué, en soulignant que le focus reste sur la saison en cours et la performance piste. Mercedes, de son côté, n’a pas démenti, évoquant une veille stratégique sur les opportunités.[3]

L’attractivité stratégique de la part Otro Capital
Cette participation minoritaire captive pour plusieurs raisons. Alpine, client Mercedes High Performance Powertrains jusqu’en 2030, utilise désormais moteurs et boîtes de vitesse fournis par Brixworth, après l’abandon du projet Viry par Renault. Cela crée une synergie technique évidente.
Le contexte commercial de la F1 renforce l’attrait. Avec les nouvelles réglementations 2026 encore incertaines, investir dans une équipe établie comme Alpine offre un levier sur les revenus croissants du sport. Otro Capital valorise potentiellement cette part entre 350 et 450 millions d’euros, selon les estimations récentes.[4]
Zak Brown de McLaren avait déjà alerté sur les structures de propriété croisées, citant Red Bull et sa sœur Racing Bulls. Une acquisition chez Alpine, même partielle, pourrait amplifier les synergies fournisseur-client, sous surveillance des rivaux.
Malgré cela, Renault Group conserve 76 % des actions, gardant un contrôle ferme. Cela rassure sur la stabilité, tout en ouvrant des perspectives pour les investisseurs externes.
Les enjeux sportifs pèsent lourd. Alpine, avec Pierre Gasly et Franco Colapinto, vise un redressement après 2025. Un partenaire comme Mercedes ou un retour de Horner pourrait accélérer cela.
Les ambitions de retour de Christian Horner
Christian Horner, évincé de Red Bull après des succès historiques, voit en Alpine une porte de réentrée. Il a maintes fois indiqué ne revenir qu’en rôle senior, avec acquisition d’actions à la clé. Otro Capital offre cette opportunité sans viser un contrôle total.[5]
Briatore avait publiquement validé cet intérêt en janvier. « Il y a plusieurs parties intéressées, dont un consortium lié à Horner », avait-il glissé, sans autres noms alors.
Pour Horner, c’est un tremplin post-Red Bull. À 52 ans, il apporte expertise en management et commercial, pile pour les défis 2026. Un rôle exécutif chez Alpine collerait à son profil.
Les négociations avancent discrètement. Bien que non exclusif, son consortium reste favori jusqu’à l’émergence de Wolff.
Cette piste ravive les spéculations sur son avenir, écarté d’Aston Martin mais surveillé par plusieurs.
La perspective stratégique de Toto Wolff et Mercedes
Toto Wolff entre en lice pour des motifs plus larges que la rivalité personnelle. Mercedes, fournisseur d’Alpine jusqu’en 2030, veut influencer son partenaire client. Qui détient ces parts impacte directement les décisions futures.[6]
Un porte-parole Mercedes a confirmé : « Nous sommes un partenaire stratégique clé d’Alpine et suivons les développements. » Cela dépasse Brackley, touchant la direction globale du groupe.[7]
- Synergies techniques : Accès privilégié aux données Alpine pour optimiser les PU 2026-2030.
- Influence commerciale : Part dans les revenus F1, valorisés à des milliards.
- Contre-pouvoir : Éviter un Horner influent chez un client.
Wolff, actionnaire Mercedes, diversifie sans diluer son engagement principal. Des rumeurs évoquent même une vente partielle de ses parts Mercedes pour financer cela.
Cette offensive surprend, mais s’inscrit dans la bataille pour dominer l’ère 2026.
Implications pour Alpine et la F1
Alpine bénéficie de cette attention. Les fonds Otro pourraient booster le développement, crucial face à McLaren champion 2025. Mais le processus traîne, priorisant la piste.
Les rivaux scrutent. Une propriété croisée Mercedes-Alpine irait contre les craintes de Brown, potentiellement menant à des débats FIA.
Renault garde le contrôle, limitant les risques. Pourtant, Briatore pousse pour des alliances gain-gain.
- Pour 2026 : Meilleurs ressources pour active aero et nouveaux PU.
- À long terme : Stabilité jusqu’en 2030.
- Risques : Tensions internes si rivalité Horner-Wolff s’invite.
Cette saga illustre l’appétit pour la F1, valorisée record en 2025. Pour plus sur les leçons d’Alpine avec les PU Mercedes, voir cet article détaillé.[1]
Vers un dénouement incertain
Le processus se poursuit sans calendrier fixe. Alpine mise sur sa performance à Melbourne pour peser. Horner ou Wolff, l’acquéreur influencera l’échiquier F1.
Reste à voir si la rivalité personnelle primerait sur les intérêts stratégiques. Pour Alpine, c’est une chance de rebondir vers le podium. La saison 2026 s’annonce électrique, sur et hors piste.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.